LA PRIA
KAURK Mt.
Je ne les paierai pas! Si ce n'esl jusque-là, soyez tranquille, je les connais !... ils mu t hier pour moi... à crédit I
ADRIENNE LEOOUVREUR. 29!
LA PRINCESSE
Très bien! Une autre chose encore... est-il vrai que jus ayez des dettes? que vous deviez soixante-dix mille vros au comte de Kalkreutz, un Suédois, qui, en vertu 'une lettre de change, peut vous faire appréhender au 31-ps ?
MAURICE
Pourquoi cette demande ?
LA PRINCESSE
Parce qu'un grand danger vous menace; l'ambassa- 3ur russe a chargé messieurs de la police de ne pas vous erdrede vue.
MAURICE
Voilà donc pourquoi l'on m'a suivi ce soir... je suis fâîé alors de n'avoir pas coupé les oreilles...
LA PRINCES S H
A ces espions?... Mais leurs oreilles, c'est leur place ! ?s pères de famille peut-être! Fi donc!... Mais ce n'est is tout, l'ambassadeur moscovite veut également décou-
ir à tout prix ce M. de Kalkreutz qui doit être à Paris.
Et pourquoi?
LA PRINCESSE
Pour lui acheter sa créance, se mettre en son lieu et lace, et vous faire jeter en prison.
MAURICE
Une belle vengeance !
LA PRINCESSE
Mieux que cela, un coup de maître ; car, vous prisonier, la Gourlande, dont le souverain est. en gage, est liée aux intrigues de la Russie, les conjurés n'ont plus 1 chef, les troupes se dispersent...
MAURICE
C'est ma foi vrai !... que faire?
292 COMEDIES ET DRAM!
i a PB i NCES J'y ai déjà pensé. J'ai obtenu de M. le Lieutenant <i police, qui me doit sa place, que s'il découvrait la meure de M. de Kalkreulz, on m'en donnerait d avis à moi, qui vous en préviendrai... Alors, vous trouver M. de Kalkreutz...
MA URICE.
Pour me battre avec lui.
LA PRINCESSE
Non, mais pour prendre des arrangements, simple de tous serait de le payer.
MAURICE
Et comment?je n'ai pas soixante-dix mille livres ponibles.
L A P R ! N C E S S E , avec affection.
Hélas! ni moi non plus!
MAURICE
Et d'ailleurs, je n'accepterais pas. Il n'y a doue qu'il moyen qui me convienne.
LA PRINCESSE
Lequel?
ma DRK
Laissant la Moscovie, la Suède el la police s'en™ mutuellement dans leurs intrigues auxquelles je n'< rien, je pars demain.
i. \ PlIIfCESi
Vous partez?...
m kURK
Ce n'était pas mon dessein, mais une partie de m< recrues est déjà disséminée sur la fronti< siers n'auront p;is beau jeu «outre mes hulai que j'irai me réfugier! le brevet que vous m double les droits de me teurs, qui &m
ADRIEXXE LEGOUVREUR. 29:5
laient déjà sans permission ; jugez maintenant, avec autorisation et privilège du roi ! . . . Nous allons lever en masse toute la frontière... Je sais bien qu'à Versailles et ailleurs il y aura du bruit, des réclamations, l'ordre de susprendre... Je vais toujours! des notes diplomatiques?... j'intercepte ! des courriers ?... je les enrôle dans ma cavalerie, et lorsqu'enfîn les chancelleries européennes seront en mesure d'échanger des protocoles, la Gourlande sera envahie, et les Tartares de Menzikoff dispersés par escadrons français... voilà mon plan.
Il n'a pas le sens commun.
MAURICE
Permettez ! s'il s'agissait de l'ordonnance d'une fête ou d'un quadrille de bal, je demanderais vos conseils, mais dès qu'il s'agit de cavalerie et de manœuvres, je prends tout sur moi, cela me regarde.
LA PRINCESSE, s' animant.
Non, à peine arrivé, vous ne quitterez pas Paris ! C'est bien le moins que vous y restiez quelques jours encore, que votre présence et votre affection me dédommagent enfin de ce que j'ai fait pour vous et des jours que je vous ai consacrés.
MAURICE, s'asseyant près d'elle.
Princesse, entendons-nous ! Je n'ai jamais été ingrat, et dans ce moment où je vous dois tant, manquer de franchise serait manquer de reconnaissance ; ce matin déjà, car moi je ne sais pas tromper... je voulais tout vous dire et vous avouer...
LA PRINCESSE
Que vous en aimez une autre ?
MAURICE, vivemen
Qui ne vous vaut pas, peut-être !
LA PRINCKSSE, en cherchant à se mod^
Et quelle est-elle?... (Avec explosion.) Quelle est-elli Répondez... car vous ne savez pas ce dont je suis capabli