‹ Avenir Éloigné de la Tuberculose PulmonaireChapitre 8 sur 119 · LÀ · texte numérisé non relu

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des cas, surtout au bout de dix, quinze ou vingt ans, il nous eût fallu retrouver les médecins eux-mêmes. Nous reproduisons ci-après un modèle du questionnaire.

Prière à M. Sorti de Bligny en de bien vouloir remplir le questionnaire ci-dessous el le retourner à

A votre sortie, êtes-vous encore resté au repos? Où?

Combien de temps?

Depuis que vous avez quilté Bligny :

1° Vos occupations ont-elles été à la ville, à la campagne, sédentaires ou non?

2° Ces occupations comportent-elles des périodes’ de repos? De quelle durée?

3° Travaillez-vous avec ou sans fatigue? Combien d’heures par jour?

49 Avez-vous fait d’autres séjours de cure? Où? Quand? De quelles durées?

59Avez-vous eu d’autres périodes d'arrêt, longues ou courtes? Pour quelles causes (maladies ou accidents)? A quelles dates? De quelles durées?

6° Toussez-vous? Quand? ER

Crachez-vous? ) Par jour, quelle quantité?

L'usage du tabac paraît-il en être la cause?

7° Depuis votre sortie, avez-vous eu l’occasion de faire analyser vos expectorations? Si oui, à quelles dates différentes? Quel en a été le résultat?

8° Avez-vous eu des crachements de sang? A quelle date? Étaient-ils importants?

90 Êtes-vous marié?

10° Avez-vous eu des enfants? En avez-vous perdu? Si oui, de quoi?

119 Avez-vous quelques remarques particulières à faire sur votre état de santé?

Signature :

Adresse actuelle :

Date :

P. S. — Si ce n’est déjà fait, croyez que l’ AMICALE DES ANCIENS DE BLIGNY SERAIT HEUREUSE DE VOUS COMPTER PARMI SES MEMBRES.

Avez-vous des renseignements concernant d’autres anciens de Bligny?

369 questionnaires de ce genre furent envoyés. Nous en possédons 99 entièrement remplis, parfois jusqu'à constituer plusieurs pages d’un livre.

Nous avons rencontré, de la part de tous les anciens, la plus grande complaisance. Plusieurs en profitèrent pour envoyer immédiatement leur cotisation à l’Amicale, parfois même en y joignant l’arriéré. Dans un seul cas, l’intéressé répondit en nous priant de l'oublier et retourna le questionnaire sur lequel était tracé de sa main: Décédé. Faut-il ajouter que nous nous sommes cru autorisé à le classer au nombre des survivants...

Quant aux lettres adressées aux mairies, nous les envoyions soit aux lieux mêmes de naissance, soit dans les communes où avaient été domiciliés les malades. Elles ne

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pouvaient consister d’ailleurs qu'à demander un avis de décès ou de changement d'adresse. Ceci explique pourquoi, dans bien des cas, comme il nous était difficile de donner des précisions médicales, nous ne recûmes que peu de détails sur les causes de décès.

Nous totalisons 297 démarches auprès des secrétaires de mairie. Il en est bien peu qui ne nous aient pas renseigné ou mis sur les traces des malades que nous cherchions. Quelques rares secrétaires parurent, malgré plusieurs tentatives, négliger nos demandes. Un mot, mettant le Maire directement au courant, suffit alors pour provoquer la réponse.

Nous eûmes recours aux familles vingt fois. À huit reprises les réponses nous vinrent des hôpitaux. Trente-six démarches furent faites, soit auprès d'anciens patrons, soit auprès des personnes qui avaient autrefois assuré les frais de séjour au sanatorium. Quatorze fois les renseignements furent demandés directement aux préfectures de police. Dans un cas nous eûmes beaucoup de peine à faire entendre nos raisons, qui furent trouvées « suspectes.... »

À part quelques exceptions, les anciens malades qui, à l’époque de leur passage à Bligny, habitaient les départements, n’exigèrent pas de recherches trop compliquées. Les mairies des villages ou villes de province purent nous dire, la plupart du temps, ce qu'ils étaient devenus, soit au moyen des listes d’électeurs, avis de changement de domiciles ou déclarations de décès. j

Il n’en allait malheureusement pas de même pour ceux qui se trouvaient dispersés dans Paris. Les-lettres, adressées au nombre de 169, revinrent en majorité, avec la mention Inconnu ou Parti sans adresse. Le plus difficile restait pour la fin; encore avions-nous l’avantage d’être à proximité de la capitale.

