IV
Quelque soit le sort que l'aven!: nous réserve, que no''s demeurions sous la patte du fauve britannique ou que nous passions sous la serre de l'aigle américain, il est une vérité qui jaillissant de tout ce qui précède ne fait point de doute pour personne ; nous devons nous conserver canadiens-français, nous développer dans le sens Canadien-français. C’est en cultivant les qualités morales, intellectuelles et artistiques qui nous sont propres, que nous mériterons le respect de tous et que nous finirons par régner sur ce monde si jeune et déjà
re
si vieux. Restons canadiens-français ! tel doit être notre cri de combat et de ralliement, Qu'il brille sur la facade de nos édifices publiques, sur la cime de nos monts, sur la crête de nos flots ; gravons-le dans nos cœurs surtout. Que tous, poètes, orateurs, romanciers, dramau:rges, peintres et sculpteurs consacrent leurs talents à ressusciter notre passé, à nous révéler notre nature incomparable et notre âme elle. même !
N'oublions pas que chaque race f reçu une somme de qualités à faire fructifier, en rapport avec sa destinée terrestre et ultime. Travaillons à nous tenir toujours prêts à répondre à l'appel des circonstances, de façon à ne pas manquer notre heure providentielle, ce qui serait un mal irréparable, car elle ne sonne qu’une fois dans la vie des nations.
Groupons-nous donc autour de cette idée féconde, tendons de suite une main vraiment fraternelle à nos fréres de lu grande République voisine et marchant côte à côte, dans l'oubli des huines d'. passé, sous le regard de nos morts illustres, sous celui de l'univers attentif, volons à la conquête de nos destinées qui certes seront dignes de notre double caractère de chrétien et de français.
Pour le salut de notre race, pour la Nouvelle-France future, obéissons à nos fondateurs et à nos martyrs qui du fond de leurs sépulcres oubliés nous crient : En avant !