II E NUL
Qu'exigez-vous ?
LA COMTESSE
La seule chose que j'aie désirée, rêvée, poursuivie... votre bonheur !
HENRI
Ciel !
LA COMTESSE, elle fait signe à Léonie de s'approcher : elle lui prend la main, et la met dans celle de Henri.
Henri... voici celle qu'il faut choisir.
HENRI
Ah! mon amie... mon amie!
LÉONIE
Ah ! j'étais bien sûre que je vous le devrais! (inie se jette
à ses genoux.)
DE G RI G NON, rentrant vivement par la porte à gauche.
Eh bien! qu'est-ce que vous faites donc là? voici M. de Montrichard !
TOUS
M. de Montrichard!
LÉONIE, à Henri.
Oh î rentrez ! rentrez !
DE GRIGNON
Il monte par cet escalier... le voici!
LÉONIE, h paît Il n'est plus temps ! (Henri, .jul est près du oanapc A droite, s'y assoit vivement ; les deux femmes se tieaoeat debout devant lui, cherchaD^i à le cacher par leurs jupes.)
Lbs Prkcédem , M l'i: .MoNTKICIIARD. MONTRICHARD, enirant par la porU à gauch-
Je viens vous faire mes adieux, madame la comtesse...
LKONIK, avec joie.
Ah!
MONTHICH.\RI).
Mais, avant de partir, je tiens à vous prouver que je ne me vantais pas en disant que cette dépêche pouvait ramener en mon pouvoir M. de Flavigneul.
LKOME, iâ part.
Je tremble !
LA COMTESSE, à part.
Que veut-il dire?
MONTRICHARD
Cette dépôche est l'ordonnance que je sollicitais depuis si longtemps, l'ordonnance d'amnistie...
TOUS, poussant un cri de joie.
L'amnistie !
LA COMTESSE et LÉOME, sécartant du canapé où est aasis Henri
11 peut donc se montrer...
HENRI, se levant.
Ah! monsieur!
MONTRICHARD, avec un air de triomphe.
Ah! j'étais bien sûr que je le ferais reparaître.
LÉONIE
Ciel!
DE GRIGNON
C'était un piège ; et nous y avons donné... (Tous restent
immobiles de terreur. M. de Montrichard s'avance au bord du théâtre et sourit avec un air de satisfaction. La comtesse s'approche doucement de lui, le regarde, saisit ce sourire et fait un geste de joie qu'elle réprime aussitôt.) MONTRICHARD.
Monsieur Henri de Flavigneul... au nom du roi et de la loi, je vous déclare...
LA COMTESSE, s'avançant et riant.
Je vous déclare libre et gracié...
TOUS
Comment?
LA COMTESSE, gaiement.
Eh! sans doute! ne voyez-vous pas que M. de Montrichard veut prendre sa revanche, et qu'il joue là une scène de terreur à mon usage...
LÉONIE
Il serait vrai !
LA COMTESSE, prenant le papier des mains de Montrichard.
Tenez! lisez!... Ordonnance d'amnistie...
MONTRICHARD
Maudite femme! On ne peut pas plus la tromper en bien qu'en mal !
LÉONIE, à la comtesse.
Et maintenant, tous trois réunis...
LA COMTESSE
Oui, ma fille!... mais plus tard... car aujourd'hui je dois partir.
LÉONIE
Partir !
DE GRIGNON
Vous partez?... eh bien, je pars aussi! Oh! vous avez beau dire! je pars, c'est fini! je vous suis! Rien ne m'ar-
i2Q COMKDIES ET DRAMES.
iV'tc! je vous suis jusqu'au bout du moii<l i imn
faisant, j'accomplirai (I»'vanl vous de si l)ellc'> i In)>o>, que vous finirez par vous dire : Voilà uu pauvre garçon «loni j'ai fait un héros... faisons-en un homme heureux