‹ Avec préfaceChapitre 28 sur 196 · LA GO M 1 I >>K · texte numérisé non relu

LA GO M 1 I >>K

Eh ! mon Dieu I qui n'a pas été fonctionnaire sou» Tem pire?... Vous rappelez-vous ces compagnons du général Moreau qui allèrent rejoindre une frégate anglai '

MONTIUCUARD.

Sousprétexted'undéjeuner,d'uncpromenadeenradeî..

LA COMTESSE

OÙ je vous avais invilé... Ne vous fàchu/. j,.. ... \ wus voyez, comme je vous le disais, que nous avons déjà combattu l'un contre l'autre sur terre et sur mer... Aujourd'hui, nous voici de nouveau en présence, vous, cherchant toujours, moi, cachant encore, du moins à ce que vous croyez... Rien de changé à la situation, sinon que vous êtes aujourd'hui préfet de la royauté... Mais ce n'est là qu'un détail. Eh bien! baron, suivez mon raisonnement... ou M. de Flavigneul est ici, ou il n'y est pas!

MONTRTCll ARD.

Il y est, madame!

LA COMTESSE

A moins qu'il n'y soit pas.

MONTRICIIARD.

Il y est.

LA COMTESSE

Décidément?... Eh bieni vous savez comme je cache,

cherchez?... (EUe se lève.)

MONTRICIIARD. (Il se lève.)

Vous verrez comme je cherche... cachez!... Ah! madame la comtesse, vous me prenez pour le novice de 98, ou pour récolier de 1804. Mais j'étais jeune alors, je ne le suis plus !

LA COMTESSE

Hélas I... je le suis moins!

MONTRICIIARD.

L'ardent et crédule jeune homme est devenu homme.

LA COMTESSE

Et la jeune fille est devenue femme! Ah! monsieur le baron, vous venez m'attaquer... chez moi ! dans mon château! Pauvre préfet! quelle vie vous allez mener! Je ris d'avance de toutes les fausses alertes que je vais vous donner. Vous serez en plein sommeil?... Debout! le proscrit vient d'être aperçu dans une mansarde. Vous serez assis devant une bonne table, car vous êtes fort gourmet, je me le rappelle?... A cheval! M. de Flavigneul est dans la forêt î... Allons, parcourez le château, fouillez, interrogez... et surtout de la défiance! défiez-vous de mes larmes! défiez-vous de mon sourire!... quand je parais joyeuse, pensez que je suis inquiète... à moins que je ne prévoie cette prévoyance^ et que je ne veuille la déconcerter par un double calcul... Ah ! ah! ah!

HENRI, à part.

Parle ciel, cette femme est ravissante!

LA COMTESSE, à Henri.

Servez des rafraîchissements à monsieur le baron... Prenez... prenez des forces, baron... vous en aurez be-

soin... (Voyant qu'Henri rit encore et n'apporte rien.) Eh bien! qUG

faites-vous là avec vos bras pendants et votre mine hôtement réjouie?... Servez donc... Adieu! baron... ou plutôt

au revoir'.... (a Montrichard en s'en allam.) Car si VOUS (loVez

rester ici jusqu'à capture faite... vous voilà chez moi en semestre... (Lui faisant la révérence.) cc dont JB mc fëlicito de tout mon cœur... Adieu! baron, adieu! i EUe «ort par i» porte

du fond.)

S ci: m: i \

HENRI, MONTRICIIARD.

MONTRICHARD, ae promenant pendant qu'Ueorl le suit en tenant un plateau do rafraîchissements.

Démon de femme! voilà le doute qui commence à me prendre... on m'a trompé peut-6ti*e... M. de Flavigncul n'est pas ici.

m: MU, Iti ^uauul.

Monsieur le baron désire-t-il?...

MOXTRICUARD, se promenant toujour».

Tout à l'heure!... S'il y était... la comtesse aurail-elic ce ton insultant et railleur?

HENRI, lui offrant toujours à boiro.

Monsieur le baron...

MONTRICHARD

Tout à l'heure, vous dis-je!... (a lui-môme.) Mais s*il n'y est pas... mon expédition va me couvrir de ridicule... sans compter que le crédit de la comtesse est considérable et qu'elle peut me perdre... Si je repartais?... oui, mais s'il est ici? Si une heure après mon départ la comtessse fait passer la frontière à M. de Flavigncul, me voilà perdu de réputation... Ah! j'en ai la tête tout en feu ;

HENRI

Si monsieur le baron voulait des rafraîchissements ?

MONTRICllARD.

Va-t'en au diable !

UENRI.

Oui, monsieur le baron.

MONTRICllARD, se ravisant tout à coup.

Attends... Quelle idée !... ouil (A Henri.) Venez ici et regardez-moi ! (Il boit un verre de vin de Malaga, tout en y trempant un biscuit. Puis, après avoir examiné Henri : ) VoUS ne me SCmblCZ

pas aussi niais que vous voulez le paraître...

HENRI

Monsieur le baron est bien bon !

MONTRICHARD

L'œil vif, l'air fin...

HENRI, à part.

OÙ veut-il en venir?

MONTRICHARD, après un moment de silence.

Votre maîtresse vous a bien maltraité tout à l'heure.

Oui, monsieur le baron.

MONTRICHARD

Est-ce qu'elle vous soumet souvent à ce régime-là?

HENRI

Tous les jours, monsieur le baron.

MONTRICHARD

Et combien vous donne-t-elle de surcroît de gages pour ce supplément de mauvaise humeur?

HENRI

Rien du tout, monsieur le baron.

MONTRICHARD

Ainsi, malmené et mal payé? (Changeant de ton.) Mon garçon, veux-tu gagner vingt-cinq louis?

68 rOMKl^

Moi, monsieur le baron, comment?

MONTRICUARU.

Le VOicil... (Mysténeuscment.) M. U.UU ^" ri.iSiu.HMil .LmI

être caché dans ce château.

IIKNRI.

Ahî

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