‹ Avec préface (volume 3)Chapitre 49 sur 214 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

HENRI, M. DE (HVRY.

M. DE GIVRY entre suivi de son domestique, et lui dit haut. Reste ici à CÔté. (Le domestique sort. —M. de Givry et Henri, après s'être salués, se regardent quelque temps en silence.) Monsieur,

nous nous voyons pour la première fois, mais nous nous connaissons déjà.

HENRI

"Comment cela, monsieur?

M. DE GIVRY

Je vais m'expliquer. Monsieur, vous êtes l'amant de ma femme.

HENRI

Qui a osé dire?...

M. DE GIVRY

J'étais bien sûr que vous ne répondriez ni oui ni i aussi n'est-ce pas une question. (Montrant des lettres.) J'ai le* preuves.

BENRI.

Alors, monsieur, que voulez-vous ? nous battre ? tant mieux ! les armes ? le lieu ?

M. DE GIVRY

C'est vous qui me provoquez ! les rôles sont chan^ Je ne veux pas me battre.

BENRI,

< ta m'avait pourtant dit que vous étiez brave :

M. DE GIVRY

( in voua a dit la vérité, et c'est parce que je suis bi parce que j'ai lait dix ans mes preuves, que je puis vouî dire que je ne risquerai pas ma vie pour une femme à qui

je retire affection et estime, et que je puis punir autrement.

Il EH RI.

Vous attaqueriez une femme <jui ne peul se défen quand il y a là un hommi

M. DE GIVRY

Vous raillez-vous de moi s cheval

ques? Kt qui êtes- vous donc, vous, moi Comment

parce que vous v< glissé chez moi, parce que

avez séduil ma femme, il faudra que je vous fasse l'hon neur de me battn moi : si demain ui

homme me prend, non pas du bonheur, mais seulemen • le Pargent, faudra t-il que j'accepte son cartel ?

Il I. M! I.

Monsieur, ce sont là les arguties de l

M. DE GIVRY

Allez tirer sur les poupées de Lepage, si cela vous fait plaisir. Un duel vous serait plus commode, je le conçois : vous donneriez ou vous recevriez un coup d'épée, ce qui vous ferait beaucoup d'honneur; ou bien encore, vous me tueriez, et vous ririez ensuite du défunt avec la veuve. Non, monsieur, j'ai plus de bon sens que cela. Je ne me bats pasaveclesgensquejepeuxfaire mettre en prison.

HENRI

Gomment ! vous auriez la bassesse...

M. DE GIVRY

Oui, certes, j'aurai la bassesse de me venger. Il y a assez longtemps que les maris sont ridicules : à votre tour, messieurs les amants ! il faut qu'enfin un homme de cœur vous châtie et vous flétrisse. Un procès ! entendezvous, un procès qui dépoétise vos amours! il ne s'agit que d'attacher le grelot ; eh bien ! je l'attacherai, moi ; les autres me suivront.

HENRI

Que me voulez-vous donc? que venez-vous faire chez moi?

Je viens chercher ma femme .

HENRI

Ici, monsieur !

M. DE GIVRY

Oui, monsieur, ici, parce qu'elle est ici.

HENRI

Celui qui a dit cela, a calomnié.

M. DE GIVRY

Un instant, monsieur, c'est moi qui ai dit cela ; c'est moi qui l'ai suivie depuis Senlis;ce sont mes gens qui l'ont vue entrer chez vous; ainsi, je vous déclare qu'elle est ici et que je la veux.

78 COMÉDIES ET DRAM]

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