II DÉDICACE
rattache à aucune de mes publications antérieures. C'est l'amusement de la faiblesse, le sourire de la convalescence. Gardez-vous d'être plus grave pour le juger que je ne le fus en le composant. Si je pensais qu'il allégeât, pour ceux qui viennent d'être malades ou qui le sont encore, le poids de la mélancolie qui accompagne la perte des forces et le souvenir d'un danger récent, je ne lui souhaiterais pas d'autre succès. Je voudrais aussi que le doux soleil qui luisait sur moi pour me réchauffer d'un rayon de vie, pendant que je rêvais à cette production légère, lui portât bonheur; et que la nature qui renaissait dans sa verdure et dans son parfum, tandis que je l'écrivais au pied d'un arbre, lui eût communiqué un souffle de grâce et de fraîcheur.
Cet ouvrage que je fais sortir du portefeuille oii il dormait depuis quekfue années,
DÉDiCACi:. m
et où le public trouvera peut-r're que j'aurais du le laisser reposer, forme donc un accident dans ma vie littéraire. Il a commencé et fini à la fois ma carrière de romancier. Vous savez, mon cher ami, ce que je pense de la mission de l'écrivain dans ce siècle : je me sens appelé, par un devoir impérieux, à d'autres pensées et à d'autres soins.
J 'ai tracé les dernières pages ô^ Alphonse Doria près de la paisible et fraîche habitation où vous coulez votre vie, à la manière d'un sage, sur les collines de Bath. En outre, je dois quelques-uns des moments les plus agréables de ma vie à la charmante excursion que nous avons faite ensemble dans les montagnes du pays de Galles; enfin, j'ai foi dans les augures de l'amitié, et je suis sur que votre nom fera une meilleure fortune à mon livre. Par tous ces motifs, je
IV DléDICACE.
VOUS le dédie; et je saisis cette occasion pour vous renouveler ,
Mon cher ami,
L'expression de mon inviolable attachement ,
Paris, le 15 avril 1838.