SCENE V
LES PRÉcÉDENS, JULIE1.
LE GÉNÉRAL
Arrivez, chère amie... c'est aujourd'hui le jour des reconnaissances... et voici le vicomte de la Morlière qui désire vous présenter ses hommages et ses compîimens.
LE VICOMTE
0 ciel! en croirai-je mes yeux!
LE GÉNÉRAL
Quoi! vous la reconnaissez encore... Eh bien! mon ami, en fait de compliment, vous ne pouviez pas lui en adresser un plus flatteur.
C'est la petite Julie... c'est la femme de Gérard!
LE GÉNÉRAL
C'est la mienne à présent... Gérard qui fut notre sauveur notre protecteur, notre ami, est mort à Austerlitz comme un brave qu'il était.
LE VICOMTE
Aus... terlitz!...
LE GÉNÉRAL
Oui, encore une que vous ne connaissez pas... et j'ai pu enfin acquitter la dette de l'amour et de l'honneur...
air : Le choix que fait tout le village.
Ma destinée à la sienne est unie ,
Après tant de maux, de tourmens;
Autrefois, je lui dus la vie...
Et le bonheur depuis vingt-ans.
JULIE
Oui, pour nos cœurs, où la paix est rentrée, Sur nos vieux jours le bonheur luit enfin ,
(1) Julie, le général, le vicomte, Alfred.
Profitons-en... une belle soirée Fait oublier l'orage du matin.
le général , au vicomte qui est dans la dernière agitation , et qui veut sortir.
Eh ! mais vicomte, qu'avez-vous donc?
LE VICOMTE
Je ne puis rester dans celte maison, je m'en vais.