‹ Avant-postes de cavalerie légèreChapitre 36 sur 143 · DES TIRAILLEURS · texte numérisé non relu

DES TIRAILLEURS

raio qu'occupe ou qu'abandonne l'ennemi, afift de n'être pas embarrassés, lorsqu'ils se trouveront sur le même terrain,

A juger d'avance les dispositions d'ensemble et partielles de ce terrain par les ondulations , le* ruptures de la ligne des tirailleurs ennemis en retraite.

À bien se rappeler le terrain qu'ils viennent de parcourir ; cette scrupuleuse observation est d'au» tant plus utile, si l'on traverse des ruisseaux à moitié desséchés, des ravins, djes défilés, afin que dans une retraite subite ils ne soient pas embarrassés, et ne se jettent pas dans des culs-de-sacs, dont ils ne pourraient sortir, et où ils seraient pris infailliblement.

A gagner, le plus possible, les sommités des ter- j rains, afin de découvrir plus d'espace, et de mieux reconnaître les dispositions de l'ennemi. (

A avertir lestement aussitôt que l'un d'eux aperçoit des masses ignorées jusque-là, s' embusquant, s'y préparait, ou exécutant un mouvement quel- I conque, offensif, ou défensif. j

Si un tirailleur aperçoit sans être vu, il s'arrêtera, continuera à observer sans se montrer, fera signe, et ne bougera pas jusqu'à ce que son officier prévenu soit accouru lui-même reconnaître, et lui donner de nouveaux ordres.

Si des tirailleurs jugent que l'ennemi est pris de vitesse, et que sa retraite est douteuse, dans le cas où l'on essayerait sur lui une prompte attaque, iU préviendront, et en même temps se porteront vigoureusement en avant pour jeter la confusion, et profiter d'elle pour faire des prisonniers.

Si de l'artillerie se trouve compromise, c'est sur elle qu'ils tomberont de préférence.

D. Dans le cas d'un mouvement rétrograde, U$ litailleurs exécutent-ils leur retraite^ comme ri*dique l'ordonnance ?

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R. Lorsque la tkéorie ordonne d'exécuter la retraite successive par rang, elle a voulu faire une chose régulière sur un champ de manœuvre, et qui mdiqnât aux cavaliers qu'ils doivent dans une retraite se soutenir mutuellement, et ne pas dégarnir Pensemble de leur ligne. H fout donc ne prendre de cet ordre que la pensée qui a présidé h sa rédaction ; mais ne pas s'attacher en guerre à la stricte exécution du mouvement qui est impraticable, et qui serait dangereux.

Lorsqu'une ligne de tirailleurs se retirera, ce ne seront pas les numéros pairs ou impairs qui entameront ou soutiendront la retraite, mais on fera fli 1er les premiers les chevaux [es moins vigoureux, pour laisser k Parrière-garde les tirailleurs les mieux montés. On ne dédoublera sa ligne le plus possible qu'également, dans son entier développement,

D. Si Vun de nos tirailleurs est coupé des siens i par r ennemi , que doit-il faire?

R. S'il est bien monté tt qu'il voie trop de chances dangereuses a tâcher de joindre en ligne di- ; recte, après avoir abandonné son mousqueton, placé j son sabre horizontal dans la main de la bride, la I poignée à droite, la lame maintenue par le pouce sur le premier doigt, avoir mis le pistolet à la main, H se dirigera en dehors, et ménageant les forces de son cheval, présentant le bout de son pistolet , à ceux qui le suivent, il fera un détour en se rapprochant des siens qu'il rejoindra bientôt; car, surtout si le pays est coupé, l'ennemi ne le suivra pas longtemps.

La marche des tirailleurs, à moins d'ordres contraires, est toujours soumise à celle de la troupe qu'ils couvrent. Ils doivent toujours, autant que possible, être à la même distance de cette troupe, , soit qu'on se porte en avant, ou en arrière. Cependant, quand ils couvrent un mouvement rétro.

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grade, ils doivent tenir à tous les défilés, et avoir 6oin de les passer de façon à n'y laisser prendre aucun des leurs par l'ennemi* Que nos tirailleurs aient donc constamment l'œil sur l'ennemi, mais aussi sur nos mouvements. Cette double attention est indispensable pour Futilité de leur service, et la sûreté de leur action.

Ils resserreront graduellement leur ligne, quand ils s'approcheront d'un défilé ; puis, pour éviter l'encombrement, ils feront passer lestement une partie des leurs, qui aussitôt garnira l'autre rive, et, face «n tête, exécutera un feu nourri sur l'ennemi, afin de protéger la retraite de leurs camarades encore engagés. Si la troupe qu'ils couvrent a continué à marcher, ils rejoindront en doublant l'allure.

Plus la retraite est prompte, moins on doit développer la ligne des tirailleurs. Il faut même, pour établir plus d'ordre, et par conséquent plus de facilité de mobilisation, lorsque le front de défense rétréci n'oblige plus à avoir une aussi grande quantité de tirailleurs, réunir en pelotons les inutiles, elles joindre à la troupe de soutien.

Si l'on gagne ainsi une route, il ne faut laissera l'arrière-garde que peu d'hommes en tirailleurs, car autrement il arriverait qu'un plus grand nombre se gênerait, et se blesserait indubitablement en Taisant feu.

Il faut ordonner aux tirailleurs d'ajuster de préférence sur les groupes, parce qu'ainsi une balle qui manque son but, a des chances de n'être pas perdue. Il faut aussi par conséquent ordonner à ses tirailleurs de marcher toujours isolément, parce qu'ainsi ils seront moins ajustés.

