LE CHEVALIER, LA DUCHESSE
LA DUCHESSE , à SOtl fils.
Je vous écoute.
LE CHEVALIER
Victime d'un ordre de choses qui rue prive de tous les avantages accordés à mon frère, je me suis depuis longtemps résigné à la distance que le sort a mise entre nous.. . Je pardonne au marquis sa fortune, ses litres, et je ne sollicite de vos bontés, que la permissiou de vivre obscur, et peut-être heureux.
LA DUCHESSE
Esl-ce là cette soumission dont vous me parliez ?
LE CHEVALIER
Mon cœur renferme un secret dont je vous dois l'aveu... la compagne, l'amie de ma sœur, cette jeune et intéressante orpheline que vous avez recueillie dans votre hôtel, et donl vous faisiez si souvent l'éloge... la duchesse , souriant.
Julie!...
LE CHEVALIER
Je n'ai pu la voir sans l'aimer ; tant de vertus, de grâces, de talens m'ont inspiré l'amour le plus sincère... Daignez m'accorder la main de Julie... Si vos regards sont blessés par cet hymen... dès que je serai son époux, nous partirons... nous quitterons la France. la duchesse, froidement.
Celte union est impossible.
le chevalier.
Julie connaît et partage mon amour... le Ciel a reçu nos sermens.
la duchesse.
Je vous le répèle, chevalier, cette union est maintenant impossible, et vousen connaîtrezbientôt vous-même les raisons... Mon fils, on ne met point en défaut la vigilance maternelle... cette folle passion que vous avez cru me cacher, j'en ai suivi tous les progrès, j'en ai calculé les dangers, j'en ai prévenu les suites et ma prudence a élevé entre vous et Julie une barrière insurmontable.
LE CHEVALIER
Que dites- vous, ma mère ?
LA DUCHESSE
Vous me remercierez un jour du parti que j'ai pris... Croyez-moi, mon fils, n'irritez point le duc par une résistance inutile, et soumettez-vous auxordresde votre père.
( La duchesse sort, )