T EMBUSCADES
tonne. Elle tenta sur notre état major général une attaque si bien combinée, que l'empereur lui-même se trouva fort exposé. Au même instant, Platow et ses cosaques chargèrent sur nous qui marchions à l'arrière- garde. Quinze cents à deux mil le cosaques entourèrent les deux faibles escadrons qui nous restaient, et les serrèrent de si près que nos hommes furent blessés de coups de lances dans le rang. L'un de ces escadrons, commandés par le brave Verdières (aujourd'hui général), croisa la lance en avant et en arrière, et intimida tellement l'ennemi par son sangfroid, qu'il se retira sans nous entamer. Nous conservâmes notre position contre un ennemi dix fois fois plus fort, et dont la manœuvre hardie aurait eu les plus funestes résultats pour nous, et peut-être pour l'armée, sans le froid courage de nos chefs et de nos lanciers.
D. Comment amène -i- on l'ennemi sur une embuscade ?
R. En l'occupant de manière à l'empêcher de la reconnaître. Pour cela, tantôt il faut engager vivement ses meilleurs cavaliers, en leur faisant exécuter ensuite un rapide demi-tour, pour que Tennemi les poursuive. Dans ce cas, on peut l'amener directement sur l'embuscade. Tantôt en manœuvrant lentement, changeant de front, et poussant ensuite l'ennemi sur l'embuscade.
PAJULEMENTÀI1U53.
Parlementaires.
Des officiers et sous-officiers envoyés en parlementaires sont quelquefois sabrés par l'ennemi, et cela par leur faute. Pour éviter ce danger, il est indispensable de bien connaître cette espèce de service de guerre.
Le parlementaire se présentant toujours à la première ligne, c'est-à-dire aux hommes les plus échauffés par le feu, ceux dont l'agitation, l'exaltation sympathisent le moins avec son action froide et souvent contrariante, il doit sonder, en quelque sorte, le terrain avant de s'aventurer; il le doit d'autant plus, que souvent l'ennemi a l'ordre de ne pas le recevoir, et qu'il pourrait être fiât prisonnier de bonne guerre.
Le parlementaire doit donc être choisi parmi les officiers ou sous-officiers qui ont le plus d'habitude de la guerre d'avant postes, et le plus de connaissances spéciales de l'ennemi auquel ils se pré-
sente.
Le parlementaire doit donc être bien monté et précédé d'un trompette aussi bien monté que 1m, afin que, s'étant avancés tous deux, s'ils sont attaqués, ils puissent se tirer d'affaire.
Avant de faire sortir un parlementaire, le commandant de l'avant- garde fera cesser le feu de ses tirailleurs, faire haut le mousqueton, et arrêter court ses cavaliers.
Le parlementaire choisira, pour sortir de la li-
rie, l'endroit le plus en vue, et celui qui fera face l'officier commandant les tirailleurs ennemis.
D. Pourquoi?
R. Parce qu'il sera plutôt aperçu, et plutôt en rapport avec cet officier, qui, comprenant son action, fera cesser les dangers qui pourraient le menacer.
Le parlementaire se portera, au pas, en avant de notre ligne de tirailleurs.
D. Pourquoi ?
R. Parce que cette action froide le dislingnera des combattants.
Il se fera précéder de vingt-cinq pas par son trompette, puis s'arrêtera, et fera arrêter le trompette, qai sonnera aussitôt.
Le parlementaire aperçu fera remettre dans le fourreau le sabre de son trompette, et exécutera lui-même ce mouvement avec affectation, pour qu'il soit bien compris. Puis il déploiera son mouchoir, l'agitera avec h main droite ; ses fontes resteront découvertes.
D. Pourquoi temettrà-t-il son sabre f ^ R. Pour bien éclairer sur la nature de sa mission .
11 ne se laissera aborder par les cavaliers ennetîîs, que lorsqu'ils se sera assuré de leurs intenions pacifiques, et lorsqu'il verra qu'ils agissent >ar Tordre de leurs chefs.
Cette conviction acquise, il tâchera d'être le plus ôt possible en rapport avec un officier, puis il se aissera bander les yeux, et agira avec sangfroid et lolitesse.
