DE L'ÉTUDE DE TERRAINS
vres, et par conséquent faciles à parcourir; tandis % que la première doit se composer d'aulnes et de ^ saules , qui indiquent toujours des terrains maréf cageux et impraticables.
} Il gagne la montagne couverte de sapins. Il ? marche, et tout à coup la verdure sombre de la fo- ? rêt s'interrompt, etlaisse apercevoir sous les arbres f une teinte d'une couleur verte moins vive, et tie rant sur le bleu : voilà sans doule le ravin de**** f; au fond duquel coule le torrent de "*\ Il tourne à
* gauche, et bientôt aperçoit la plaine. Plus la teinte •• d'horizon est indécise et participe de celle du ciel, f plus l'horizon est éloigné; plus elle est ferme, se tf détache de celle du ciel, et s'harmonie avec celle ? des premiers plans, plus l'horizon est rapproché.
* Cette observation est la base de toute perspective s aérienne. Il faut habituer ses yeux, et son juge- !- ment, à faire sûrement , et à rectifier les calculs 1 que celte perspective nous indique. Cela est facile
* toutes les fois que l'on marche; car rien n'est plus % simple que de fixer dans son esprit une distance 1 du lieu où l'on se trouve , à un point quelconque
* vers lequel on se dirige, puis de régler la vitesse de
* sa marche: en arrivant on voit, la montre à la
* main, si son calcul. s'est trouvé juste.
■ L'air est bleu, c'est pour cela que plus sa masse 1 est grande entre vous et un point quelconque, plus ce point participe du bleu du ciel. Avec un peu d'attention comparative, d'habitude, en pre- 1 nant pour base l'échelle générale de la dégradation 1 des tons, à partir du point où Ton se trouvejusqu'à l'horizon, on calcule promptement et sûrement, les distancées entières, et intermédiaires.
Le partisan quitte le bois et descend dans la plaine. L'ennemi l'y surprend : l'y attaque : s'empare de la route qu'il vient de tenir, et le jette sur des prés qui se trouvent à sa gauche. Ces prés sont verts} mais à gauche leur teinte verte tire sur
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le bleu y quelques saules les bordent: à droite au contraire leur vert est vineux. Le partisan se retire rapidement à droite, parce qu'il sait que, lor sque le vert des prés est bleu , c'est parce que ces prés Contiennent des petits joncs qui annoncent toujours la présence de l'eai , ou de terrains tourbeux, desquels il «e pourrait peut-être plus tirer ses chevaux s'il les y engageait , tandis que les prés 4'uo vert vineux indiquent un terrain sec et ferme.
Poursuivant, il côtoie une rivière qui lui paraît profonde, et sur laquelle il n'aperçoit pas de pont» Tout à coup une trace brune coupe le vert du gazon qui borde la rivière, reparaît de même sur l'autre rive, et perpendiculaire au cours de l'eau. C'est une route, elle ne peut indiquer qu'un gué. En effet, il s'y engage avec confiance, car les eaux sont moins vertes en cet endroit; le fond des cailloux bruns s'aperçoit et dirige sa marche. Une fois séparé de l'ennemi par cet obstacle, jugeant que, découverte, son expédition ne peut plus réussir, et que les chances de pertes sont pour lui plus nombreuses que celles de succès, il fait un détour, et, consultant la marche du soleil et les indications successives que sa mémoire locale lui rappelle, il retourne au camp.
D. Il faut donc qu'un officier de troupe légère apprenne à dessiner, pour apprendre à bien voir, et suive un cours de topographie ?
R. Cela est indispensable, s'il veut être officier distingué. Je crois même qu'il serait fort utile que ce cours donnât des notions coloriées de perspective aérienne. En poussant loin le talent du dessin lopographique, l'olticier trouvera des chances nombreuses d'être extrêmement utile aux généraux d'avant «garde, et de se faire une réputation qui hâtera son juste avancement.
D. Mais cette étude serait longue , et par consé~
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quent impossible dans la position actuette Ses choses ?
D. C'est pour cela qu'on peut se borner à acquérir la prompte connaissance de quelques chiffres lopographiques conditionnels, qui, en peu de jours, peuvent se loger dans notre mémoire, sè trouver facilement au bout de notre crayon, et dont l'emploi sera éminemment utile pour appuyer les rapports des reconnaissances.
D. Qu'est-ce que la topographie proprement dite ?
R. La topographie est la hase de tontes les opérations militaires. Son étude ne saurait être trop approfondie. Quelque connaissance qne l'on ait acquise de l'ennemi , quelque lorce même que l'on ait à sa disposition, toute entreprise, quelle qu'elle soit, dépend dans son exécution de la connaissance du terrain. (L. R. A.)
D. Un officier de troupe légère doil4l se fier entièrement aux caries qui lui sont remises ?
R. Non ; il doit les considérer plutôt comme une indication utile, que comme une reproduction littérale de ce qui est. Il ne doit jamais oublier de rectifier sur sa carte les crreuis qui auraient pu s'y glisser, et d'ajouter lesdétails utiles qu'elle ne donnerait pas. 11 doit penser que plus la carte est anciennement publiée, moins elle doit être exacte, car en bien peu d'années souvent, des villages disparaissent, d'autres se créent, d'autres se joignent et confondent leurs noms; des routes changent de direction, des ruisseaux modilient leur cours, des étangs sont desséchés et donnés k l'agriculture 9 des gués sont remplacés par des ponts, des ponts sont abattus et reportés plus loin; des terres couvert esde forêts, de bruyères, demarais, deschamps, des vignes, des prés, changent entre eux de destination, de production et par conséquent de formes topographiques.
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Il doit aussi se rappeler que la petite dimension de l'échelle sur laquelle la plupart des caries sont faites, doit souvent entraîner des erreurs. Ainsi, je le répète, il faut que cet oflicier considère la carie qui lui est remise comme une indication fort utile surtout pour la direction de sa marche, mais qui, dans ses détails, ne doit pas entraîner de sa part une confiance entière.
D. Indiquez-moi les chiffres conditionnels topographiques que vous dites faciles à retenir et à tracer ?
R. Je vais le faire, en traçant d'abord séparément ces chiffres, puis en les réunissant en un exemple général, et qui s'appliquera aux chapitres Reconnaissances et Rapports.
11 est bien qu'un officier ait une grande feuille de papier pour tracer au fur et à mesure le plan de sa marche. Il lui est presque toujours facile d'établir ce plan sur une échelle qui ne soit pas trop petite, parce qu'il peut s'arrêter, et mettre pied à terre toutes les fois qu'il a quelque chose à dessiner. 11 peut même dessiner en restant à cheval, si cette feuille est ployée d'avance de la manière la plus commode, pour qu'elle ne se présente au crayon que successivement, et partiellement, au fur et à mesure du besoin, et que la partie dessinée prenne successivement et partiellement aussi dans le pli, la place du papier blanc qui en est sorti ; mais les petites feuilles d'un calepin suffisent, en ayant soin de suivre sur elles, et page par page, en commençant toujours uniformément par le haut ou le bas, le tracé de son plan. C'est sur des feuilles de la même dimension que celle d'un calepin que je donne ici le second exemple que vous me aemandez.
D. Quel soin doit-on apporter dans le tracé de ces plans?
R. C'est, 1° en les commençant, de ne pas le$ ét*.