CLAVEL, FERNAND
CLAVEL
Oui, je t'aime! je t'aime 1 et vous ne faites pas attention si vos paroles l'aflligent.
FEHNAND.
L'affliger, moil
iA.W KL.
Qu'est-ce que c'est que cette vilaine phrase que vous venez de dire : « Je ne suis pas en ce monde pour être
heureux? »
Ne parlons pas de cela, je vous en prie.
(TAVIM..
Si, parlons-en!
I EHNAM».
Pas aiijourdliui... vous allez me gàttT mon l);il.
CLAVEL
Au contraire... vous danserez avec plus de plaisir quand vous aurez soulagé vofro rœiir cf qno jo vous aurai bien grondé.
FEHNANn.
Il ne laut pas me juger comme les aulit>; jai une position si fausse!... Cela fausse môme le cœur... On ne sait plus ce qu'on veut, ce qu'on sent. Ah! souvent je suis bien triste, allez...
CLAVEL
Comment cela ?
FEHNA.ND.
Aimer ses parents, c'est pour tous les fils le plus sim-
pic, le plus doux clos sentiments, c'est une joie ronformée dans un devoir. Pour moi, c'est une douleur, car je suis partagé entre mon père et ma mère.
CLAVEL
Partagé !
Je pourrais dire déchiré!... Savez-vous quand et comment je vois mon père?... Une heure par mois...
CLAVEL
Qui vous empêche de le voir plus souvent?
FERNAND
Ma mère! Mon Dieu, je ne l'accuse pas ! Après ce qui s'est passé il y a sept ans!...
CLAVEL
Que s'est-il donc passé?
FERNAND
Après ce qu'il a fait!
CLAVEL
Qu'a-t-il donc fait?
FERNAND, à voix basse.
Il m'a volé à elle.
CLAVEL
Volé !
FERNAND
Oui; on me conduisait chez lui deux fois par semaine. Dès que j'arrivais, c'étaient des transports de joie et de tendresse dont une mère seule semble capable, mais chaque fois aussi, mon départ le jetait dans de véritables accès de rage!... Se voir mesurer ma présence, être forcé de compter ses embrassements; ne me voir arriver que pour me voir repartir, lui était insupportable. Et un jour, dans un moment de désespoir et de folie, il m'enleva!
Où vous emmena-t-il?
166 COMKDIES K Mis.
tKKN AM».
En Italie, on Allemagne, changeant de nom pour mieux nous cacher; et cette fuite dura quatre ans.