Ici se place la série des grands moyens qui nous conduisirent, après avoir écrit, par listes, aux mairies des différents arrondissements, jusqu'aux commissariats de police, à l'Hôtel de Ville (bureau des élections), et, enfin aux Archives de la Seine, sur l'indication fournie par la Préfecture.

Il fut possible d'obtenir encore diverses précisions, trente fois en écrivant aux concierges (Nos lettres étaient

adressées à M. le Gérant d’immeuble!), trois fois en allant au domicile même, après l'envoi, sans retour, de plusieurs lettres, timbre inclus.

Nous arrivions, en fin de compte, au chiffre de 67 introuvables, après 1104 enquêtes, c’est-à-dire un peu moins de deux démarches par sujet perdu de vue. Les introuvables représentent, à eux seuls, plus de deux cents de ces démarches. Il en est pour lesquels il fallut faire de six à huit tentatives, sans obtenir de résultat.

Enfin, voici encore quelques chiffres qui confirment ce que l’on peut attendre des grandes agglomérations : parmi les 67 introuvables, 9 habitaient les départements (petites villes ou villages), 2 la grande ville de province, 1 était étranger.

Il en reste 55 pour Paris.

Muni de ces renseignements, nous ne nous trouvions, après plusieurs mois de recherches, qu’au commencement de notre travail.

Réunir un certain nombre d'observations, s’enquérir de ce qu'elles représentent comme résultats éloignés, puis établir, après un laps de temps déterminé, quelques rigides pourcentages, ne doit pas être, semble-t-il, le but unique de ce qu’on a coutume d’appeler la statistique.

Puisqu'il s’agit étymologiquement de constater, il apparaît que la constatation serait bien « maigre », si elle se bornait à cette simple énumération de chiffres, envisagés sous un seul angle et sans autre rapport avec le temps que celui qu’on lui fixe par avance.

C’est probablement l’abus de ce procédé brutal qui, aux yeux de beaucoup, discrédite la méthode dans ses applications à la médecine. À ne l’employer, en médecine, que comme il est normal de la faire lorsqu'on s'occupe de population, de recensement, de recrutement, d'impôt, etc. nous n’aurions plus actuellement qu'à tirer quelques conclusions des renseignements peu encombrants fournis par la statistique globale. Ainsi la première de ces conclu-

sions pourrait-elle se ramener à cette affirmation que nous livrons, de suite, comme exemple :

Tout individu ayant, à un moment donné de sa vie, craché des bacilles tuberculeux a environ une chance sur six de survivre, dans les dix ou vingt ans qui suivent.

Voilà où la constatation serait maigre et justifierait le reproche, si souvent fait, d'aboutir de la sorte à des formules numériques trop générales pour répondre aux questions complexes et multiples d’un problème.

Nous croyons qu’on est en droit d'attendre mieux de la statistique. Il est peut-être possible, en effet, de ne pas la priver de toute valeur d'observation, pour peu qu'on lui rende ce qu’elle paraît exiger pour cela : l’étude rapprochée des différents facteurs qui interviennent, en médecine, pour une seule maladie et font varier le résultat des chiffres, en fonction même du temps.

C’est ce que nous avons essayé de réaliser en multipliant les graphiques. Il était ainsi plus facile de traduire les variations, survenant d’une année à l’autre, dans les diverses catégories de malades. Ceci explique aussi la nécessité. où nous nous sommes trouvé d'établir des groupements aussi simples que possible. À

Il ne nous paraît pas qu’un exposé de ce genre puisse être suffisamment clair en dehors de ces moyens.

Nous avons divisé notre travail en trois parties.

Dans la première, nous nous contenterons strictement de donner des chiffres, d'exposer comment ils ont été obtenus, de présenter des tableaux et des courbes. Nous chercherons, par là, à placerlelecteur dansles conditions où nousnoustrouvions en commençant ces recherches. Nous ignorions ce qu’allaitnous montrer, dans le détail, le classement des observations.

A part quelques indications de mise au point, et pour n'influer en rien sur les idées qui peuvent venir à l'esprit de chacun en présence de divers pourcentages et graphiques,

nous réserverons pour la seconde partie tout ce qui a trait “aux interprétations. |

La troisième partie, plus courte, fera |’ objet de quelques

-déductions pratiques à tirer de l’ensemble de cette étude.

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