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avec son mousqueton, en ayant toujours soin de viser de préférence les officiers.
D. Quelles précautions doit prendre le tirailleur ?
R. J'ai indiqué au chapitre des Armes toutes celles qui les concernent. Le tirailleur, lorsqu'il ne peut descendre de cheval pendant longtemps, doit sentir si sa selle est toujours solidement maintenue, et, dans le cas où la sangle serait lâche, combiner ses mouvements de manière à ne pas la faire tourner dans un demi-tour trop prompt.
D. Le tirailleur ne doil-il pas se retirer toujours par un demi- tour à gauche?
R. La théorie, en vous ordonnant d'en agir ainsi, a voulu vous indiquer qu'il fallait toujours avoir le sabre du côté de l'ennemi. Pousser plus loin l'induction, serait une erreur dangereuse. En effet, en admettant un cas qui se présente souvent, celui où un tirailleur chargé est dépassé par sa droite, tournera-t-il à gauche de manière à permettre à son ennemi de le prendre par le côté qu'il Jui présentera ? Non ; il devra tourner rapidement à droite, suivre son ennemi de tête à croupe, et tâcher de le prendre par sa gauche»
D. Et s'il le joint ?
R. 11 lui portera un coup de pointe dans le flanc gauche. Sison ennemi ne tombe, ou ne se rend pas, il redoublera le même coup. Si, par un mouvement trop rapide de sou cheval, il dépasse cet ennemi, il lui rabattra sur le visage un coup de revers. L'ennemi se rendant, il lui fera jeter ses armes, et, prenant la bride de son cheval, il le conduira vivement sur les derrières.
Règle générale : toutes les fois que nous suivons notre ennemi, nous devons le serrer de près en le prenant par sa gauche, parce que cet ennemi, dès lors sans défense, est à notre disposition, si notre cheval marche mieux que le &m. En effet, nous
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avons contre lui ee qu'il n'a pas contre nous, toute la longueur de nos armes et de notre bras. Si cet ennemi, sentant sa mauvaise position, veut volter lestement à droite, saisissons-le dans ce mouvement, et d'un coup de poitrail de notre cheval appuyant sur le flanc du sien, nous sommes sûrs de le renverser sans le moindre effort.
Dans toute attaque, la puissance du cavalier est toute dans la justesse de son regard et le sangfroid de son jugement.
D • Le tirailleur dont le mousqueton se décroche et tombe, que doit-il faire ?
R. Si l'ennemi est près, il doit se servir de suite de son pistolet, et ne ramasser son mousqueton que lorsque l'ennemi s'est éloigné.
D. Lorsque le tirailleur a, pris sa place sur lu ligne, doit-il s'arrêter ?
R. Il doit faire de légers mouvements, surtout de flanc, lorsqu'il charge ses armes, et qu'il est près de Fennemi.
D. Pourquoi?
R. Parce qu'il empêche ainsi qu'on ne l'ajuste aussi sûrement que s'il restait en place.
D. Un cavalier démonté dans une charge doitil se regarder comme pris ?
R. Mon, s'il conserve son sangfroid, et qu'il ait la ferme volonté de ne pas se laisser prendre.
D. Que doit4l faire alors ?
R. Cela dépend absolument de la position de la charge, et de la sienne particulière. Il doit, dans certains cas, aussitôt qu'il est à terre , tâcher de remonter à cheval. S'il ne le peut pas, s'adosser k son cheval,et se défendre, ou saisir vigoureusement la queue du cheval d'un de ses camarades, qui ralentira un peu son allure, et le ramènera ainsi, tandis que les autres tirailleurs soutiendront vi* goureusetnent sa retraite.
Si cela n'est pas possible, il se couchera à terre,
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surtout si l'ennemi n'est pas armé de lances, et contrefera le mort. Qu'il ne craigne pas les chevaux, ils sauteront tous par-dessus lui sans le toucher.
La charge passée, s'il se trouve sur le terrain qu'occupe l'ennemi, mais en vue des nôtres, il jugera d'un coup d'œil la nature de ce terrain qui l'entoure, notre proximité, notre force; s'il a chance, enfin , de s'échapper en gagnant rapidement, h notre vue, un fosse, un ravin, un bois. Puis, si cette inspection est favorable, il s'élancera du côté du ravin, du fossé, du bois, en jetant le fourreau de son sabre, et ne gardant en main que la lame. Si des cavaliers ennemis viennent sur lui, il les évitera, en voilant, en se couchant, en frappant la tête de leurs chevaux, en pointant un cavalier dont il aura arrêté le cheval de la main gauche et s'il le renverse, il sautera sur le cheval. Il nous donnera ainsi le temps d'accourir à son secours*
Si ces chances ne se présentent pas, et que sa défense ne puisse être qu'inutile, il se rendra. Mais dès le soir du même jour, il tâchera de s'échapper, surtout s'il se trouve en pays ami, et que l'ennemi qui l'emmène soit en retraite.
Dans la campagne de 1809, nous venions de charger les hulans autrichiens du prince Charles. Un sous-officier du vingtième de chasseurs avait été fait prisonnier par eux, et était emmené sur les derrières par un hulan qui conduisait en même temps les deux chevaux. Ce sous-officier, rêvant aux moyens de s'échapper, aperçoit tout à coup sur le champ de bataille un pistolet perdu. Il est chargé, car il est armé; le saisir, tuer le hulan, et revenir h nous avec les deux chevaux, fut l'affaire d'un instant pour ce brave sous-officicr.
Le lendemain de l'affaire de Wagram le jeune Lorain, sous-lieutenant au 20e chasseurs, fait pri-
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sonnier un officier autrichien, qu'il conduit en arrière, avec tous les égards dûs au malheur, et après avoir reçu sa parole qu'il ne tentera pas de s'échapper. Les cavaliers de cet officier chargent Lorainy qui est obligé de songer à une prompte retraite ; mais son cheval butte, tombe et se relève presque aussitôt. Lorain, désarçonné et pied à terre, s'adosse à lui pour se défendre, lorsque l'officier autrichien, oubliant sa parole, le saisit par derrière pour le désarmer; le jeune Français lui casse la mâchoire d'un coup de pistolet, puis, voltant autour de son cheval, et se servant de lui comme d'un rempart, il gagne ainsi du temps, et les nôtres le sauvent et ramènent son prisonnier.
Beaucoup de prisonniers sont faits, parce qu'ils perdent sangfroid, courage, et qu'ils n'apprécient plus les moyens qui leur restent encore.
Toutes les fois qu'un cavalier est démonté, ses camarades doivent accourir au plus vile pour protéger sa retraite. Les uns attaqueront l'ennemi, les autres se partageront les armes, les effets d'équipement, de harnachement de l'homme démonté; d'autres aideront sa marche.
D. Lorsque des tirailleurs déployés se portent en avant, que doivent-ils observer ?
R. De bien former leur ligne de manière à ne pas laisser des ouvertures trop grandes, par lesquelles l'ennemi puisse s'introduire, à ne pas abandonner un des leurs sans appui, à ne pas allonger leur ligne, et couvrir inutilement trop d'espace, ce qui diminuerait leurs forces et compromettrait leurs ailes.
À former une ligne toujours parallèle k celle de l'ennemi, à suivre celle-ci, pour ainsi dire mathématiquement, en calquant tous leurs mouvements sur les siens.
A observer avec soin, et successivement, le ter-