DES QUESTIONS A FAIRE
Des Questions à faire.
On ne peut apporter trop de soins aux questions qu'on adresse, parce que dans tel ou lel cas les réponses qu'elles provoquent décident d'une action grave.
Tout savoir, faire la part du vrai et du faux, de l'important et de l'inutile, est un talent en guerre, une des qualités les plus précieuses d'un olflcier d'avant-garde.
D. Quel est le premier soin qu'on doit avoir, lorsqu'<m interroge ?
R, C'est déjuger les dispositions morales de celui qui va vous repondre.
D. Ên quoi cet examen importe-t-il ? 'Sroifl
R. En ce qu'il décide de la nature, de la forme et du ton des questions qu'on doit adresser.
D. N'y a-t-il rien de plus à reconnaître ?
R. Si; le plus ou moins d'intelligence du questionné ; cette connaissance devant aider au développement et à l'importance de nos questions.
D. Vous modifiez sans doute votre manière d'interroger suivant le pays dans lequel vous êtes ?
R. Oui. En général, il vaut mieux commencer toujours l'interrogatoire doncement, mais de manière à inspirer à l'interrogé la conviction qu'il ne pourra nous tromper. Il va sans dire que si la guerre se fait dans notre pays, nous ne devons pas interroger comme si nous étions en pays ennemi, et que si elle se (ait en pays ennemi, il y a encore des distinctions à faire entre entre telles ou telles contrées, telles ou telles classes d'individus, qui
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nous sont plus ou moins opposées ou favorables. Il faut penser, en interrogeant , que ce que nous aurons demandé ou dit sera répété, et songer à l'impression utile ou défavorable à notre cause que cela pourra faire. Souvent un interrogatoire maladroit a produit un résultat inverse à celui qu'on en attendait : l'interrogateur s'étant trouvé lui-même sur la sellette, sans s'en douter, et ses interrogations lui ayant été fatales, parce que, répétées à l'ennemi par l'interrogé, elles ont servi à faire connaître les projets et à les combattre.
D. Quand on arrive dans un village, qui d'abord interroge-t-on?
R. Le maire, ou celui qui remplit les fonctions municipales, le maître de poste, le curé ou pasteur, le maître d'école, le seigneur, les hommes désignés pour avoir servi de guides à l'ennemi.
D. Quelle est à peu près la série des questions qu'on leur adresse ?
R. Les questions, toujours proportionnées à l'intelligence des interrogés, sont : Où est l'ennemi ? Que sait-on de sa marche , de ses dispositions militaires, de ses forces numériques, de ses dispositions morales? A-t-il de l'infanterie, de la cavalerie, des canons? Quels numéros, quels uniformes portent l'infanterie, la cavalerie ? Les chevaux sont-ils maigres, les hommes fatigués ! Quelles langues parlent ces hommes ? D'où dit-on qu'ils viennent? Appartiennent-ils à la landwher ou à la ligne? Y a-t-il parmi eux beaucoup de soldats qui parlent français ? L'ennemi bivouaque-t-il ou couche-t-il dans les maisons? Comment se gardet-il ? Envoie-t-il des reconnaissances ? Ces reconnaissances ont-elles poussé jusqu'au village où l'on se trouve? Comment s'y sont-elles présentées? Etaient-elles nombreuses? Qu'y ont-elles fait? Qu'y ont-elles dit? Pillent-elles? Insultent-elles? Comment étaient habilles les hommes qui les corn-