‹ Avec préface (volume 2)Chapitre 48 sur 114 · TOUS LES TROIS · texte numérisé non relu

TOUS LES TROIS

Quoi!

On vient d'attaquer la porte Sud! Tous nos hommes sont aux remparts!... La maison et le jardin sont vides. Partez!

ANNE

Ah! notre sauveur !

LAMBERT

C'est bon!... La reconnaissance plus tard! (a Moréac etk Kerviier.) Partcz par ccttc portc !

ANNE

Je pars avec eux !

LAMBERT, l'arrêtant.

Pour les embarrasser dans leur fuite!... Je me charge de vous.

KERVILER, avec force à Anne,

Adieu! Si nous sommes tués tous deux, pleurez-nous tous deux! Si un seul survit, oubliez l'autre!

(Ils s'élancent par la porte du fond.) LAMBERT, qui est à la porte, dit à Anne.

Regardez bien s'il n'y a pas quelque factionnaire.

ANNE, à la fenêtre du jardin.

Non, personne.

LAMBERT, toujours k la porte.

Les voyez-vous?

ANNE, à la fenêtre du balcon.

Oui, les voilà en bas, sur le seuil de la petite porte.

LAMBERT, qui a couru près d'elle, se penche et, parlant tout bas aux deux fugitifs :

Marchez bien doucement! Évitez d'être entendus I

ANNE

Ils arrivent à l'allée de sortie.

LAMBERT

Je ne les vois plus. (Tout à coup, avec un cri.) Cicl ! AN M'.

Quoi?

LAMBERT

On les a aperçus!

ANNE

Qui!

LAMBERT

Quelques factionnaires oubliés !I... Voyez là-bas'

ANNE

Sous ces arbres?

LAMBERT

Oui!... ces deux soldats qui courent.

ANNE

Ils les ont rejoints! J'entends des voix! des crisi

Oui!... un bruit de lutte !

ANNE

Gourons à leur aide ! *

(KUe va pour s'élaacer au dehors. — Oa entend un coup de feu un peu

sourd.)

LAMBERT, la retenant.

Que pouvez-vous?

ANNE

Me jeter entre leurs assassins et eux!! Me faire tuer pour eux!... Mourir pour eux! Venez !

(Ils vont à la porte latérale.) LAMBERT.

Je n'entends plus rien! Ils sont sauvés!

(Ils sont tous les deux penchés vers la porte, comme des gens qui écoutent.)

KERVILER, entrant par le fond.

Anne!

ANNE, poussant un grand cri.

Ah! (Courant à lui.) Il est uiort!

KERVILER, d'une voix étouffée.

Non!... Il a échappé, lui!...

ANNE

Mais vous!... Cette pâleur!...

LAMBERT, le soutenant.

"Vous chancelez !

KERVILER

Oui... frappé là... dans la lutte...

A N >' E , avec un cri douleur.

A morti

KERVILER

Ne me plaignez pas!... C'est une nriort heureuse. EIIp sépare ce qui doit être séparé.

ANNE, avec désespoir.

Non!... Vous ne mourrez pas!

KERVILER, il tombe assis sur le fauteuil.

Oh! le coup a bien porté; et je ne me suis traîné jusqu'ici que pour vous redire ma parole : Si nous sommes tués tous deux, pleurez-nous tous deux! Si un seul survit, oubliez l'autre!

(Il s'affaisse sur le fauteuil. — Anne se précipite à genoux devant lui. le sergent se découvre, la toile tombe.)

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