DES PRISONNIERS
D. A qui appartient le cheval du prisonnier ? i
R. A celui qui a fait le prisonnier; il doit le présenter d'abord au colonel, puis aux autres officiers du corps, et le vendre sur-le-champ , afin de retourner aussitôt à son escadron.
D. Ne fouille- t-on pas les prisonniers ?
R. Oui malheureusement ; c'est un usage humiliant qu'on n'a pu détruire dans aucune armée. Il était digne des Français de l'abolir. Mais enfin, puisqu'il existe parmi les simples soldats, et que de plus, en appauvrissant le prisonnier, il lui ôte un moyen de s'échapper, et de nous vendre à l'ennemi, il faut exiger quele cavalier ne perde pas un temps précieux a fouiller son prisonnier dans une charge, et compromettre ainsi sa position personnelle et relative.
D. Lorsqu'on fait de Vinfanterie prisonnière,
quel soin doit-on avoir ?
R. Celui de briser ses fusils.
D. Lorsqu'un cheval pris ne veut pas 'se laisser conduire sur les derrières, et qu'il est probable que V ennemi le reprendra, que faut-il faire ?
R. Lui brûler la cervelle en ayant soin de diri- ! ger son coup de manière k ce que la balle en manquant le but, ou en ricochant, ne blesse quelqu'un des nôtres.
D. Lorsqu'il y a de bons chevaux de pris, et que les officiers bien montés rCen ont pas besoin ?
R. Il faut que le colonel les achète pour le corps, et les mette dans le rang, sauf à faire régulariser plus tard cet achat.
D. Si le régiment n'a pasd'hommes à pied ?
R. Si les chevaux de prise sont jugés beaucoup meilleurs que certains chevaux du rang, le commandant ne doit pas hésiter à abandonner les mauvais qu'il possède, pour les bons qui lui sont présentés. Le çremier devoir d'un colonel de cavalerie légère étant, avant tout, de commander des
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hommes bien montés, et par cela même , toujours mobiles, et prëls à tout entreprendre. Si ce colonel, cependant, a des blessés, il les monte sur les mauvais chevaux qui se dirigent sur les chevaux de main, et les petits dépôts.
D. Faut-il jeter les harnachements des chevaux pris ?
R. Il ne faut les jeter qu'après en avoir extrait les pièces nécessaires au prompt racommodage de notre harnachement.
D. Quand est-il pardonnable à un cavalier de se rendre ?
R. Jamais tant qu'il est à cheval , fût-il même blessé grièvement ; un homme à cheval passe partout.
D. Lorsqu'un des nôtres est fait prisonnier, fautil tenter de le reprendre ?
R. Oui, si Ton a des chances de le reprendre au moins égales à celles que cet effort lui fait courir. Dans une charge, il ne faut pas hésiter, mais hors d|une charge il faut promptement calculer et agir : si l'homme pris n'est pas blessé de manière à s'affaiblir, s'il est connu pour vigoureux, entreprenant, s'il est mal gardé, si le terrain est coupé, fa* vorable à sa fuite, etc., il faut tenter de le reprendre. Si l'homme au contraire est blessé, qu'il soit connu pour mou, lourd, inintelligent, et que l'ennemi l'emmène sur un terrain sans accident, il est imprudent de l'essayer, car l'effort qu'on fera ne sera pas secondé, et il y a tout à parier que l'ennemi tuera son prisonnier, plutôt que de le laisser reprendre.
§ D. Lorsqu'un déserteur vient à vous, que fautil faire ?
R. Lui ordonner de jeter èes armes, prendre ja bride de son cheval, et le conduire au colonel.
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D. Si l'ennemi veut le reprendre ?
R. Il faut assurer vigoureusement sa retraite*
D. A-t-on le droit de fouiller un déserteur?
R. Non ; son cheval et ses effets lui appartiennent ; «a propriété est sous la sauvegarde de sou déshonneur et de notre mépris.