DES RAPPORTS
fiance qu'il aura dans l'officier, et l'ensemble des rapports qu'il aura reçus d'autre part. |
D. Les rapports doivenl-ils être fréquents ?
R. La fréquence des rapports doit être relative a Futilité des communications qu'on a à faire, et subordonnée à la difficulté qu'on éprouve à les faire parvenir; ainsi une avant-garde, une arrièregarde, etc., doivent envoyer des rapports plus nombreux qu'une reconnaissance, parce que leurs I communications avec Farmée sont plus faciles, et que les renseignements qu'elles donnent sont d'an intérêt plus direct, plus pressant ; souvent même une reconnaissance ne doit pas envoyer de rapports. Les ordres qu'elle aura reçus en partant la régleront à cet égard.
D. Quel soin prenez-vous lorsque vous envoya un rapport ?
R. Si je suis loin de la division, de la brigade, que je craigne que Fennemi n'enlève mon envoyé, je donne à celui que j'ai choisi parmi les hommes bien montés et intelligents, un calque du terrain qu'il a à parcourir. Je lui indique, sur ce calque, les endroits dangereux, et qu'il doit éviter; puis je joins au rapport écrit des détails verbaux, qu'il devra répéter à l'officier auquel je l'adresse.
Pour être sûr qu'il m'a bien compris, je lui fais répéter deux fois ce que je viens de lui dire, et lui recommande de ne dire que ce dont je le charge.
Mon rapport est écrit fin, sur un morceau de papier qu'il met dans son gant. Si Fennemi l'attaque et qu'il ne puisse échapper, il a l'ordre d'avaler ce papier. Une place sûre pour garantir un rapport, c'est le canon de son pistolet : là, ployé en boule et entortillé dans un peu de papier qui le garantit, il est posé en guise de bourre, et si le
Sorteur voit qu'il ne peut le sauver, en faisant feu la dernière extrémité, il le détruit*
DBS RAPPORT S # 197
Souvent, lorsqu'on a de ton es raisons dé craindre que son envoyé ne soit coupé par l'ennemi, on le fait escorter par quelques hommes jusqu'à une certaine distance; mais il faut être avare de ces escortes, parce qu'elles affaiblissent les reconnaissances et ralentissent leur action.
Si Ton a un intérêt majeur à ce que le rapport parvienne, et qu'on craigne qu'il ne soit enlevé, on le fait par tir en double expédition, qu'on remet k deux hommes qui ne tiennent pas la même route»
D. Un rapport doit il être très détaillé ?
R. Oui; et pour cela il faut prendre exactement, el au fur et à mesure de sa marche, les notes qui serviront à l'établir; ainsi rien n'échappe, tout est plus généralement vrai, et la mémoire aidée n'est pas obligée de faire un effort pour donner des d peu près, lorsqu'elle rassemble plus tard ses divers souvenirs.
Il ne faut pas cependant qu'un rapport renferme des choses oiseuses, et dont la connaissance est inutile au commandant en chef. Souvent un officier écrit l'histoire de sa reconnaissance, fait le récit détaillé de ses haltes, de ses inquiétudes, de ses marches et contre-marches, etc.; c'est de l'encre et du temps perdus. Ce qu'il faut au chef, ce sont les résultats de la reconnaissance, dans le sens de l'accomplissement des ordres donnés.
D. Ecrivez-moi le rapport de la reconnaissance faite dans le chapitre précédenty par le capitaine-" .
Bivouac de Grosslhurm, le 19 juin 1832.
« Porteur de l'ordre ci-joint, je suis parti hier, à cinq heures du matin, du bivouac de Grossthurm, à la tête d'un détachement de cent chasseurs du régiment, et me suis dirigé par la route de Berndorfsut Neusladt. A trois heures du matin, jV