SCENE III Les Mêmes; JOSÉPHINE, entrant avec MARIE
JOSÉPHINE
Voilà une lettre qu'un paysan apporte pour monsieur.
(Joséphine sort.) HENRI, lisant.
Ah! je sais ce que c'est.
(Il se lève.)
LOUISE
Tu sors, Henri?
HENRI
Oui... une affaire...
LOUISE
Tu reviens, n'est-ce pas?
HENRI
Je ne serai pas longtemps.
(Il sort.)
LAGRANGE, à part.
C'est singulier, voilà trois jours qu'Henri s'absente ainsi toute la matinée.
MARIE
Bonjour, mère; bonjour, grand-père...
LAGRANGE, l'embrasant.
Je voudrais qu'elle te ressemblât, ma fille.
(On entend le cor.)
Notre voisin, le prince de Min'1, chasse encore ce matin.
LAGHAM, E.
Oui, trois jours de suite. Le connais-tu?
LOUISE
Non : je sais seulement que c'est un chasseur impitoyable qui, dans sa passion pour les cerfs et les sangliers, oublie trop souvent que ses voisins ne sont pas des vassaux.
LAGRANGE
Et vit-il seul?
LOUISE
Ordinairement, il a près de lui, dit-on, le colonel de Givry, son neveu, homme loyal et brave, mais san> pect pour les idées reçues qu'il croit contraires au droit ou à la raison. Mais M. de Givry est absent depuis quelque temps.
LAGRAMi E.
Il n'est pas marié?
LOUISE
Par suite de son système, il a épousé -ans hésiter nne belle Italienne, qui avait en Angleterre, dans les salons aristocratiques, des succès de théâtre.
LAGRANGE
Comment cela?
Jeune, pauvre, et douée, dit-on, d'une voii magique,
♦ Ht* «'hantait, en prima donna, les mon -aux des grands
maîtres, et même quelques-uns de leurs opéras. C'était une femme du monde artiste.