Un parlementaire a presque toujours une double nission, dont la partie cachée est bien plus imortante que la portion ostensible. Souvent un préexte frivole couvre la reconnaissance qu'il pousse ans le camp ennemi ; c'est pour cela que tout ofcier ne peut pas être envoyé en parlementaire, et ue le plus intelligent doit être choisi pour ce serrée*
Presque toujours on débande les yeux au parle-
mentaire, lorsqu'il est arrivé à fétat major. Qnel-
Suefois aussi on ne commet pas cette imprudence^ tans le premier cas, le parlementaire doit tout voir, sans avoir Pair de regarder. Dans le second, il ne doit pas perdre un seul mot de tout ce qui se dit autour de lui; aussi est-il indispensable qu'il parle la langue de l'ennemi, et que l'ennemi ne s'en doute pas.
Tout voir, signifie embrasser d'un prompt regard la configuration du terrain, le nombre et l'espèce des troupes, leur disposition locale, leur état physique et moral. Pour l'œil exercé, cette connaissance doit être entière, malgré les précautions matérielles prises par l'ennemi, et le vernis de jactance sous lequel les états-majors croient toujours devoir cacher leurs inquiétudes ou leurs projets.
Tout entendre , signifie ne pas perdre une syllabe de ce qui se dit autour de soi. Souvent un niot échappé à un jeune officier, à un soldat, instruit mieux que tous les discours calculés d'un général.
Il faut qu'un parlementaire n'oublie pas qu'il esl lui-même sur la sellette, et qu'il est l'objet d une attention égale à celle qu'il porte à ce qui l'en- : toure. Que sous l'apparence de la rondeur, il cache tout ce qu'il ne veut pas que l'ennemi lui dérobe. 1 Beaucoup de questions, insignifiantes en apparence, lui seront adressées, qu'il les pèse avant (fy répondre
Lorsqu'on veut parlementer, il faut non-seulement choisir l'officier, mais aussi le trompette ; car celui-ci sera invité à boire et questionné. Que ce soldat soit donc sobre et silencieux, et qu'une assigne bien donnée avant le départ assure encore ces qualités.
Un parlementaire entrant dans un camp est toujours l'objet d'une curiosité grande et générale.Oa I? le détaille des pieds à la tête, on le re garde malgré
sot comme m &bm\\)Qn troupes auxque les
m a affaire. Il est indispensable que cet échantillon soit bien choisi sous tous les rapports, pour jue I'impressiop morale qu'il fait soit complète et forte. Que le parlementaire soit donc beau soldat, bien babillé, bien armé, qu'il ait toutes les appa- •eqçesde la force, de l'adresse, et qu'il soit monté >ur yn cheval vigoureux et en bon état. Que le trompette qui l'accompagne soit comme lui.
Sous aucun prétexte, un officier de tirailleurs ne loit se permettre de cesser le feu ni de parlementer sans ordre de son commandant supérieur. Dans a campagne (le 1809, nous fûmes envoyés en Hongrie, pour lier l'armée d'Italie à la grande armée/Àrrivés devant Edimbourg, la cavalerie hongroise s'arrêta, et demanda à capitule ç pour la ville. Notre avant-garde était fort en avant de notre troupe; elle écouta les propositions qui lui étaient îailçs sai*$ poyvoir y répondre promptement, parce que nos généraux étaient loin. Ces propositions nécessitaient la présence d'un officier français dans le camp autrichien. L'officier commandant notre extrême avant-garde, n'envisageant que davantage réel de la prompte évacuation de cettç ville importante, mais çvaignant qu'un officier qu'il enverrait pour discute^ cette évacuation ne fît pas aussi bien que lui-même, se décida à se rendre de sa personne au camp ennemi. Il partit, et lorsque nos généraux arrivèrent à notre avanl-garde, ils ne le trouvèrent plus. Son absence, qyojque utilement motivée, ma^is qui laissait l'avant-garde sans chef, fut fortement blâmée. Que cet exemple ne soit jpas perdu pour tout commandant d'avant-garde qui se trouverait dans la même position, et qui ainsi, avec un ennemi adroit, pourrait, tout en voulant bien faire, se laisser attirer dans un piège, et compromettre la sûreté de l'armée.
