BORG ES
Voilà un argument qui me décide.
LA MARQ1 [SE, prenant une chaise. Eh bien ! voyons où sont ces préjugés? (Elle tan
■s a pris nu sont sur le
canapé h gauche; le baron :■• au cana| <ie la
cheminée.)
WILSOIf, h part
Voyons]
G i ORG ;
Ils sont dans un petit sentimenl au fond de
cœur, el d'autant plus vivace peut-être qu'il est plus <
entré; qui ne se traduit plus, comme autrefois, par des ctes violents et palpables, mais par mille intonations îiimes, délicates et vibrantes comme des fils électriques; ui fait qu'en appelant un roturier, mon ami, vous vous ■ avez bon gré de le lui dire, et que vous ne vous sentez imais si bien nos supérieurs que quand vous consentez devenir nos égaux.
LA MARQUISE
A toutes ces finesses je n'opposerai qu'un fait irréfuable!... M. de Cernay, qui est noble, vous a choisi pour on témoin, vous qui ne l'êtes pas.
GEORGES, souriant.
Gela ne prouve rien î... M. de Cernay et moi nous ne aisons qu'un. Mais voyons, madame la marquise, soyez ranche ! Vous croyez-vous tout à fait de la même espèce que... moi, par exemple '/Évidemment, non ! et c'est îaturel !... Car tous s'inclinent devant votre titre : le paysan, l'ouvrier, le marchand... Oui, tous, jusqu'au magistrat qui vous juge, jusqu'au ministre qui vous reçoit I 3ue dis-je? moi-même, moi, Georges Bernard, moi (souriant qui me pose en champion de l'égalité, je ne suis pas bien sûr de ne pas être flatté de ma réunion passagère avec une noble famille ; et votre accueil si gracieux, madame, ne m'eût peut-être pas autant touché venant de madame... Thomas (avec grâce) que de madame la marquise d'Orbeval.
TOUS, sauf la marquise.
Très bien ! très bien !
GEORGES, souriant, mais avec un peu d'amertume.
Vous voyez, madame, que mon opinion a des partisans?...
LA MARQUISE
Je ne sais pas ce que les autres pensent, mais je soutiens que moi...
GEORGES
Vous, madame la marquise?... souriant.) Voulezme permettre de vous mettre très en colore?