ET DES CONVOIS
le ûanc de la route, doubler la file des voitures, en les faisant tourner successivement vis-à-vis, et à côté l'une de l'autre, de manière à ce que les chevaux des deux attelages qui se suivent» se regardent, en ne laissant que peu d'espace entre les tètes opposées, le derrière des chariots tourné sur le flanc extérieur. A mesure que les chariots avancent et se succèdent, tous ceux d'une même division viendront se ranger de la même manière. Si la route est bordée de fossés profonds, cette manœuvre peut quelquefois ôter toute possibilité à la cavalerie ennemie de pénétrer au centre du convoi.
Si Ton peut se jeter sur le flaix de la route, on s'y formera en carré le plus serré possible, les chevaux en dedans, et s'enfermant kdans cette fortification, on s'y défendra par des feux nourris, et bien dirigés.
D. Les précautions ne doivent-elles pas redoubler dans un pays de montagnes ?
R. Oui, parce que les difficultés du terrain ralentissent lamarchedu convoi, et offrent plusde chances favorables à ceux qui voudraient l'attaquer. 11 est prudent à un commandant de convoi qui connaît le terrain qu'il va parcourir, et qui sait qu'un défilé placé sur sa route peut être occupé par un parti ennemi, de donner l'ôrdie à son avant-garde d'aller d'avance s'emparer de ce défilé.
D. Quelles précautions particulières prenezvous pour un convoi de munitions de guerre ?
R. De le défendre de toute proximité du feu. Ainsi, dans les routes, il doit être expressément défendu de fumer à ceux qui font partie du convoi. Si l'on rencontre des hommes fumant sur la route, l'avant-garde doit leur faire éteindre leur pipe. Si l'on passe devant une forge, on doit enfaire fermer les portes et fenêtres donnant sur la route que tient le convoi, etc., etc.
Si Ton se dirige sur «ne ville incendiée, et dont
le feu puisse encore couver %ou$ les décombres, tt faut que le convoi la tourne.
Si le convoi traverse forcément des bivouacs, U faut que la garde se place devant les feux ; qu'elle défende qu'on le§ attise ; que les voitures passent une à une, a bonne distance Tune de l'autr e, et I plus rapidement possible.
D. Lorsque le convoi s'arrête pour prendre du repos, quel soin doit-on avoir 2
R. De faire le moins de feu possible pour le bivouac. De placer ces feux éloignés du parc du côté opposé au vent, et de les établir de façon à ce que si le vent venait à changer il ne pût pas pousser d'étincelles jusques sur les chariots.
Une bonne précaution, s'il se trouvait un ruisseau près de là, serait d'avoir des sceaux pleins d'eau près des feux, afin que si ces feux par uu changement de venj menaçaient le parc, on pût les éteindre aussitôt.
D. Si le convoi était attaqué par des forces supérieures, et quHl fût impossible de le saucer, que faudrait-il faire ?
R. Sauver les chevaux, et détruire les voitures, et les munitions.
D. Comment faudrait-il s'y prendre pour cela?
R. Réunir les voitures, les serrer les unes auprès des autres, les dételer, envoyé^ lés chevaux en arrière, entr'ouvrir les caissons, établir des communicatiQns enlr'eux avec des traînées de poudre placées sur des barres de bois, verser une grande Quantité de poudre dessous et autour des caissons, établir en arrière, du côté de la retraite, une traînée calculée d'épaisseur pour la rapidité de communication du feu, puis retirer l'escorte, et laisser en arrière un homme bien monté, qui, avec un morceau d'amadou attaché au hout d'un bâton ou
dua sabre, mettrait le feu, et s'éloignerait aussi-
ET DES CONTOIfi. 297
D. Si l'attaque nous laissait V espoir de sauver les caissons vides, que ferions-nous ?
R. Vous ouvririez les caissons; jetteriez les poudres dans une mare, dans un fossé, dans un endroit humide ; s'il ne s'en trouvait pas, vous les éparpilleriez au vent, et vous feriez ensuite filer les voitures dont vous dirigeriez et protégeriez la rapide retraite.
D. Quels soins prend-on pour Vescorte des iïesséê ?
R. Si vous n'êtes pas menacé par l'ennemi, vous consultez les officiers de santé qui vous accompagnent, afin de juger tes haltes qui vous sont nécesaires pour laisser reprendre force et courage aux riessés» Vous choisissez le terrain le moins iné- ;al, et le moins raboteux pour la marche des voiures, vous arrêtez près des ruisseaux pour qu'on misse y puiser de l'eau pour étancher la soif des )Iessés, et vous ordonnez à une partie de vos cavaiers de porter des soips à leurs frères, en ne faîant aucune différence entrç nos blessés , et ceux le l'ennemi.
D. Quelles précautions prcnex-vous pour l'es- 'orte des prisonniers ?
R. L'escorte des prisonniers exige des soins spéciaux, trop négligés par l'insouciante confiance de le notre nation.
D. Quels sont- ils f
R. L'officier ou sous-officier chargé de conduire les prisonniers, doit les réunir , les placer sur Jeux rangs ; les mettre ensuite en marche en coonne, en faisant devancer, suivre et flanquer avec win celte colonne, qui doit marcher en ordre et îerrée. Puis défendre toute conversation entre les îomraes de l'escorte, et les prisonniers.
S'il est en pays ennemi, empêcher toute comnuuication des habitants avec les prisonniers.
Sonder avec soin les dispositions des prisonniers,
298 DBS ESCORTES
ce qu'il fait, en ayant constamment l'œil sur eux.
S'il s'aperçoit que quelque complot puisse se tramer parmi eux, les laire prévenir par un de ses hommes parlant ;bien leur langue, que s'ils se révoltent il fera feu.
Veiller à ce que l'escorte ait constamment ses armes chargées et prêtes ; à ce qu'elle ne s'écarte ni ne s'enivre.
Si l'on fait halle, et passe la nuit dans un bir OaaC, réunir les prisonniers, et placer un cordon de sentinelles autour d'eux.
Si cette halte se fait dans un village, placer les prisonniers dans une église, et poser des sentinelles intérieures et extérieures.
Veiller à ce que les prisonniers 'soient traités avec la plus grande douceur ; qu'ils ne manquent de rien de ce qu'on peut leur procurer ; que leurs habits, leurs manteaux leur soient conservés ; qu'il ne leur soit fait aucune insulte ; mais s'ils tentent de s'échapper, faire un exemple.
D. Quelle est la meilleure manière d'attaquer un convoi?
R. Par surprise et dans un défilé.
D. Comment formerez-vous votre troupe pour attaquer un convoi?
R. En deux portions calculées d'après la disposition de l'escorte et la configuration du terrain. La première attaquera la tête du convoi , la seconde, son flanc. L'attaque doit être vive et hardie, et toujours tendre à séparer le convoi de son escorte.
D. Si vous attaquez en plaine et que V ennemi ait eu le temps de parquer , et de s'enfermer dans te carré de ses voitures } que faites-vous ?
R. Si la troupe qui défend ainsi le convoi , est
mouw nombreuse que celle de l'attaquant, celui-