‹ Avec préfaceChapitre 27 sur 196 · SCENE VllI · texte numérisé non relu

SCENE VllI

LA COMTESSE, HENRI, se tenant au fond àr écart, MONTRICHARD.

LA COMTESSE, allant vivement à Montrichard.

Ah!... monsieur le baron... que je suis heureuse de vous voir!...

Je venais d'abord^ madame, vous adresser mes remerciements...

LA COMTESSE

Pour votre préfecture? eh bien! je les mérite; vous aviez un adversaire redoutable... mais j'ai tant cabale... tant intrigué... car vous m'avez fait faire des choses dont je rougis... que j'ai fini par l'emporter...

MO.N TUlùllAUI».

Que de grâces à vous rendre, madame!... Et qui donc a pu me valoir un si honorable patronage?

LA COMTESSE

Votre mérite, d abord! oh! je vous connais do pii. longue date que vous ne le croyez... nous avons fait la guerre l'un contre l'autre, en Vendée...

MONTRICIIARD.

Et vous m'avez protégé, quoique ennemi?

LA COMTES^i.

Mieux encore... à titre d'ennemi... Je vous conlorai cela un de ces jours... car vous me restez... Charles... (Henri ne répond pas.) Charles... déUvrez M. le baron de son

chapeau... Mouvement du baron.) Oh ! je le Veuxl... (A Henri.)

Charles... allez chercher des rafraîchissements pour monsieur le baron... (Henri tort «n riant.)

MOIITRICUARD.

Vous me comblez...

LA COMTESSE

Oui... je veux vous rendre la reconnaissance très difficile!

MONTRICliAIil».

Vraiment, madame !... Eh bien! jugez de ma joie, je crois que je viens de trouver le moyen de m'acquitter

vis-à-vis de vous!

LA COMTESSE

Vous commencez déjà... (Mouvement de surprise du bai

en me donnant lo plaisir de vous recevoir.

MONTRICHARD

Je ferai mieux encore... Je viens vous offrir à vous, madame, qui êtes si dévouée à la bonne cause, l'occasion de rendre un signalé service à Sa Majesté!

LA COMTESSE

Donnez-moi la main, baron; voilà le mot d'un vrai royaliste! et ce service, c'est...

MONTRICIIARD.

De faire arrêter le chef de la grande conspiration bonapartiste....

LA COMTESSE

Bravo!... Ce chef est donc un homme important., connu...

Connu?... oui! du moins de vous, à ce que je crois, madame la comtesse.

LA COMTESSE, riant.

De moi!... je connais un conspirateur!... Ah! le nom de ce traître, qui m'a trompée?...

MONTRICHARD

M. Henri de Flavigneul!...

LA COMTESSE, avec bonhomie,

M. de Flavigneul!... ce tout jeune homme, qui a l'air si doux... oh! je n'aurais jamais cru cela de lui!... je l'ai vu en effet quelquefois chez sa mère... mais c'en est fait! (Riant.) je dis comme le farouche Horace: U est bonapartiste, je ne le connais plus ! Je crois que je fais le vers un peu long, mais Corneille me le pardonnera... Ahl çà, mais où est-il ce M. de Flavigneul?

H se cache.

Il se cache !

Dans un château Voisin?

MONTRICHARD

LA COMTESSE

MONTRICHARD

LA COMTESSE

MONTRICUARD.

Très voisin...

LA COMTESSE

OÙ vous allez le surprendre...

MONTRICUARD.

Voilà le (liflicilo!... ot il me faudrait voire aide pour

cela, madame...

LA COMTESSE

Mon aidel...

MONTRICUARD.

Oui! Imaginez-vous que ce château appartient à une femme du plus haut rang, du plus pur royalisme... un. femme d'esprit, de cœur, et de plus, ma hienfaitric»'..

LA COMTESSE, ironiquement.

Comme moi?...

MONTRICUARD.

Précisément... Vous concevez mon embarras... pour ui dire d'abord, que je la soupçonne, puis, que je vienfaire chez elle une invasion domiciliaire... et, ma foi. madame, je vous l'avouerai... j'ai compté sur vous poui

la prévenir.

LA COMTESSE, éclatai

Ah! la bonne folie!... Ain.^i loyez que moi!.

je recèle un conspirateur... .

MONTRICUARD.

Hélas!... je ne le crois pas; j*en suis sûr!

LA COMTESSE

Et c'est pour cela que vous avez amené tout cet attirail de dragons? que vous avez déployé ce luxe de gendarmerie?

Mon Dieu, oui ! et je ne m'éloignerai qu'après avoir arrêté l'ennemi du roi... Il faut bien que je vous prouv<

ma reconnaissance, comtesse...

LA COMTESSE, changeant de ton.

Eh bien... moi, monsieur le baron, je vous prouverai comment une femme offensée se venge!

MONTRICUARD.

Vous venger...

LA COMTESSE

D'un procédé inqualifiable... d'une sanglante injure pour une fervente royaliste comme moi... (Allant au canapé.) Veuillez vous asseoir, baron... asseyez-vous... et écoutezmoi!...

HENRI, se rapprochant pour écouter, et à part.

Qu'est-ce qu'elle va lui dire ?

LA COMTESSE, à Henri.

Qu'est-ce que vous faites là?... vous écoutez, je crois... achevez donc votre service ! (a Montrichard.) Vous rappelezvous, monsieur le baron, qu'il y a, hélas!... dix-huit ans, un jeune magistrat, plein de talent et de zèle, fut envoyé au château de Kermadio, pour y arrêter trois chefs vendéens?...

MONTRICUARD.

Si je me le rappelle, madame? Ce magistrat, c'était moi !

LA COMTESSE, avec moquerie.

Vous!... vous étiez alors procureur de la république, ce me semble...

MONTRICUARD.

Vous croyez ?.

J'en suis sûre.

C'est possible.

LA COMTESSE

MONTRICUARD.

LA COMTESSE

Or donc, puisque c'était vous, monsieur le baron, vous souvenez-vous qu'une petite fille de treize ou quatorze

ans?...

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Fit évader les trois chefs vendéens à ma barbe, et ave(

une adresse...

LA COMTESSE

Épargnez ma modestie, monsieur le baron ; celle petite fille, c'était moil

MONTHICUARD.

Vous?... Madamo?...

\ MTESSB.

Douze ans après, en Normandie... où vous étiez, je

crois, fonctionnaire sous l'empire. ..

M 0 N T R I C II A R n . av^r «-mbarra».

Madame!...

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