DE L'ÉTUDE DU TERRAIN
blif sur une trop grande échelle, afin de pouvoir contenir un terrain plus vaste dans une même feuille.
2* De tracer finement, pour ne pas confondre ensemble des lignes qui marcheraient parallèlement et indiqueraient des choses distinctes.
3° De porter une attention particulière sur récriture et l'orthographe des noms.
4° Quand l'occasion s'en présente, de passera la plume ce qu'on a crayonné, pour être plus certain de le conserver sans qu'il s'efface.
5° De bien établir les dislances en inscrivant avec soin, à côté de ses suppositions ou du dire des habitants, le temps qu'on a mis à les parcourir; ainsi d'un point intéressant ou un autre, on mettra par exemple : une lieue (une heure au pas), deux lieues (deux heures au trot).
En comparant le modèle du plan que je vous trace aux dessins topographiques que vous avez vus, vous trouverez sans doute celui-ci bien grossièrement dessiné. C'est ce que je veux : eu simplifiant l'exemple, je facilite la copie. Mon but n'est pas de faire de vous des dessinateurs, mais bien de mettre en peu de jours au bout de vos doigts les chiffres utiles d'une langue nouvelle pour la plupart d'entre vous, chiffres qui ne vous rebuteront pas par la difficulté de les reproduire, et dont vous pourrez vous servir immédiatement.
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Des Indices.
D. Combien avez-vous de moyens de connaître lès mouvements de l'ennemi ? R. Quatre.
1° Les rapports des prisonniers, déserteurs et voyageurs.
2° Les rapports des espions.
3° Les reconnaissances.
à0 Les indices.
D. Qui vous fait découvrir les indices ?
R. La connaissance des usagefc généraux de la guerre, et des habitudes particulières de l'ennemi. Elle ne s'acquiert que par une grande constance d'observation.
Il y a des indices généraux et des indices particuliers.
fer D. DJsigneg^nôus tes indices généraux.
R. Si Ton apprend qu'où a distribué des souliers dans les cantonnements, que les troupes nettoient leurs armes, que l'on rassemble des bestiaux, ce sont là des signes infaillibles de marches ou mouvements quelconques. (L. R. À.)
Si l'on apprend que des munitions nombreuses sont arrivées , que quelques uniformes nouveaux ont paru dans les bivouacs , c'est une preuve que des troupes nouvelles vont se joindre aux anciennes pour exécuter avec elles une attaque prochaine, car il est probable que ces uniformes sont ceux d'un état-major général ou d'un iogemeut.
Si l'on apprend que des vivres sont réunis sur un point, c'est une raison de supposer que des troupes vont s'y transporter.
Si des bateaux sont amenés de loin et réunis en grand nombre sur une rive, c'est un indice de ten^talive de passage; s'ils sont brûlés, c'est l'indice d'une franche retraite.
Si des poutres sont réunies sur le bord d'une p$» tite rivière qui ne porte pas bateau, c'est l'indice d'une leutative de passage.
Si des ponts importants sont coupés, c'est l'iiir dke d'une longue retraite.
Si, à quelques lieues au-dessus d'un pont que vous venez Oe jeter, de gros bateaux sont pesamment chargés de pierres, c'est un indice de destruciion de votre ouvrage ; vous ne pourrez parer ce danger qu'en allant au devant des bateaux pour les amarrer, les échouer ou les couler.
Si dr s perches goudronnées et revêtues de paille sont espacées sur la ligne ennemie, c'est un in* dice de signal pour un mouvement général.
Si des échelles sont réunies dans un bivouac, c'est un indice d'attaque de vive force contre une muraille fortifiée.
Si l'ennemi, sur un champ de bataille, masque ses mouvements, et ploie en colonne de nombreux et profonds escadrons, c'est l'indice d'une aftta? que puissante.
. S'il se déploie, c'est l'indice d'une prise de position.
Si en se déployant, et en première ligne, U groupe sur un point des colonnes nombreuses, c'est l'indice de la pensée qui régira tous les mouvements suivants, car il considère sans doute ce point comme stratégique.
S'il lait faire un mouvement rétrograde à son artillerie, c'est l'indice d'une retraite.
S'il porte ses hôpitaux et ses petits dépôts plus en ariière, c'est l'indice d'une retraite ou d un changement de front.
Si les feux des bivouacs de l'ennemi paraissent
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beaucoup plus nombreux , mais plus petits, et placés avec affectation d'une manière plus ostensible , si ces feux sont allumés successivement, et si promptement après avoir étéallumés ils s'éteignent, c'est un indice de faiblesse et de retraite.
