SCÈNE IX LA COMTESSE, SUZANNE
LA COMTESSE
Elle!
J'ai entendu vos dernières paroles, madame : mais cette condition était inutile, vous n'aviez rien à craindre.
LA COMTESSE
Comment?
SUZANNE
Il y a deux orgueils, madame : l'orgueil des familles riches ou titrées, qui repoussent comme indigne d'elles l'alliance d'une jeune fille qui n'a pour elle que son honneur ; mais il y a aussi l'orgueil du pauvre, qui rejette à son tour la main qu'on lui tendrait par pitié ou en rougissant. Soyez donc sans crainte, madame; j'établirai une telle barrière entre votre fils et moi, que votre tendresse n'aura plus à s'alarmer pour lui.