‹ Avenir Éloigné de la Tuberculose PulmonaireChapitre 62 sur 119 · NÉCESSITÉ D'ÉTENDRE LA PRATIQUE DU PNEUMOTHORAX ARTIFICIEL · texte numérisé non relu

NÉCESSITÉ D'ÉTENDRE LA PRATIQUE DU PNEUMOTHORAX ARTIFICIEL

Sous ce titre, notre intention n'est pas de revenir sur des questions déjà traitées. Au cours de la seconde partie, en eflet, nous pensons avoir suflisamment montré, après bien d'autres auteurs, tout l'intérêt qu'il y a aujourd'hui à faire plus large part à la méthode de Forlanini dans la lutte antiberculeuse.

Le but des pages qui suivent est simplement de rappeler les raisons économiques de cette idée, tout en mettant en relief quelques-uns des moyens qui peuvent rendre plus aisée la pratique du pneumothorax, et en faciliter l'extension.

Les données de la statistique nous ont permis d'écrire que, dans la tuberculose chronique commune, le nombre d'années de survie se montre proportionnel à la durée plus où moins longue de mise au repos et, qu'en général, le temps de cure des bacillaires avérés devrait être au moins égal à douze mois, souvent même atteindre dix-huit mois ou deux ans. Soutenir pareille assertion n'est certes pas apporter une solution au problème économique de la tuberculose! 2%,

Qu'on en admette le principe pour la clientèle riche! — Nulle difficulté. 11 n’en va plus de même dès qu'il s’agit de malades des classes populaires ou indigentes.

Pour eux, la durée de mise au repos est généralement trop courte; la reprise presque immédiate du travail les guette dès la sortie du sanatorium, La rechute est au bout, très fréquemment, et les bons effets, d’abord obtenus au sanatorium, se trouvent ainsi sans lendemain, quoique ayant déjà coûté fort cher à l'État, aux communes, Où aux Œuvres d'initiative privée.

Doit-on incriminer la pénurie des établissements de cure ou de placèment et, de toute façon, l'insuffisance des crédits qui permettraient de prolonger les traitements autant qu'il le faudrait?

Sans même allendre ces crédits ou ces places, on peut déjà agir ulilement pour un certain nombre de malades, à condition de saisir où de ne pas laisser passer, en tardant trop, les chances qui peuvent s'offrir : nous voulons parler de l'unilatéralité des lésions pulmonaires, permettant la colapsothérapie,

MM. Rist et Hirschberg, dans leur article sur l'aspect économique et social du traitement de la tuberculose pulmonaire par le pneumothorax artificiel, ont fourni des chiffres amplement éloquents pour que nous n’ayons rien à ajouter à cette question !, Nous nous contenterons de répéter que, par ce moyen (le collapsus pulmonaire pratiqué à temps) on peut, dans bien des cas, provoquer rapidement l’un des premiers signes importants de la guérison clinique : la disparition des expectoralions bacillifères ;

écourter, sans risque de contamination pour l'entourage, l'hos-

pitalisation ou le séjour au sanatorium; rendre plus tôt au travail des individus qui, sans cela, resteraient longtemps encore à la charge de la collectivité.

Les intéressés auront LôL fait de comprendre tous ces avantages, quand on aura pris soin de les mettre clairement au courant de la situation où ils se trouvent, du fait de la maladie,

Mais existe-t-il en France des centres convenablement outillés et suffisamment nombreux où puissent, en toute garantie, se poser les indications fermes du traitement et se créer, sans retard, les pneumothorax”?

Si le nombre des pneumothorax augmente, existe-t-il, dans toutes les régions, des centres de réinsufflation qui permettent aux malades de se faire suivre, sans être contraints, pour cela, à des déplacements longs et onéreux?

Nous hésitons à répondre aux deux questions qui viennent d’être résumées.…... a “A en juger par les difficultés que rencontrent si souvent les malades porteurs de pneumothorax, on peut, sans exagération, affirmer que toute une organisation serait à entreprendre dans ce sens. Fe TE

I faut se dire, d’autre part, qu’en province, dans bien des

1. Voir également les éonclusions de M. Edgard Eber : Les indications prophylactiques, économiques et sociales du pneumothorax artificiel dans le traitement de la tuberculose pulmonaire.

\ La tuberculose pulmonaire, = 8

villes, comme à Paris d’ailleurs, dans quelques hôpitaux, s'il existe, par nécessité, des salles réservées aux tuberculeux, elles ont, avant tout, pour but de réaliser l'isolement des malades. Les soins qui y sont donnés se bornent au repos et à quelques médicaments. Aujourd’hui, ne pourrait-on déjà sur ce point, exiger davantage?

La plupart des malades ainsiisolés comptent, sans doute, parmi les incurables! Mais, en les suivañt de plus près, est-on bien sûr qu'il n’en est pas un certain nombre qui pourraient bénéficier encore d'interventions utiles?

