SCENE X
HENRI, M. DE (HVRY.
M. DE GIVRY entre suivi de son domestique, et lui dit haut. Reste ici à CÔté. (Le domestique sort. —M. de Givry et Henri, après s'être salués, se regardent quelque temps en silence.) Monsieur,
nous nous voyons pour la première fois, mais nous nous connaissons déjà.
HENRI
"Comment cela, monsieur?
M. DE GIVRY
Je vais m'expliquer. Monsieur, vous êtes l'amant de ma femme.
HENRI
Qui a osé dire?...
M. DE GIVRY
J'étais bien sûr que vous ne répondriez ni oui ni i aussi n'est-ce pas une question. (Montrant des lettres.) J'ai le* preuves.
BENRI.
Alors, monsieur, que voulez-vous ? nous battre ? tant mieux ! les armes ? le lieu ?
M. DE GIVRY
C'est vous qui me provoquez ! les rôles sont chan^ Je ne veux pas me battre.
BENRI,
< ta m'avait pourtant dit que vous étiez brave :
M. DE GIVRY
( in voua a dit la vérité, et c'est parce que je suis bi parce que j'ai lait dix ans mes preuves, que je puis vouî dire que je ne risquerai pas ma vie pour une femme à qui
je retire affection et estime, et que je puis punir autrement.
Il EH RI.
Vous attaqueriez une femme <jui ne peul se défen quand il y a là un hommi
M. DE GIVRY
Vous raillez-vous de moi s cheval
ques? Kt qui êtes- vous donc, vous, moi Comment
parce que vous v< glissé chez moi, parce que
avez séduil ma femme, il faudra que je vous fasse l'hon neur de me battn moi : si demain ui
homme me prend, non pas du bonheur, mais seulemen • le Pargent, faudra t-il que j'accepte son cartel ?
Il I. M! I.
Monsieur, ce sont là les arguties de l
M. DE GIVRY
Allez tirer sur les poupées de Lepage, si cela vous fait plaisir. Un duel vous serait plus commode, je le conçois : vous donneriez ou vous recevriez un coup d'épée, ce qui vous ferait beaucoup d'honneur; ou bien encore, vous me tueriez, et vous ririez ensuite du défunt avec la veuve. Non, monsieur, j'ai plus de bon sens que cela. Je ne me bats pasaveclesgensquejepeuxfaire mettre en prison.
HENRI
Gomment ! vous auriez la bassesse...
M. DE GIVRY
Oui, certes, j'aurai la bassesse de me venger. Il y a assez longtemps que les maris sont ridicules : à votre tour, messieurs les amants ! il faut qu'enfin un homme de cœur vous châtie et vous flétrisse. Un procès ! entendezvous, un procès qui dépoétise vos amours! il ne s'agit que d'attacher le grelot ; eh bien ! je l'attacherai, moi ; les autres me suivront.
HENRI
Que me voulez-vous donc? que venez-vous faire chez moi?
Je viens chercher ma femme .
HENRI
Ici, monsieur !
M. DE GIVRY
Oui, monsieur, ici, parce qu'elle est ici.
HENRI
Celui qui a dit cela, a calomnié.
M. DE GIVRY
Un instant, monsieur, c'est moi qui ai dit cela ; c'est moi qui l'ai suivie depuis Senlis;ce sont mes gens qui l'ont vue entrer chez vous; ainsi, je vous déclare qu'elle est ici et que je la veux.
78 COMÉDIES ET DRAM]