SCENE m
JULIE, LE MARQUIS, entrant par laportede la boutique.
LE MARQUIS
Qui que vous soyez... sauvez-moi... donnez -moi asile... les entendez-vous?., ils me poursuivent. [Il jette son chapeau. )
JULIE
Dieu! qu'entends-je... quelle voix!., le marquis !
LE MARQUIS
Julie!., ô justice céleste!.. Eh bien! tant mieux, je n'irai pas plus loin... que mon sort s'accomplisse... livrez-moi... [Il s'assied sur une chaise auprès de la table d droite. )
JULIE
Vous livrer!., y pensez-vous... Où sont-ils?
LE MARQUIS
Dans le faubourg.
JULIE
Notre maison fait le coin... et au moment où vous avez tourné , ils ont dû vous perdre de vue.
LE MARQUIS
Oui, pour un instant... mais ils vont visiter toutes les maisons de cette rue.
JULIE
Peut-être... venez... là, dans ce cabinet, [montrant le cabinet à gauche. Le marquis entre dans le cabinet, mais reste un instant sur la porte.) Ciel! j'entends les tambours,., ils approchent!
[Morceau de musique avec tambours, dans te lointain, et crescendo. ) le marquis, à la porte du cabinet.
O supplice plus cruel que la mort!.. Je n'ai pas une goutte de sang dans les veines... Viennent-ils?
JULIE
Hélas! oui.
le marquis.
Et pas d'armes pour me défendre !
JULIE
Cette chambre donne sur la place de l'Égalité. ..slis
entrent, fuyez par là. (le marquis referme ta porte.) Sa mort du moins sera différée... et peut-être même, si le Ciel le protège... Mais comment lui donner le temps de s'évader... (s* asseyant et prenant son ouvrage.) O mon Dieu! inspirez-moi... que n'ai-je le sang- froid de Gérard!., mon émotion... mon trouble vont me trahir... (Ici finit le morceau de musique avec crescendo de tambours. ) le marquis , ouvrant la porte.
La porte de la rue est fermée.
JULIE
Ah! c'est vrai... mon mari a la clef... (pâle et tremblante. ) Recommandez-vous à Dieu... et moiaussi... (l'air du muletier. ) Ils approchent... j'entends les soldats... les voici. ( A travers le vitrage du fond, et au-dessus des rideaux, on aperçoit les chapeaux des soldats ; on entend sur le pavé le bruit de leurs fusils, qui retentissent. Un commandant de patrouille suivi de quelques hommes entre dans la boutique. ) l'officier.
Commençons par cette maison-ci. ( Un des soldats s'approche de Julie , qui se met devant la porte du cabinet; un autre va du côté du caveau à droite. )
gérard, entrant.
Que faites-vous donc? ce n'est pas la peine. .. c'est ma maison, et j'en réponds. Cependant, si vous le voulez, voilà la citoyenne qui vous fera les honneurs.