Du moment qu’à un endroit quelconque se trouve un groupe de tuberculeux pulmonaires, on est en droit de supposer que le pneumothorax peut avoir, un jour ou l’autre, à jouer un rôle. Tout hôpital ou établissement qui reçoit des bacillaires devrait avoir, nécessairement, une installation de rayons X, un appareil à insufflation, et compter, parmi ses médecins, quelqu'un qui soit familiarisé avec la pratique de la collapsothérapie.

* Voilà qui constituerait déjà quelques centres supplémentaires, où les malades qui y auraient été traités, pourraient ultérieurement se faire réinsuffler.

Nous croyons que, là, ne doivent pas s'arrêter les efforts.

Les sujets porteurs de pneumothorax sont encore trop souvent les esclaves de la piqûre d’entretien. Cette piqûre n’est rien, ne se répète pour beaucoup que tous les quinze jours, vingt jours ou plus, mais n’en nécessite pas moins un médecin Compétent et disposant d’une bonne installation.

Qui n’a pas le souvenir des démarches difficiles qu'il faut faire parfois pour assurer à tel ou tel malade qui change de résidence, la continuation du traitement? Nous connaissons actuellement des pensionnaires de sanatorium qui hésitent à rentrer chez eux, en province, sachant qu'il leur faudra faire un véritable voyage pour trouver un centre de réinsufflation.

La solution ne paraît pourtant pas hors de portée, si l’on veut bien, une fois pour toutes, aller de l'avant, parer au plus urgent, par un simple geste d'adaptation:

Bon nombre de tuberculeux placés dans les services hospitaliers, les sanatoriums populaires ou publics, le sont après visite au dispensaire. À la sortie de l'hôpital ou de l'établissement de

cure, ces malades retournent au dispensaire qui devient, en quelque sorte, leur port d'attache. Si, entre temps, il a fallu pour quelques-uns recourir au pneumothorax artificiel, €’est encore au dispensaire que doit revenir, logiquement, la charge d'assurer les soins ultérieurs d'entretien 1,

Le dispensaire ne doit pas faire de thérapeutique, mais il doit faire celle-là. Ce serait enlever toute souplesse aux formules que de ne pas accepter et faire accepter cette exception, qui réalise vérilablement un cas de force majeure.

En principe (si ce n'était beaucoup demander pour un début!}, tout dispensaire devrait être à même de pouvoir continuer les insufflations de ses consultants respectifs.

Un des derniers rapports statistiques du Comité national de défense contre la Tuberculose, accusait le chiffre de 530 dispensaires, fonctionnant sur le territoire français, à la date du 31 décembre 1924. Ne serait-il pas à souhaiter que, déjà, sur ce nombre, "ceux qui possèdent un poste radiologique, fussent dotés d’un-lit étroit, ou d'une table pour faire étendre les malades, d’un appareil à insufflation, d’une étuve Poupinel, d’un aspirateur de Potain?…

A ceci, peut se borner tout l'outillage d’un centre dit de réinsufflation, et les dépenses qu'il y a liéu de prévoir pour cela n'atteignent pas 2 000 francs.

I nous a été donné d’organiser à Paris, dans le XIIIe arrondissement, un poste de ce genre et d’en assurer, depuis plus de deux ans, le fonctionnement, un après-midi par semaine. Il n’en est jamais résulté la moindre complication dans la marche habituelle du dispensaire, et nous serions bien en peine, s’il nous fallait trouver la plus petite raison qui dût faire reculer devant la mise en train de telles organisations.

Quant aux médecins qui ne seraient pas parfaitement au courant de la méthode, on voudra bien admettre qu’un stage suffisant dans un service spécialisé, hôpital ou sanatorium, peut résoudre la difficulté. |

Sans rejeter, pour Favenir, toute idée sn initiale pratiquée, dans certains cas, au dispensaire même (l'essai a déjà été tenté avec succès), il y a lieu de retenir que le but à

1. Cette question a déjà fait l’objet d’une intéressante communication faite, le

20 avril 1925, à la Société des médecins de sanatoriums et de dispensaires, par notre

collègue et ami, M. Edgard Eber, à l’appui de chiffres statistiques émanant du dis-pensaire Léon Bourgeois (service de M. Rist).

atteindre, d'abord, est de donner aux bénéficiaires des lois et services d’Assistance, porteurs de pneumothorax, toute facilité pour que leur traitement soit poursuivi dans d’excellentes conditions, el en n'importe quelle région.

L'application de la collapsothérapie se trouvera, aussi, grandement simplifiée si, en dernier ressort, on s'efforce de rendre encore plus étroite la liaison qui doit exister, entre les médecins des divers organismes de défense contre la tuberculose (dispensaires, hôpitaux, établissements de cure). La façon d'entretenir ou, Senblerent, de suivre un pneumothorax variant essentiellement pour chaque sujet, on devine toute l’importance qu'il y a;

pour le médecin qui « prend une succession », à être fixé, de

manière précise, sur les soins antérieurs !,

Dans ce but, nous nous servons, depuis un an, de deux schémastampons que nous avons fait établir pour résumer, avec le minimum de complications et de temps, l’état actuel des pneumothorax qui quittent la sanatorium.

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