I. \ M \ RQC
De privations ? N'avez-vous pas toujours
MADAME GEORGES
Riches !... nous avons connu la faim, madame.
LA MARQUISE
Comment, alors, avez-vous pu l'élever?
Oh ! les commencements ont été bien durs !... (S'asseyam ans y penser.) Et lorsque je me rappelle ce temps-là !...
^'apercevant qu'elle est assise et se relevant.) Quand je VOUS disais
jue j'allais m'asseoir !
LA MARQUISE, la faisant rasseoir.
Hé bien ! où est le mal ?
MADAME GEORGES
Au fait !... vous avez raison ! Ce sera une occasion de parler de lui... (Elle s'assied.) Je m'établis d'abord avec un panier de fruits sur les marches du collège de Montpellier... Il me semblait que des marches de collège, ça devait savoir un peu de latin. Je vendais aux enfants... lui, il essayait de se rendre utile à tout le monde, et quand, le soir, il revenait tout pâle de fatigue et que je me mettais à pleurer... Ne pleure pas, mère, me disait-il, je serai un jour professeur dans la classe que je balaye aujourd'hui.
LA MARQUISE
Brave enfant !
MADAME GEORGES
Peu à peu, en effet, sa gentillesse... il était si gentil !... le rendit l'enfant gâté de tout le collège... Et un jour, le proviseur, passant près de nous, sourit... l'embrasse... et lui demande son nom. Mon petit homme ne perd pas la tête, et avec cette voix d'argent qui vous remue le cœur malgré vous... il lui répond... Georges Bernard, qui voudrait bien apprendre !
152 COMEDI ES ET i)RAM I
LA MARQUISE, vivement.
Georges Bernard !... Quoi!... votre fils esl M
Bernard !...
M A DA.M i; GEORG
Vous le connaissez ?...
LA MARQC i -
Oui !
MAI» \ ME G EORG Vous l'avez vu? vous lui avez parle ?
LA MARQD
Oui!
ma dam i: GEORG
Eh bien ! avouez qu'il es!... Mais non ! vous ne le cm naissez pas!... Que savez-vous de lui?... Qu'il esl be qu'il est aimable... qu'il est décoré... qu'il a du tali qu'il sera illustre et peut-Ode ministre un jour... I bien !.. tout cela n'est rien... rien !.. Ce qu'il y a de en lui... c'est son cœur! c'esl sa tendresse pour sa iu< ignorante... inculte... et qu'il aime comme m elle jeune comme votre nièce, et savante comme lui n'y tiens plus, il faut que j'aille l'embrass Adieu, madame la marquise '.... Elle va, pour sortir.)
la MA RQ I ! BE, l'arrêtant <■■
Pas si vite ! pas >i vite' j«- ne vous laisse pas partir!
MADAME Gl
Je pars... il m'attend a Toulouse.
LA MARQUIS
Il u'est pas a Toulou
MADAME Gl
Vous savez où il i
l. \ MA lliir i -
oui:
MADAME fi]
Où, de
LA MARQUISE
Je vous le dirai à une condition.
MADAME GEORGES
Laquelle?
LA MARQUISE
Que vous resterez ici encore un quart d'heure.
MADAME GEORGES
Oh! vous ne serez pas assez cruelle...
LA MARQUISE
Mon Dieu, si!... C'est affreux... j'en conviens!... mais, ;ue voulez-vous? je suis égoïste... je veux vous présenter aa nièce.
MADAME GEORGES
Et vous me promettez qu'ensuite...
LA MARQUISE
Je vous promets que vous verrez votre fils plus tôt que i vous alliez à Toulouse.