Si un parlementaire ennemi se présent* à
«w mnhpoths, que fna-t*on ?
R. L'officier d'avant-garde n'arrêtera pas le feu de ses tirailleurs parce que les tirailleurs ennemis auront cessé le leur, mais marchera doucement, et enverra prévenir sur-le-champ le commandant de l'avant-garde, et prendre ses ordres. En attendant, il ordonnera aux tirailleurs des ailes surtout, de bien examiner si Pennemi ne l'ait pas un mouvement de flanc, et si l'envoi du parlementaire ne couvre pas une ruse de guerre, soit pour nous attaquer, soit pour gagner un temps précieux.
Si le général d*avant-garde ordonne de continuer le feu , le commandant des tirailleurs fera signe au parlementaire qu'il ait à se retirer, qu'on ne veut pas le recevoir.
D. Si l'ordre est donné de recevoir le parlementaire ?
D. L'officier d>vant-garde arrêtera sa troupe, et fera cesser le feu; puis, mettant le sabre dans le fourreau, et accompagné de deux sous-o(Bciers et deux chasseurs, il se portera au devant du parlementaire, qu'il arrêtera le plus possible dans un bas-fond, pour qu'il ne puisse de là apercevoir nos lignes. 11 le préviendra alorsqu'il va être reçu, le fera tourner face à l'ennemi ainsi que son trompette, et'il leur fera bander les yeux avec soin, de manière à ce qu'il ne puissent absolument rieu voir.
Cette opération faite, il fera conduire le parlementaire à l'état-major par un cavalier qui tiendra la bride de son cheval, et accompagner par un des sous officiers. Letrompelte sera gardé par le second sous-oflicier et le second chasseur.
L'officier, de sa personne, restera à côté du trompette, et par de bons traitements et une série de questions adroites, tâchera d'obtenir des renseignements sur l'ennemi.
Le sous-officier accompagnant le parlementaire marcher^ à sa hauteur, et veillera ayçc grand soin
à ce qu'il ne relève pas son bandeau pour voir autour de lui. Il ne répondra à aucune des questions que celui-ci pourrait lui adresser, et ne permettra qu'aucune conversation ne s'engage avec lui. Arrivé à l'état-major, il le remettra au commandant, dont il prendra les ordres pour l'of licier d'avantgarde.
Il est prudent de ne pas débander les yeux à un parlementaire; mais cependant il peut se trouver des cas où d'en agir autrement soit politique. L'opportunité de cette mesure ne peut être appréciée que par le commandant en chef. Si le parlementaire est amené dans un lieu duquel il ne puisse pas apercevoir nos troupes, lui débander les yeux n'a rien d'imprudent, et le commandant, en l'interrogeant, peut mieux juger de ses impressions, et obtenir par elles des renseignements plus utiles.
Si l'aspect de nos troupes peut intimider l'ennemi, on doit les montrer au parlementaire, surtout si notre action offensive doit suivre immédiatement le renvoi de celui-ci. « Débandez les yeux à cet officier, disait, en désignant un parlementaire du duc de Saxe Weymar, le général Maison , coupé en 1814, devant Courtray, par 25,000 hommes de la sainte alliance. Votre duc, monsieur, se trompe sur notre nombre, car, vous le voyez, nous ne sommes que 6,000. Il ignore aussi, à ce qu'il paraît, mon titre de général de division, commandant en chef, puisqu'il se permet d'écrire sur le dos de cette lettre, à M. Maison. Reportez de ma par tà ce Monsieur, qu'il devrait se rappeler que j'étais officier général, lorsqu'il n'était encore connu que par son cuisinier, et ajoutez que je ne lui donne que dix minutes pour ouvrir le pas* sage. » Vingt minutes après, nous avions traversé, renversé l'armée du duc, et nous ramenions à Lille ses canons, ses drapeaux, et une partie de son infanterie.
Zoo DK5 EStUnlta
Des Escortes et des Convois.
