‹ Avec préface (volume 3)Chapitre 98 sur 214 · I. \ M \ RQC · texte numérisé non relu

I. \ M \ RQC

De privations ? N'avez-vous pas toujours

MADAME GEORGES

Riches !... nous avons connu la faim, madame.

LA MARQUISE

Comment, alors, avez-vous pu l'élever?

Oh ! les commencements ont été bien durs !... (S'asseyam ans y penser.) Et lorsque je me rappelle ce temps-là !...

^'apercevant qu'elle est assise et se relevant.) Quand je VOUS disais

jue j'allais m'asseoir !

LA MARQUISE, la faisant rasseoir.

Hé bien ! où est le mal ?

MADAME GEORGES

Au fait !... vous avez raison ! Ce sera une occasion de parler de lui... (Elle s'assied.) Je m'établis d'abord avec un panier de fruits sur les marches du collège de Montpellier... Il me semblait que des marches de collège, ça devait savoir un peu de latin. Je vendais aux enfants... lui, il essayait de se rendre utile à tout le monde, et quand, le soir, il revenait tout pâle de fatigue et que je me mettais à pleurer... Ne pleure pas, mère, me disait-il, je serai un jour professeur dans la classe que je balaye aujourd'hui.

LA MARQUISE

Brave enfant !

MADAME GEORGES

Peu à peu, en effet, sa gentillesse... il était si gentil !... le rendit l'enfant gâté de tout le collège... Et un jour, le proviseur, passant près de nous, sourit... l'embrasse... et lui demande son nom. Mon petit homme ne perd pas la tête, et avec cette voix d'argent qui vous remue le cœur malgré vous... il lui répond... Georges Bernard, qui voudrait bien apprendre !

152 COMEDI ES ET i)RAM I

LA MARQUISE, vivement.

Georges Bernard !... Quoi!... votre fils esl M

Bernard !...

M A DA.M i; GEORG

Vous le connaissez ?...

LA MARQC i -

Oui !

MAI» \ ME G EORG Vous l'avez vu? vous lui avez parle ?

LA MARQD

Oui!

ma dam i: GEORG

Eh bien ! avouez qu'il es!... Mais non ! vous ne le cm naissez pas!... Que savez-vous de lui?... Qu'il esl be qu'il est aimable... qu'il est décoré... qu'il a du tali qu'il sera illustre et peut-Ode ministre un jour... I bien !.. tout cela n'est rien... rien !.. Ce qu'il y a de en lui... c'est son cœur! c'esl sa tendresse pour sa iu< ignorante... inculte... et qu'il aime comme m elle jeune comme votre nièce, et savante comme lui n'y tiens plus, il faut que j'aille l'embrass Adieu, madame la marquise '.... Elle va, pour sortir.)

la MA RQ I ! BE, l'arrêtant <■■

Pas si vite ! pas >i vite' j«- ne vous laisse pas partir!

MADAME Gl

Je pars... il m'attend a Toulouse.

LA MARQUIS

Il u'est pas a Toulou

MADAME Gl

Vous savez où il i

l. \ MA lliir i -

oui:

MADAME fi]

Où, de

LA MARQUISE

Je vous le dirai à une condition.

MADAME GEORGES

Laquelle?

LA MARQUISE

Que vous resterez ici encore un quart d'heure.

MADAME GEORGES

Oh! vous ne serez pas assez cruelle...

LA MARQUISE

Mon Dieu, si!... C'est affreux... j'en conviens!... mais, ;ue voulez-vous? je suis égoïste... je veux vous présenter aa nièce.

MADAME GEORGES

Et vous me promettez qu'ensuite...

LA MARQUISE

Je vous promets que vous verrez votre fils plus tôt que i vous alliez à Toulouse.

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