Si la cavalerie ennemie, en retraite, sans être poussée vigoureusement, retire précipitamment sa ligne de tirailleurs, c'est un indice ou de crainte motivée par la présence d'un défilé, et la supposition d'une attaque, ou un indice d'embuscade dans laquelle on veut nous attirer.
L'ennemi attaque-t-il au point du jour, c'est un indice que son mouvement sera général , parce qu'il lui faut la journée , soit pour compléter ses avantages, soit pour exécuter sa retraite.
N'attaque-t-il que le soir, c'est un indice que, dans ce mouvement, il n'a pour but que de reconnaître, ou de couvrir une retraite , on juge d'autant plus sûrement de la réalité de ce second projet, si la cavalerie seule exécute ce mouvement.
Si cette reconnaissance est poussée très vivement , et que l'ennemi reste la nuit en avant de ses débouchés , c'est un indice d'attaque sérieuse pour le lendemain.
Si au contraire il se replie après, et rentre dans ses positions, c'est un indice, ou de retraite, (comme je l'ai dit plus haut) , ou de volonté d'attirer l'attention sur ce point, pour rendre moins vigilant sur d'autres.
Les traces des pas sont non-seulement un indice de la direction d'une colonne, mais encore de sa force, et souvent même de la pensée qui présidait à sa marche. Si la terre est également battue, la colonne ne se composait que d'infanterie ; si elle est empreinte de traces de chevaux , la colonne était composée aussi de cavalerie ; s'il y a de profondes et larges traces de roues, elle traînait avec elle de l'artillerie.
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Chacune de ces armes était d'autant plus nombreuse , que les traces qu'elle a laissées le sont davantage et mieux imptimées. Si les traces sont fraîches, il n'y a pas longtemps que la colonne est passée ; si la trace est mince, la troupe marchait en toute sécurité , car cette troupe était en colonne de route. Si la trace est large, elle craignait une attaque, car elle marchait en colonne par peloton, par escadron, et prête à se déployer.
Si les blés, les terres sont foulés sur les côtés de la route, et que ces terres, ces blés portent de larges et nombreuses traces de passage , la cavalerie marchait sur les flancs de la colonne , par escadrons, et en échelons.
Derrière un pont, un ravin, près d'un village, les traces des pas indiquent si l'ennemi s'est formé , s'il s'est gardé ; celles des feux servent à contrôler la force indiquée par celle des pas, ces feux indiquent non-seulement le temps qui s'est écoulé depuis que le bivouac a été quitté, mais encore celui que l'ennemi est resté dans ce bivouac, par la quantité de cendres , le soin qu'on a eu le temps d'apporter à la confection des baraques, les débris de paille , de vases, d'entrailles d'animaux abattus, etc.
Les pièces d'habillement, de harnachement, d'équipement, d'armement, abandonnées, les cartouches jetées, les chevaux morts , les linges ensanglantés, les tombes recouvertes, le soin qui a présidé à les creuser, sont des indications précieuses pour parvenir à la connaissance des régiments qui composaient les colonnes, de la fatigue, du découragement de cette colonne, du nombre de blessés qu'elle emmenait avec elle, de la gravité des blessures, de la distinction des officiers qu'elle a perdus.
La poussière soulevée par la marche d'une colonne, donne non-seulement des indices sur la
direction de sa marche, mais encore sur sa force, sur son ordre et sur Pespèce d'armes dont elle se compose, le plus ou moins d'épaisseur, de hauteur, de pesanteur de celle poussière indique de l'infanterie ou de la cavalerie.
Si le reflet des armes est très brillant, il est probable que l'ennemi vous fait face , s'il en est autrement, il est probable qu'il vous tourne le dos.
Si la troupe ennemie est fort éloignée, et que vous vouliez juger de la direction qu'elle suit, vous prenez deux points fixes en avant d'elle et sur l'un de ses flancs, et par la gradation successive des distances qui la séparent de ces points, vous jugez facilement de la direction , même de la vitesse de sa marche.
L'inquiétude ou l'insolence des habitants d'un pays insurgé, sont des indices certains de rapproche de l'ennemi , et de la confiance du pays en ses succès.
D. Cilez-moi des indices parlicuUers? .
R. Aujourd'hui que quinze ans de paix ont abattu les frontières, que les rapports des peuples entre eux sont faciles, fréquents, et que les sciences dans leurs moindres développements, sont communes à tous, les indices particuliers en guerre sont moins nombreux, parce qu'ils tiennent, d'une part, à une nationalité qui a perdu de ses caractères distinctife, et, de 1 autre, à une science qui n'a plus de secrets pour personne.