D. T a'tHlflu8ieur$è^ièr$û9tscti^k9 et quelle*
R. Il y en a trois : escorte d'honneur, escorte des généraux en campagne, et eècorte des oon-
toîs. > D. Dan* ï* premier ca$, que doit faire Vtu
eorte? . , .
R. Devancer et stîivte le prince oti £oii représen-
D. Dam îe second cas?
R. S'établir h l'état-majqr du général. Obéît exactement aux ordres qui lui sont donnés par ce général ou son chef d'etat-major, fet rester là jusqu'à ce que le général la renvoie, ou qu'ùb autre pôsté vienne la relever.
D. Quel eit le devoir dè VofficicY commandant V escorte ?
R. De cornmandcr et à'adniîniètrer son détachement avec le plus grand soin, pour dontaer de lui et du régiment la meilleure opinion.
De ne pas manque* de faire faîrë deà distributions ï ses hommes.
De surveiller le logement, afin que les hommes et les chevaux soient le mieux possible.
De maintenir une discipline sévère. D'exiger que la tenue soit toujours d'une grande propreté et uniformité.
De veiller à ce que les hommes soient toujours là, et prêts lorsqu'on a besôiïi d'eux.
De surveiller les soins donnés au! chevaux, lorsqu'ils rentrent après un service*
ET DES CÔTfVOIS. 289
D'établir le plus de régularité possible dans le service, malgré l'irrégularité des circonstances.
De rte négliger aucune occasion de faire parvenir à son colonel des situations et des nouvelles du détachement.
S'il s'aperçoit que MM. les officiers d'état-major exigent de ses hommes un service qui n'en pas en rapport avec celui pour lequel ils sont commandés, de s'adresser sur-ïe-chainp et directement au général, afin de faire cesser les abus qui peuvent fatiguer outre mesure et déconsidérer ses cavaliers.
Dans le cas où un officier d'état-major demande à monter un des chevaux de son détachement, de s'y refuser formellement, à moins d'un ordre direct du général.
ï)ans l'ancienne armée, nous avions une merveilleuse prodigalité de cavalerie légère. Aussi^ j'îû vu des régiments presque entiers divisés en domestiques de généraux, d'administration, etc.> en escortes de fourgons particuliers, de calèches, de cantines, etc. Tel général de division de cavalerie, célèbre du reste à juste litre, malgré les ordres précis de l'empereur, se donnait pour escorte un escadron d'élite, dont les hommes formaient nonseulement sa garde d'honneur, mais étaient encore les domestiques de tous les officiers et employés de l'état-major. Ces escortes épuisaient tellement les forces d'un régiment, qu'un jour d'affaire, il n'y avait plus personne dans le rang.
Plus les régiments étaient brillants d'uniformes, plus ils étaient certains d'être choisis pour ce service abusif, parce que M. le lieutenant aide de camp, M. le pharmacien en chef trouvaient plus joli de se faire suivre d'un hussard à pelisse éclatante que d'un chasseur à sombre tenue.
L'abus de ces escortes ne se bornait pas là. Des officiers d'état-major, oubliant honteusement qu'ils étaient payés pour avoir des domestiques et des
chevaux, et abusant de la facilite ou de la distraction de leurs généraux , mettaient des cavaliers à leurs chevaux de main, et montaient les chevaux d'autres cavaliers. Les malheureux chasseurs et hussards démontés suivaient à pied, perdaient bien vile la trace de leurs chevaux, qui, forcés et abandonnés, étaient promptement perdus pour l'Etat et pour le régiment.
Je ne connais pas d'abus plus révoltants, et auxquels il faille que les officiers d'escorte s'opposent avec plus de fermeté ! Si malgré eux ils s'établissent, leur devoir est de réclamer sans relâche auprès des officiers généraux de tous grades, et de prévenir sur-le-champ leur colonel.
Si, dans le cas de séparation d'une partie de l'escorte, ils rencontrent un cheval de la partie détachée monté par une personne étrangère, ils doivent sur-le-champ démonter le cavalier, tel qu'il soit, et reprendre le cheval, si ce cavalier ne justifie pas de suite de la possession éventuelle par un ordre écrit du général.
