‹ Avant, pendant et aprèsChapitre 24 sur 45 · LE MARQUIS ET JULIE · texte numérisé non relu

LE MARQUIS ET JULIE

Que dit-il?

gérard allant à la porte du caveau, et appelant. Venez, général... ne craignez rien.

julie, tombant dans un fauteuil.

Ah ! c'est lui.

le général, qui est sorti du caveau, regarde autour de lui, et aperçoit le marquis ... ils se jettent dans les bras l'un de l'autre.

Mon frère ! (se retournant vers Gérard et Julie.) Mes amis, mes bienfaiteurs... comment m'acquitter jamais? Je vous dois la vie , et le plus grand bonheur que j'aie goûté depuis long-temps... je retrouve mon frère.

JULIE

Quoil c'est vous qui depuis hier soir ..

GÉRARD

Oui... voilà mon secret... je ne voulais pas te faire partager les dangers auxquels il m'exposait... et puis, te le dirai-je... en vous sachant sons le même toit, j'éprouvais là...

julie , lui mettant la main sur la bouche. Tais-toi... tais-toi; demande au général lui-même s'il est quelqu'un au monde qui plus que toi mérite mon amour.

LE GÉNÉRAL

Oui , tu en étais digne... ( lui tendant la main, ainsi que le marquis. ) Viens, notre ami... viens, notre frère. le marquis, lui tendant les bras1.

Oui , notre frère.

cérard, essuyant ses yeux.

Allons... allons, voilà qui est bien... mais le temps presse, les mêmes dangers vous menacent... est-il vrai , avant tout, que l'hôtel de Surgy contient une partie de vos richesses ?

LE MARQUIS

Un peu d'or et quelques diamans, dans la chambre de ma mère... derrière le second panneau à droite.

GÉRARD

J'y cours, avant le citoyen Sénèque... ensuite, etcomme maintenant votre séjour à Paris est connu de quelques misérables... il faut en repartir sur-le-champ... avez- vous un passeport?

LE GÉNÉRAL

Celui que tu m'as donné , et qui est loin d'être en règle.

LE MARQUIS

Et moi , celui de mon domestique...

(i) Le chevalier , Gérard, le marquis , Julie.

GÉRARD

C'est bien... mais cela ne suffît pas... il faut encore, pour sortir de Paris , la permission d'un municipal... {prenant les deux papiers.) Je m'en charge... je vais au district, à la municipalité, (il revient et se place auprès de Julie, à qui il dit.) Pourvu qu'il soit encore temps... car, si cette nuit, ils n'ont pas quitté Paris... demain je ne réponds pas d'eux.

Que dis-tu ?

GERARD

Rien. (dJulie.) Allons, femme, voilà près de huit heures et demie... on peut fermer la boutique, sans être suspect... allume la lampe, la chandelle.., et puisque nous sommes assez heureux pour les recevoir... fais-leur les honneurs de la maison. Adieu, patientez jusqu'à mon retour. {Gérard sort... on entend à haute voix, en dehors.) Qui vive... qui va là?

GERARD

N'aie pas peur, patrouille... c'est moi... je peux bien sortir de ma maison.

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