Cependant il existe encore quelques différences que je vais tâcher de spécialiser, en indiquant le degré de confiance qu'on doit avoir, ou ne pas avoir dans certains indices.
Les Russes, confiauts dans leur nombreuse et excellente cavalerie irrégulière, se gardent mal derrière la ligne qu'elle forme en avant de leur armée; ainsi, si vous pouvez tourner leurs Cosaques et vous dérober à leurs yeux de lynx (ce qui
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n'est pas facile) , il est plus que probable que vous réussirez dans les surprises que vous tenterez sur leurs régiments de ligne. La vigilance des Cosaques n'est donc pas un indice de la vigilance des autres corps de l'armée russe.
Le grand nombre de tirailleurs que jettent les Cosaques en avant, n'est pas un indice certain de la force des troupes qu'ils couvrent.
Les Cosaques, vrais cavaliers légers, fidèles au but rationnel de leur institution , Taisant toujours la guerre en tirailleurs, ne gardent que de faibles réserves, tandis que les autres troupes européennes peuvent être, pour ainsi dire, comptées par le nombre de leurs tirailleurs, un escadron en tirailleurs indiquant, en général dans les armées régulières européennes, une force de cinq ou six escadrons, au moins derrière lui.
L'habitude de la guerre fait reconnaître facilement, à des distances fort grandes, à quelles nations appartiennent les troupes qui vous sont opposées ; le plus ou moins de rectitude des lignes, la tournure des colonnes, offrent des indices certains aux yeux exercés, même aujourd'hui que les armées du nord ont à peu près toutes adopté la capote grise et le shako peu élevé.
Si les tr oupes ne portent pas leurs çapotes , il est bien plus ' facile encore de les distinguer. Les couleurs adoptées à de fort petites exceptions près par les nations continentales sont celles-ci :
Russie, le vert.
Angleterre, le rouge.
Autriche, le blanc.
Prusse, le gros bleu.
Espagne, le gros bleu*
Bavière, le bleu de çiel.
Vurtemberg,, le gros bteu.
Petits Etats allemands, le gros bleu.
Ajoutez à cela la teinte des bufïleteries, la couleur des pantalons, la hauteur des shakos, la tournure des masses, et vous aurez des indices certains.
Les Cosaques sont la meilleure cavalerie légère d'Europe, celle qui remplit le plus complètement le but de sa destination (qui devrait être celle de toute cavalerie légère). Gela tient à leur instinct de loup et de renard, à leur habitude de la guerre, à l'endurcissement de leur corps, et à la solidité de leurs chevaux.
Après les Cosaques viennent les Polonais, certains régiments prussiens, certains régiments hongrois, les Français, les Belges, les Bavarois, les Vurtembergeois , les Saxons, les Allemands du Rhin, les Anglais, les Piémonlais, les Espagnols et les Hollandais. Notre place, comme habiles , n'est pas aussi bonne que comme braves; cela tient à une foule de conditions qu'il est bien facile de reconnaître, et qu'il serait encore plus de corriger; mais la bravoure est d'un grand poids dans la balance de la guerre, et c'est elle qui ne s'est chargée que trop souvent de rétablir l'équilibre, et de pousser nos succès.
Les peuples qui ont une bonne et nombreuse cavalerie, fatiguent constamment Tannée ennemie,
?[u'ils finissent quelquefois par démoraliser, et sur es champs de bataille aventurent leur artillerie; il faut donc modifier sa tactique sur la leur, et ne pas avoir qu'un poids et une mesure classiques, une règle générale de guerre oui nous retienne routinièrement dans une ornière désavantageuse. Pour cela , il faut savoir reconnaître à qui Ton a affaire.
Si les Cosaques attaquent de nuit, c'est pour vous empêcher de dormir, vous éreinter d'insomnie, plus que pour vous entamer; il suffit presque toujours de faire bonne contenance.
Si la cavalerie prussienne attaque de nuit, cela
est plus sérieux j il faut non-seulement èlre prêt, mais manœuvrer.
Si la cavalerie autrichienne attaque de nuit, il est présumable que son infanterie raccompagne.
Si, dans le jour, les Cosaques se déploient nombreux sur une de vos ailes, mais sans canon, il est probable qu'ils ne sont pas soutenus; s'ils ont du ;anon il est plus que probable qu'ils sont vigoueusement appuyés, et ils ne seront pas longtemps i vous le prouver par la rapidité de leur attaque, >n débordant vos ailes, et menaçant votre retraite.