Tout cavalier qui, sans ordre de son chef direct, laisse monter son cheval par un autre, quel que soit son grade, doit être à l'instant même démonté, et renvoyé comme un lâche sur les derrières.
Qui de nous, parmi ceux revenus de M oscou, ne se souvient d'avoir, malgré leur épuisement et tant d'autres causes de douleurs, rougi de colère et de honte, en voyant, dans cette malheureuse retraite, un officier général d'artillerie, dont je tairai le nom parce qu'il n'existe plus, dételer et abandonner nos pièces pour atteler sa calèche blanche et dorée remplie d'objets pris à Moscou! Tant que je vivrai, ce souvenir ne sortira pas de ma mémoire ! Il est pour moi le type de la démoralisation la plus avilie ! Honte à celui auquel je le dois ! honte à tout officier qui, pour son sservics
ET DBS CONVOIS. 291
particulier, démonte un malheureux cavalier dont le cheval était la fortune, la gloire, l'avenir! honte à celui qui prive ainsi le champ de bataille d'un brave soldat, qui aurait contribué à l'illustration de son rériment, à la gloire de notre drapeau!
D. Si l'ennemi attaque l'étal-major, que doit faire l'escorte ?
R. Entourer le général, le défendre vaillamment, et périr plutôt que de le laisser enlever ou sabrer.
D. Y a- t-il plusieurs espèces de convois ?
R. Quatre espèces : convois de munitions de guerre, de vivres, de prisonniers et de blessés.
D. Quel est le premier soin que doit prendre l'officier commandant le convoi ?
R. C'est de former des divisions d'un même nombre de voitures, et d'en confier le commandement aux officiers et sous-officiers les plus intelligents et actifs. Il doit ensuite s'assurer que le convoi, marchant alternativement par la droite et par la gauche, obéit exactement et promptement aux ordres qu'il lui donne.
D. Quelles sont les règles générales relatives au commandement des convois?
R. Le commandant de l'escorte d'un convoi doit ne jamais perdre de vue que le but de sa mission n'est autre que d'amener à bon port le convoi qui a été confié à sa garde. Ainsi , toutes les fois que l'ennemi se présentant, il pourra éviter le combat, il le fera ; et s'il l'attaque, ce ne i:era jamais que dans le cas où il jugera que celte attaque, en ralentissant ou inquiétant l'ennemi, donnera le temps au convoi, soit de gagner un terrain sur lequel il puisse être moins inquiété, ou échapper à la menace, soit de prendre un ordre de formation plus favorable à sa défense.
D. U ennemi repoussé, quel est le devoir du commandant ?
292 DM ISCÔHTKS
R. De se bien garder de le poursuivre, tels avantages particuliers qu'il espère de cette poursuite; mais de faire filer son convoi, dont la sûreté, je le répète, doit être l'unique objet de tous ses soînfc.
D. Comment doit marcher un convoi?
Le plus rassemblé possible. Ainsi les voitures ne laisseront aucune distance entre elles; et dans le cas où la largeur de la route le permettra, elles marcheront deux de front. Arriveeè à un défilé , elles dédoubleront avec régularité, pour reprendre au sortir de ce défilé , Tordre le ïûoins profôbd possible. .
D. Si quelques voitures d'utt ionvoi tiiarcheiù plus lentement que les autres et ralentissent la • marche générale, què faut-il faire ?
R. Reconnaître les causes de cette lenteur. Juger si les gens du pays conduisant ces voitures ne mettent pas de mauvaise voloDté dans l'accomplissement de leurs devoirs; s'ils ne prévoient pas une attaque, et s'ils ne veulent pas ainsi la faciliter. Dans ce cas, changer les chartiers, et s'assurer dë ceux dont on se défie. Si la lenteur de ces voitures a pour cause un sufehargement qui n'est pas en rapport avec la force motrice, diviser plus convenablement le poids sur l'ensemble du convoi. Si ces voitures sont en mauvais état, ne pas hésiter à les abandonner, après en avoir retiré le chargement, les chevaux, et les pièces utiles au reste du convoi.
