‹ Avec préfaceChapitre 92 sur 196 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

DELPIERRE, MADAMi: DKLPIERRE, FERNAND.

FERNAND

Mon père, je ne peux plus rester dans l'état où jesuis!... Bepuis que je me connais, votre séparation a été pour moiunedouleur, mais depuis ce malin, c'est une torture!., plus qu'une torture!... un sujet de honte et de remords! il y a un instant, j'ai failli accuser ma mère.

MADAME DELPIERRE.

Oui! m'accuser! Eh bien! monsieur, je viens vous adjurer et, au besoin, je vous ordonne de déclarer tout haut devant mon fils que j'ai droit au respect de tout le monde, surtout au vôtre !

DELPIERRE, après un court silence.

C'est vrai I

FER N AND, avec énergie.

Eh bien donc! alors, pourquoi ôtes-vous séparés? Pourquoi restez-vous séparés? Il y a entre vous un mystère insupportable pour moi... Vingt fois j'ai supplié chacun de vous de me répondre... Toujours vous avez refusé! Mais puisque enfin, aujourd'hui... vous voilà tous deux réunis devant moi, je ne vous quitterai pas que je ne vous aie arraché ce secret!

MADAME DELPIERRE.

Fernand!...

FERNAND

Oh ! je sais bien que le langage que je tiens et le rôle que je prends sontle renversement de toutes les lois naturelles; mais est-ce que nous ne sommes pas en dehors de tout ce qui est naturel et sacré! Non! non! cela ne peut pas durer ainsi. Il faut que vous parliez!... si l'un de vous est coupable, je veux le savoir pour pleurer avec lui, pour le plaindre, pour le justifier auprès de l'autre!... oui, quand je saurai à qui est la faute, je prierai tant l'innocent de pardonner, je le lui demanderai si ardemment, qu'il ne pourra pas me repousser, qu'il resserrera le lien rompu, qu'il me refera un foyer, car je n'en ai plus!... j'ai un père et une mère, et je suis orphelin!

MADAME DELPIERRE.

Oh^ je ne peux plus y résister! Laisse-moi avec ton père.

FERNAND

Ciel! se peut-il?

MADAME DELPIERRE.

Va! va!...

FERNAND

Pardonnez-vous ! . . . Pardonnez-vous î . . . Pardonnez-vous !

(Il sort.)

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