Si la cavalerie prussienne vous montre du canon, |ue ce canon soit d'un petit calibre , en jouant ierré la partie, vous pourrez le lui enlever.
Le calibre du canon qui tire s»t vous est un inlice certain de la force, et de l'espèce de troupes |ui le traînent avec elles.
Les lois de la inorale et de la discipline militaires liffèrent chez chaque peuple, surtout en ce qui ouche les rapports du soldat avec l'habitant du >ays ennemi sur lequel il se trouve. Ce qui serait , )our des Français, quitter le camp sans ordre et >iller, n'est chez les peuples du Nord que chercher i vivre et fourrager j il ne faut donc pas croire aue >arce que des Cosaques , des Prussiens ou des iongrois, ont paru dans tel village, ils y sont velus reconnaître. Non, ils y sont peut-être venus >our piller ; soyez donc sur vos gardes, mais ne liez pas d'absolues conséquences de cette apparition.
Si de fréquentes patrouilles russes et prussiennes tiennent la même route pendant quelques ours , et que surtout leurs armées soient en position depuis quelque temps, c'est un indice de mouvements vers les lieux reconnus.
Si la cavalerie anglaise savait la guerre, elle serait peut-être un jour de bataille la plus terrible
l'Europe, sou luxe bien entendu en chevaux, en
équipements est en harmonie avec le courage et la beauté de ses soldats; quand elle se présente, vous êtes sûr que son mouvement est combiné , que son attaque sera puissante, et sa retraite régulière. Elle se sépare rarement de son infanterie qui assure son repos dans ses bivouacs. Elle connaît mieux la position, et juge mieux des dispositions de l'ennemi par des espions qu'elle paie largement, que par ses reconnaissances.
Si vous apprenez qu'elle est séparée de son infanterie, n'hésitez pas à la surprendre de nuit. Lorsqu'elle vous charge, faites rapidement un simple changement de front, et prenez-la en flanc. Vous exécuterez toujours avec succès cette manœuvre sur toutes cavaleries qui, comme elle, ont un choc vigoureux et abandonné, dont les chevaux sont peu maniables, et dont les hommes plus braves qu'instruits, entament les charges de trop loin.
Si les Cosaques se divisent d'autant pins dans leurs retraites, que vos attaques sont plus longues, ne croyez pas pour cela qu'ils ont perdu confiance et courage, c'est leur manière de se retirer, manière fort dangereuse pour l'ennemi qui les poursuit, et qui souvent se repenl de son audace.
Si, au contraire, les autres troupes européennes ne se rallient pas promptement dans leurs retraites, c'est une preuve de démoralisation, il faut les pousser alors vigoureusement.
D. L'infanterie du Nord chargée et dépassée est* elle pour cela en voire pouvoir ?
R. L'infanterie autrichienne jette ses armes , chaque soldat se réclame du titre de Polonais , il vous suit loyalement.
L'infanterie prussienne jette ses armes , mais les ramasse aussi promptement , si elle aperçoit qu'on vienne à son secours.
L'infanterie russe se couche , laisse passer les
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Marges, se relève , et fait de nouveau usage de ses firmes.
Les tirailleurs autrichiens, habillés de gris et armés de carabines à balles forcées, sont perdus si vous les serrez en plaine; il ne faut pas hésiter alors à les charger, ils sont à vous, car ils n'ont pl os le temps de recharger leurs armes.
On ne peut approcher de la vérité dans les calculs approximatifs que Ton fait sur la force de l'ennemi, par le nombre de feux de ses bivouacs, qu'en sachant d'avance que chacun de ses feux indiqué plus ou moins d'hommes, selon la nation a laquelle les régiments bivouaqués appartiennent. Cette différence lient, avant tout, à un caractère national très distinct, et aussi à l'espèce des ustensiles qui servent à la cuisson des aliments, et dont les troupes sont pourvues.
De même qu'un feu de bivouac français indique une moyenne de dix hommes , de même un bivouac russ^ en indique une de quatre, un bivouac hollandais de cinq, un bivouac anglais de six , un bivouac autrichien de six , allemand , idem.
Il est bien entendu que ces calculs ne sont qu'approximatifs, et que la vivacité du feu , en indiquant plus ou moins d'hommes pour l'alimenter, donne avant tout des certitudes.
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Des Guides.