D. Comment marche V escorte d'un convoi?
R. La cavalerie qui escorte un convoi devant, avant tout, plutôt éclairer sa marche, que la protéger offensivement, pousse son avant-garde le plus en avant possible; elle éloigne aussi les éclaireurs de ses flancs, afin qu'ils découvrent de plus loin? et que, dans le cas où le convoi serait menacé, ils préviennent assez à temps pour qu'on puisse prendre les précautions qécessaires. JL'arrière-garde
Googl
Et i)M txmVote. 293
mâirchè aussi à une grande distance. Cette disposition de la cavalerie ne l'empêche pas de communiquer avec le convoi par des intermédiaires , qui indiquent l'allure à laquelle il marche, et les haltes qu'il fait.
D. Lorsqu'un convoi fera halle, quel ordre devra-t-il prendre?
R. Après avoir choisi pour là halte un bon terrain, sur le flanc de la route , le commandant y formera le convoi , eii colonne serrée par divisions.
D. Qu'entendez-vous par terrain bien choisi pour une halte de convoi ?
R. Un terrain solide, sur lequel on peut arriver, et duquel on peulsortir facilement ; près d'un ruisseau, et qui offre de l'ombre en été, et un abri contre les vents du nord en hiver.
Si l'ennemi rôde dans les environs, il faut autant
3ue possible, que la halte se fasse en arrière d'un éfilé, qu'il soit facile de défendre avec peu de monde, et que soh emplacement soit masqué, de manière à ce que de loin on ne puisse facilement prendre connaissance de l'importance du convoi, et de ses moyens de défense.
D. Quelles dispositions prenez-vous pour défendre un co nvoi ?
R. Celles indiquées par Timportahce del'attaque et la configuratïori du terrain ; celles qtii rendent la défense plus facile eû rassemblant les forces qui présentent le plus d'obstacles à l'ennemi pour enlever les voitures, et faire ïiler sur son camp celles qu'il aurait prises.
D. Si V attaque est prévue, que faut -il faire ? R. Réunir l'escorte entière sur le côté de l'alta-
Îuc ; prendre des dispositions pour maintenir l'enefoi ; et faire filer rapidement le convoi, que l'on ne doit arrêter et parquer qu'à la dernière extrémité, Gàfgttër ainsi uù défilé, et sur ce terrain res-
294 DES KSCORTBS
serré, où Ie/rontde l'attaque ne peut pas être plus étendu gue celui de la défense, tenir vigoureusement à rarrière -garde.
D,. Si l'attaque est imprévue, que faut-il faire?
R. Ne pas hésiter à charger vigoureusement l'attaquant, sans se désunir, s'abauclonner, ni poursuivre plus loin qu'il ne faut pour bien connaître les forces ennemies, et restera portée utile du convoi.
D. Si V attaque se fait sur la léle du convoi esl qu'on soit obligé de rétrograder, quel soin doit-on avoir ?
R. C'est de conserver le calme dans la colonne, et de faire opérer le demi-tour des chariots sans désordre ; un chariot dont les chevaux sont abandonnés ou mal conduits pouvant arrêter la retraite, et être cause de la perte de tout le convoi.
D. Si l'ennemi poursuit avec force et vigueur, de quels moyens peut-on se servir encore pour l'arrêter ?
R. Abandonner quelques voitures pour sauver les autres. Carrer un défilé avec Tune d'elles, dont on a enlevé les roues ; s'en servir comme d'un rempart, de derrière lequel on dirigera un feu meurtrier sur l'ennemi.
D. Si le commandant acquiert la conviction qu'il ne peut pas sauver le convoi ?
R. Il doit tâcher de le détruire par le feu ou par tel autre moyen que ce soit, après en avoir sauvé les chevaux.
D. Si Vennemi attaque inopinément et en forces très supérieures le convoi par son flanc, et arrive promptement sur lui, quel parti doit-on prendre ?
R. Réunir l'escorte, et ne défendre que La portion du convoi qu'on peut espérer de sauver.
D. Si Von esl obligé d'arréler le convoi pour $$ défendre ?
R. Il faut, s'il y a impossibilité à ce qu'on gagné