‹ Avec préfaceChapitre 170 sur 196 · Marthe, Paul, Suzanne · texte numérisé non relu

Marthe, Paul, Suzanne

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MARTIIK, à i-art.

Oh I elle a des manières d'aborder les questions...

SUZANNK.

H/»pondez sans dolonr. fttes-vous venu ici dans ce dessein ?

PAUL, après un moment de silence.

Oui, mademoiselle!

MARTHE, à part.

Hein ! Un homme sincère ? Je n'y suis plus !

SUZANNE

Merci de votre franchise, monsieur, et adieu 1

PAUL

Veuillez m'écouter, mademoiselle; je n'ai pas achevo et je désire que mademoiselle Marthe m'entende aussi. Vous avez sans doute oublié notre première entrevue, si prosaïque, si peu théâtrale; mais, moi, je ne l'oublierai jamais, car elle a décidé de ma vie. (a Marthe.) Je revenais de Courbevoie... ; à peine monté dans la voiture, je m'aperçus, à ma grande confusion, que je n'avais pas ma bourse. Déjà j'allais donner mon nom au conducteur, quand j'entendis à mon côté une petite voix très^ douce qui me disait : « Voulez-vous me permettre de payer pour vous, monsieur? »

MARTHE, à Suzanne.

C'était toi !

SUZANNE

Sans doute 1 Je voyais quelqu'un dans l'embarras, je lui offrais de lui venir en aide.

MARTHE

Il n'y a qu'elle au monde pour avoir des idées pareilles!

Vous dites bien, il n'y a qu'elle! Eh bien, le croiriezvous ? je ne compris pas. Nous autres jeunes gens, nous sommes si sottement vaniteux...

MARTHE

.1»' siii>> trop pulie pour vous contredire.

PAUL

Qu'au lieu devoir dans ces grands yeux limpides et sur ce candide visage tout ce qu'il y avait d'adorable ingénuité, et d'ainiahle pitié dans cette action, ma fatuité ne trouva pas trop invraisemblable une de ces conquêtes de premier regard que nous croyons volontiers faites pour nous, fringants traîneurs de sabre; et, quand je demandai... quand j'obtins de venir ici acquitter ma dette, je me présentai en irrésistible.

SUZAN.NK, --

Monsieur de Brignoles !...

Ne me reprochez pas de vous avoir ainsi calomniée, car mon erreur, à mesure qu'elle se dissipa... vint ajouter à ma tendresse tous les charmes de la surprise... Vous ne pouvez pas savoir l'effet que produisit sur moi ce mélange d'un esprit orné, d'une î\me sans fard, et de ce caractère gaiement énergique, qui est le propre des êtres qui font leur vie eux-mêmes. Alors, chère Suzanne, je vous aimai pour votre origine, je vous aimai pour vous avoir méconnue, je vous aimai parce que vous m'aviez sauvé.

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