D. Quand faut-il prendre des guides ?
R. Toutes les fois qu'on ne connaît pas parfaitement le terrain sur lequel on opère, et surtout, s'il est possible de les avoir montés , afin de ne pas subordonuer la vitesse de sa marche à celle du pas d'un homme à pied.
D* Faut-il changer de guide ?
R. Dans le cas où un guide connaît bien le pays, il faut le conserver, pendant tout le temps que dure l'expédition , surtout si elle est délicate.
D. Si dans une expédition délicate votre guide venu de loin, se trouve dans un pays quHl ne connaisse plusy que faut* il faire ?
R. En prendre un autre, mais emmener toujours avec soi le premier, qu'on ne relâche qu'après l'expédition terminée, pour tqu'il ne puisse pas trahir le secret de notre marche»
D. Quelles précautions prenez-vous avec un guide ?
R. La sévérité des précautions qu'on prend avec un guide dépend tout a Tait du plus ou moins d'importance et de danger de notre expédition* Le guide qui conduit, en temps de paix ou en temps de guerre , sur les derrières d'une ligne d'opération f doit marcher librement, et en tête de votre colonne.
D. Et le guide qui conduit une reconnaissance?
R. 11 doit marcher près de l'officier commandant, et sous la garde spéciale d'un sous-officier et d'un brigadier , qui auront constamment les yeux sur
BBS GUIDES. 105
lui. Il faut ne pas oublier qu'en pays ennemi surtout , un guide lâchera toujours de vous échapper, s'il peut le faire facilement et sans danger.
I>. Si le gwde est à pied, que fait-on?
R . On rattache par le bras gauche , avec une longue corde à fourrage , dont l'autre bout est fixé
l'arçon de la selle du brigadier, le sous-officier, le sabre à la main , et les fontes découvertes , marche à côté de lui.
D. Si le guide est à cheval, que fait-on ?
R. On attache l'une de ses jambes à l'un de ses étricrs , afin que dans un chemin difficile il ne puisse pas sauter à terre , et s'échapper ; puis on remet les rênes de son cheval au brigadier qui marche à sa gauche , et qui le conduit ainsi pendant tout le temps que dure l'expédition.
D. Si tout à coup, on aperçoit sur le visage du guide de nouvelles émotions, que doit-on faire ?
R. Le prévenir que s'il trahit , il sera fusillé sans remise.
D. Et si l'on craint qu'il ne nous conduise dans une embuscade ?
R. On lui fait observer qu'en marchant à la (êle de la colonne, s'il est fait une décharge sur le détachement, il sera le premier tué.
D. Pourquoi employez-vous deux hommes à la conduite d'un guide déjà si bien surveillé ?
R. C'est que le terrain est souvent difficile, et que s'il vous force à marcher par un , il est indispensable que le guide soit précédé et suivi.
D. Permettez-vous au guide de suivre un sentier longeant la route que tient la colonne ?
R. Régie générale , il faut que le guide marche sur le même terrain que la colonne, surtout si le pays est coupé , si l'on côtoyé des bois , de larges fossés , des ravins etc.
D. Donnez-vous la conduite des guides au pre-
îtoier sous-offlcier , brigadier venu de voire détachement ?
R.Non; mais au plus intelligent, parce «jn'il doit constamment lire sur le visage de ce guide.
D. Permettez-vous que Von cause avec le guide?
R. Non ; vous défendez qu'on l'interroge , et qu'on réponde aux questions qu'il pourrait adresser , puis vous désignez des hommes spéciaux pour correspondre avec lui , et vous choisissez ces hommes parmi ceux qui savent le mieux la langue du pays, et que vous supposez les plus discrets.
u* Dans une expédition dé licite , faites-votts interroger le guide devant votre détachement?
R. Non; je l'interroge à part.
D. Comment interroge-t on un guide?
R. Très lentement , et en le fixant ; s'il ne comprend pas bien les questions qu'on lui adresse , Ôn les change avec patience , de manière à arriver à obtenir une réponse utile.
D. Comment traitez-vous un guide ?
R. Très doucement. Vous ne le laissez manquer de rien , et si , au retour , vous avez été content de lui , et que vous puissiez lui rendre un service, ou lui donner de l'argent , vous ne négligez pas de le faire.
Souvent en pays ennemi , des paysans pour ne pas servir de guide, disent qu'ils ne savent pas le chemin. Ne soyez pas dupes de ce mensonge, effrayez et emmenez avec vous les prétendus ignorants, jusqu'à ce que vous ayez trouvé des guides plus utiles.
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