DE LA CONTUSION
Elle est l'effet d'un coup plus ou moins fort appliqué sur une partie quelconque du corps. La peau malade devient d'un noir violet, parfois elle se gonfle. Cette couleur noire lui a fait donner le nom d'ecchymose.
Traitement.
Si la contusion est à un bras ou à une jambe, il faut plonger de suite le membre dans l'eau froide salée pendant quatre à cinq heures : on aura soin de la renouveler souvent pour qu'elle ne s'échauffe point. Après que le membre aura été retiré de l'eau, il faudra, toutes les deux heures, appliquer sur la contusion des compresses d'eau salée froide, et continuer ce moyen jusqu'à ce que l'ecchymose soit dissipée.
Si l'inflammation, au bout de vingt-quatre heu-
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res de traitement, se déclare, il faut abandonner l'eau salée et la remplacer, soit par des bains et fomentations, par l'eau de mauve (n° 14) ou quel* qu'autre décoction émoliiente, et appliquer des sangsues sur la partie douloureuse, et à plusieurs reprises, s'il est nécessaire.
Les contusions aux fesses et aux cuisses ne pouvant point tremper dang l'efiu froide, il faut appliquer sur le gonflement des compresses d'eau salée ou mieux encore de la çlace, et se conformer pour le reste du traitement à ce qui a été dit plus haut.
Lorsque la tête a reçu une forte contusion, etqu'il y a eu des éblouissements de suite après le coup, s'il était impossible de pratiquer une saignée du pied si utile en pareil cas, il faudrait appliquer cinquante à soixante sangsues aux pieds, et laisser couler le sqqg jusqu'à ce que le malade fût très faible. A défaut de sangsues, on aurait recours aux ventouses scarifiées cfôs çvi§ses et des jambes, et aux bains de pieds très chauds. Il serait aussi utile, dans tous les cas, (l'entretenir la liberté du ventre au rnoyen de lavements (d'eau salée et du purgatif (n° 12). On prescrirait aussi la diète, .et pour 'seule boisson, une des tisanes (aos 1, 2,6, 7, 9 et 10).
Les contusions de la poitriqe et du ventre réclament les fortes saignées du bras et ensuite les sangsues en grand nombre sur le point douloureux, et mieux encore les ventouses scarifiées; puis la diète, les boissons (n0> 1, 2, 6, 7, 9 et 10), et un repos absolu.
La contusion dés testicules est une maladie fréquente chez les cavaliers ; elle est presque toujours le résultat d'une pression vive que les testicules reçoivent pendant les manœuvres à cheval.
Les testicules contus sont gonflés et douloureux. Cette douleur augmente par le toucher et le mou-
vement. La peau qui les enveloppe devient noire, si le coup a été violent.
Traitement.
Appliquer trente sangsues siiï le testicule jnalàde et laisser bien couler le sang. Ensuite faire usage des cataplasmes émollients (rt° 16) jusqu'à cë que le testicule soit revenu à son état ordinaire. Porter un suspensoir pour maintenir le cataplasme, garder le repos continuellement, et manger peu. S'il y âvàit de la fièvre., on prescrirait la diète ej les boissons rafraîchissantes (n° 1, % 6, 7,9 et 19).
Nota. S'il était possible, au moment de la coritusion, de se procurer des sangsues, il faudraii en appliquer quarante ôii cinquante sur la partie confuse* Ce moyen est bien préférable à l'eau froide * ou à la g.a^e. Après la chute desïsangsues, et lorscjûè le &^dg â longtemps coulé, il faut y appliquer des cataplasmes émollients d'après les règles établies dans la troisième partie.
j DE L'ENTORSE.
L'entorse consiste dans une forte distension éprouvée par une articulation, dont les os ont été violemment poussés en sens contraire.
Cette maladie est assez fréquente à l'articulation du pied avec là jambe, et à celle de là main avec Tavanl-bras.
Traitement.
Plonger, de suite après l'accident, le membre malade dans de l'eau très froide, pendant au moins quatre heures. Avoir soin de renouveler l'eau avant qu'elle ne commence à s'échauffer.
La partie, retirée du bain, sera continuellement enveloppée avec une compresse et une bande
qu'on humectera souvent avec de Peau salée ou vinaigrée froide.
L'articulation affectée ne doit faire aucun mouvement.
L'entorse est-elle au pied; il faut que le malade reste continuellement couché. Occupe-t-elle le bras ou le poignet ; Pavant-bras doit être continuellement tenu en écharpe.
Si après avoir employé ces moyens comme il vient d'être dit, pendant une semaine, la gêne et la douleur persistent, il convient d'appliquer tous les deux jours quatre à cinq sangsues sur la douleur, et de faire baigner, matin et soir, le membre ma* lade dans de l'eau de mauve tiède ou autre décoc* lion émolliente (n° 11): les cataplasmes émollients doivent aussi être appliqués sur l'articulation ma- . lade ; ils seront assez grands pour bien l'envelopper.
Ce traitement doit être continué jusqu'à ce que le membre soit dans son état naturel.
Nota. Si, au moment où l'entorse a eu lieu, on peut avoir des sangsues, il faut en appliquer trente ou quarante sur la douleur, et bien laisser couler le sang. Dans ce cas, il est inutile de faire tremper le membre dans l'eau froide, ni d'y appliquer des compresses trempées dans de l'eau salée ou vinaigrée. Il faut, au contraire, de suite après la chute des sangsues, employer des cataplasmes émollients ou des fomentations de même nature.