Lorsque l'ordre a été donné de cesser le feu et de se retirer, il est expressément défendu d'y désobéir, fût-on même certain de réussir dans une

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rage ou d'entêtement, continuent le combat : il faut les punir sévèrement, et s'ils retombent dans la même faute, se retirer et les abandonner; parce que souvent pour les soutenir, on réengage une affaire qui tient une armée entière sur pieu toute une journée; on la harasse inutilement, et pour un homme imprudent, on en compromet dix mille.

D. Comment charge un tirailleur?

R. Je l'ai indiqué au chapitre des charges.

D. Si nos cavaliers tiraillent contre de l'infanterie, que doivent-ils faire?

Tâcher de l'attirer en plaine sur un lieu découyert. Puis la charger k fond , et la coupant de ses appuis, la tailler en pièces.

Les tirailleurs cosaques se réunissent souvent pour charger ; mais à la retraite ils se divisent.

Nos tirailleurs font presque toujours le contraire, telles que puissent être les facilités du terrain. Les cosaques ont raison , et nous avons tort. En effet, combien de fois n'avons-nous pas vu nos cavaliers, en se retirant , se jeter les uns sur les autres, de telle façon qu'ils s'ôtaient individuellement l'usage de leurs armes, qu'ils encombraient, et arrêtaient leur marche, et qu'ainsi, retardant encore celle des hommes les moins bien montés , et restés en queue, ils faisaient sabrer et prendre ces malheureux , dont le dos avait servi de bouclier à leurs coupables compagnons.

Une retraite trop massée est toujours sabrée ; par deux raisons bien simples : la première, c'est que les cavaliers qui l'exécutent, en se serrant mutuellement outre mesure, paralysent leurs mouvements de défense individuelle, et rendent impossibles la halte et le demi-tour de face en tête; et la seconde, c'est que le cavalier attaquant, qui n'a qu'un seul point de vue, qui n'est nullement inquiété sur ses flancs, se lance de toute sa force impulsive, de

toute son juiçlaçç, sur cette masse inoffensive qu'il

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taille m toute sécurité, et qu'il roule aussi loin qu'il veut.

II n'en est pas ainsi d'une retraite individuellement divisée. L'homme qui l'exécute conserve toute sa force défensive. 11 est égal eu tout à l'attaquant, qui se garde bien de se lancer abandonné sur lui, parce que ses flancs sont menacés, que son attention est divergente, et que les dangers sont égaux de part et d autre. Une semblable retraite n'est jamais ni vivement poussée, ni longuement suivie. Les chevaux les moins vîtes l'exécutent comme les plus rapides j elle inquiète l'attaquant, s'arrête sur le point utile, et lait vivement face en tête pour reprendre Poffensive. De toute antiquité, les peuples vraiment cavaliers en ont exécuté de semblables. Polybe nous dit en décrivant le passage de la Trébia : « Cependant Sempronius fit sonner la retraite, afin de rappeler sa cavalerie, qui ne savait comment manœuvrer contre l'ennemi qu'elle avait en front. En effet, elle avait affaire aux Numides dont la coutume était de se retirer dans diverses directions^ et de retourner vigoureusement à la charge lorsque l'ennemi s'y attendait le moins. >

D. Doit-on toujours communiquer ses ordres aux tirailleurs par la trompette, ainsi que le prescrit Vordonnance ?

R. Gardez-vous en bien, à moins (ce qui est fort rare en guerre), que vous ne soyez sur un terrain parfaitement régulier, que vous n'ayez à opérer un mouvement général, et que vous ne vouliez que l'ennemi connaisse vos projets en même temps que vous-même.

Les tirailleurs sont essentiellement irréguliers dans leur marche, dont l'ordre est subordonné aux mouvements de notre armée, à ceux de l'armée ennemie, et surtout à la configuration du terrain* Les signaux indiqués par l'ordonnance, tout nom-

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breux qu'ils sont, ne suffiraient |>as à beaucoup près, si vous ne commandiez que par eux.

De quelles sonneries, par exemple, vous serviriez-vous, si vous vouliez refuser l'aile droite, avancer l'aile gauche, faire un changement de front, retarder le centre, etc., etc., et cinquante autres mouvements dont la nécessité se présente k chaque instant ?

En admettant que nos tirailleurs eussent trop forcé par la gauche, si vous sonniez la retraite, toute ki ligne obéissant, non-seulement vous ne rectifieriez rien à l'ensemble du mouvement, mais vous risqueriez de commettre une faute grave.

Règle générale : ne vous servez de la trompette que dans les cas bien rares où vous voudrez attaquer ou vous retirer d'ensemble. Mais toutes les lois que vous aurez des ordres partiels à donner (ce qui sera le plus habituellement), faites-les porter par un sous-officier, ou portez-les vous-même.

Que ces ordres soient simples et courts. Exemple : Dites au maréchal des logis Guéridon d'arrétea ses hommes jusqu'à ce que la droite de ceux du maréchal des logis Mozet soit arrivée à l'angle du petit bois.

Dites au maréchal des logis Cannois de se retirer jusqu'au ruisseau, de le passer, et d'y tenir jusqu'à nouvel ordre.

Dites au maréchal des logis chef Chabrier de réunir ses hommes et de barrer le petit pont.

Dites à Paile gauche de ne se mettre en marche que lorsquelle m'apercevra traversant la grande route*

Dites que, si je fais sonner la retraite, Leyssac repassera le ravin près du champ de seigle, Piat près du moulin, Corlies près des trois peupliers, et qu'il tiendront ferme en arrière.'

Dites à M. Cardon que dés qu'il verra le mou-

vemeat de retraite s'exécuter, il réunira sçs tirail-

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