DE *OT*E CAVALERIE, ETC
fantèrie, ayez bien soin de démasquer ses fetix de manière à ne pas les gêner ni les paralyser.
En admettant que le détachement se compose d'un bataillon et de quatre escadrons, et que vous soyez forcé de traverser une plaine, en retraite, mettez au centre l'infanterie s'échelonnant par demi-bataillon. A droite et à gauche, placez un escadron en colonne par pelotons, et gardez les deux autres escadrons réunis centralemcnt à cent cinquante pas en arrière. . .
L'infanterie aura toute la puissance de ses teux. Si elle est menacée, ses deux lignes se ploieront rapidement en carrés échelonnés. Vos escadrons des ailes seront, pour ainsi dire, les bras de ce corps agissant d'ensemble, comme un homme. La position centrale des escadrons de réserve leur permettra «le se porter en quelques secondes sur les points menacés. , .
Dès qiie des accidents de terrain présenterontde bons postes, le carré le plus éloigné de l'ennemi s'y établira, garnira leur ligne, élargira son feu, pour protéger le reste du détachement qui dépassera ce poste, et s'échelonnera à son tour en arrière, laissant Tarrière-garde au 2e demi-bataillon. Si les escadrons des ailes ont souffert, ils seront aussi relevés par ceux du centre dont ils1 viendront
prendre la place.
Si l'on ne doit pas s'arrêter, on ne tiendra que peu de temps dans cette position, et la retraite s'exécutera dans le nouvel ordre.
Si la route est bordée d'un côté par des vignes, ou des bois, ou des haies, des fossés, etc., et de l'autre par une plaine, la cavalerie exécutera sa retraite en échelons sur la route ou dans la plaine, et l'infanterie se retirera de même par le côté protégé par les obstacles naturels.
Si l'ennemi avec des forces très supérieures , pousse activement notre retraite, la nuit arrivé»,
DK NOTRE ÇA V ALI RIE, IfC.
rinfanterie ne restera dans notre bivouac que le peu d'heures indispensables à son repos; puis elle filera d'avance, tandis que notre cavalerie dont la moitié des chevaux restera bridée, entretiendra les feux pour donner le change à l'ennemi, et ne se retirera lentement qu'une heure avant le lever du soleil.
Si la confiance et l'audace que nous avons remarquées daps l'ennemi, nous font craindrç qu'il ne profite de la nuit po\\f dresser des embuscades en arrière sur la route que nuus devons suivre le lendemain, nous le préviendrons d^ns ce dessein exi quittant nos bivçmacs sans J)ruU aussitôt que nos feiix seront allumés, soit pour aller prendre position beaucoup plus en arrière, e{ hors de dapgçr, sait eu abandonnant la route, et poiutant à (iroite ous gauche d^us. unedjrectiop quç.renneirçi n'aura pu prévoir que jipiis choisissions.
368 DK LA FORTIFICATION,
De la Fortification.
Un officier de troupes légères doit avoir quelques notions de-fortification. En effet, si d'avantgarde il surprend une ville fortifiée, si en reconnaissance, il s'approche d'ouvrages, il faut qu'il sache l'importance de ce qu'il reconnaît ou de ce qu'il enlève, il faut qu'il puisse en rendre un compte exact dans les rapports qu'il fait.
Si ce même officier ♦ chargeant l'ennemi, se trouve, comme nous, à Wagram, arrêté court par des Irons -de- loups, des petits piquets, et des chevaux-de-frise, il faut qu'il connaisse l'importance de ces ouvrages, et qu'il change ses premières dispositions d'attaque pour tourner ce qu'il ne peut affronter.
Si, dans une position aventurée, et forcé d'y rester, ou à une arrière-garde , et vivement suivi, il peut trouver dans ce qu'il sait de fortification, quelques moyens de force, de défense, celte connaissance ne sera pas perdue*
D'ailleurs les lignes de la fortification, éminemment rationnelles, ont une grande analogie avec celles de la disposition des troupes sur un champ de bataille; la connaissance des unes aidera puissamment à celle des autres, et expliquera mathématiquement le pourquoi de mouvements, et de positions prises, dont on se serait rendu compte difficilement à première vue, sans une teinte de fortification.
Il y a deux espèces de fortifications ; Furie appelée permanente, construite avec toute la solidité
possible , éert à entourer et défendre les places.
L'autre appelée passagère ou de campagne, élevée à la hâte, en terre ou avec les mat riaux qui se trouvent sous la main , sert à couvrir les différentes positions d'une armée ; un camp, les débouchés d'un pont, un défilé, une digue, etc.
La destination de ces deux espèces de fortications, est d'ailleurs suffisamment indiquée par leur dénomination.
L'attaque et la défense de la première sont soumises à des règles particulières et spéciales qui ne sont pas du ressort de la guerre de campagne.
