‹ Avec préfaceChapitre 101 sur 196 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

Les Mêmes, MONVAL.

MON VAL, à la cantonade.

C'est bien! Dites à ces messieurs que je les attends ici.

TOUS

Monsieur de Monval î

MONVAL, allant à madame Delpierre.

Du courage, madame I

TOUS, allant à lui.

Qu'y a-t-il donc?

MONVAL

Une situation grave, (a Delpierre.) Et pour vous, monsieur, peut-être un réel danger.

DELPIERRE, relevant la tète.

Un danger? Je suis prêt à le braver.

FERNAND

Je suis prêt aussi.

MONVAL

Il est des sentiments publics qu'on ne brave pas; il y a aujourd'hui des noms qui, appliqués à un homme, sufli-

sent pour soulever la foule contre lui ; une accusation fatale, terrible, circule partout contre vous'. (Moutram un papier.) Et ce libelle, répandu contre vous dans toute la ville...

(Delpicrre s'avance pour prendre le papier. Fernand le saisit avant lui.) FER N AND.

Je veux tout savoir.

IH:LPIERRE, avec force.

Ne lis pas!

FERNAND

C'est mon droit aujourd'hui! et mon devoir. (Usant et avec un cri terrihie.) Oh ! infamie î... Sais-tu ce dont on t'accusel... Ils osent calomnier ta fortune!... Ils osent dire que tu as vendu M. de Harden!... Ils osent prononcer le mot de...

MON VAL, à Delpierre.

Croyez-moi, monsieur, éloignez-vous!

FKRNAND.

Partir! fuir devant une telle accusation! ce serait l'accepter! Qu'importe cette calomnie? La vérité a un accent irrésistible! Le seul visage d'un honn«He homme sufHt

pour le justifier! (A monsieur Delpierre.; Vieus! UIOU père!...

Et toi aussi, ma mère! tu ne refuseras pas de le suivre pour ot'la! Allons tous trois ensemble à ce Casino d'où l'on prétend te chasser, et quand on nous verra tous trois nous tenant par la main, et sommant les calomniateurs d'apporter leurs preuves, car il faut des preuves pour déshonorer un homme! allons!... (v son père qui lui refuse sa main.) Tu rcfuscs ! (A sa mère.) Et toi, ma mère... tu te retires... (Regardant autour de luj.) Et VOUS, mOUSiCUr Clavcl, VOUS

VOUS détournez... Et vous, monsieur de Monval... vous baissez la tète... Qu'y a-t-il donc? est-ce que ce libelle...?

(Avec des larmes. A sa mère.) Ma mèrC ! ma mèrc!... c'cst toi

que j'adjure! Dis-moi donc que c'est une calomnie... Tu

te tais ! (Madame Delpierre tombe en sanglotant dans ses- bras avec une

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