Le tracé de ces deux espèces de fortifications, est le même quant à la forme, et ne diffère que par le relief et la solidité ; ainsi ce que nous dirons des ouvrages *de campagne qui vont nous occuper exclusivement, s'applique également aux ouvrages permanents.
Les principaux ouvrages de campagne sont : le redan , la lunette , la redoute, les forts étoiles ; les lignes continues, à redans, à fronts baslionnés; et les lignes discontinues.
Viennent ensuite les défenses accessoires telles que les palissade s, frises ,abaltis,palanques, trousde- loup, petits piquets, créneau, chausse- trape, fougasses Leur nom d'accessoire indique qu'elles sont employées avec les ouvrages principaux ; cependant elles sont quelquefois employées seules.
Avant d'aller plus loin, nous allons faire connaître quelques termes dont on se sert habituellement eu fortification.
On appelle angle flanqué, un angle saillant, dont le sommet est protégé par les feux qui se croisent en avant sur sa capitale. A 6 C est un angle flanqué.
$7Q *4 FpRTIFICATIOIf,
La Capitale est la ligne FG, qui partage en deux parties égales l'angle flanqué d'un ouvrage.
Les Faces sont les côtés A B, B C de l'angle flanqué.
Les Flancs A D, C E sont en arrière des faces auxquelles ils tiennent, et avec lesquelles ils formenl un angle*
La Gorge D E est l'ouverture qui sert d'entrée à up ouvrage.
D. Qu'est-ce que le Redan?
R. C'est un ouvrage composé de deux faces formant pn angle ABC ouvert à la gorge ; il sert à couvrir les grand'gardes, les postes avances* Son profil est faible.
D. QiCéàl-àe que là lunëlle ?
R. C'est un ouvrage composé de deu*faéé$e*de deux flancs, et ouvert à sa gorge ; ses dîmëùsidfns et son profil sont plus forts qtie ceux du redati.
La lunelte sert à couvrir les débouchés d'un pont ou de tout ;.ulre défilé, une digue, etc.
Par suiie de Pouverture de sa gorge, la lunette doit toujours être soutenue en arrière soit par des troupes, soit par d'auu es ouvrages.
D. Qu'est-ce que la redoute ?
R. C'est un ouvrage entièrement fermé, dont la forme et le protil varient suivant les circonstances. La redoute est le plus souvent carrée.
D. Qu'est-ce qu'un fort étoilé?
R. C'est une espèce de redoute qui affecte la forme d'une étoile. On en fait k quatre, à cinq, six et huit pointes ; ceux d'un plus grand nombre de côtés sont en général susceptibles d'une plus longue défense, elles ont plus de capacité et peuvent recevoir un plus grand nombre de défenseurs.
D. Qu'est-ce que les lignes continues ?
R. Ce sont des lignes formées de plusieurs fronto contigus de 200 à 250 mètres de côté extérieur.
D. Qu'est-ce que les lignes à redans?
R. Ce sont celles qui présentent un redan élevé sur le milieu du front ou côté.
Les lignes A E C, C D B sont à tenailles, quand elles présentent une suite d'angles rectangles.
Les lignes sont à crémaillères quand le terrain étroit ne permet pas de jeter des saillants en avant, comme sur une digue, le bord d'une rivière ; les longs côtés n'ont pas plus de 80 mètres, les petits n'en ont pas moins de 10.
D. Qu'est-ce que les lignes à fronts baslionnés?
R. Ce sont les lignes A B C D E qui présentent des bastions, ou parties saillantes dont le but est Redécouvrir plus au loin les environs, et d'éloigner
874 Dit là. rottipiCiTiow.
les attaques de l'ennemi; A C sont les faces, et CD les flancs de la gorge.
Les parties E F et A I qui rejoignent deux bastions s'appellent courtines.
Lorsqu'on- a lé temps, et qu'on veut rendre le système de défense plos complet en avant de la courtine EFon construit une demi-lune G H 1 KL. L'angle flanqué H doit être à 150 mètres des faces des bastions.
D. Qu'est-ce que les lignes discontinues?
R. Ce sont celles qui laissent entre elles des intervalles propres aux mouvements des troupes. Elles se composent d'ouvrages détachés que nous avons décrits plus haut, qui se flanquent réciproquement.
On peut employer un système de Iunettes.À BC, Ou des redoutes, ou tout autre ouvrage isolé.
DE LA I ORTIMÇATIOIfc 375
Le général Rogniat propose des bastions isolés, eliés par des batteries formant courtines, avec une uveriure à l'extrémité des flancs.
Les lignes discontinues sont plus avantageuses ue les lignes continues, en ce qu'elles sont proies à l'attaquecomme à la défense. Il importe, dans ne reconnaissance, de signaler l'espèce de lignes, lin d'y proportionner les moyens d'attaque.