‹ Aventures d'Alphonse DoriaChapitre 117 sur 232 · CHAPITRE XH · texte numérisé non relu

CHAPITRE XH

Alphonse est atteint de ce mal qu'on nomme : métromamV. Il s'occupe de la composition d'un poème épique : Quel fut le sujet auquel il s'arrêta.

Cependant à force de respirer l'atmosphère poétique dans laquelle je vivais, je me sentis atteint du même mal que lui ; la fièvre de faire des vers me gagna , et me voilà occupé tout le

long du jour, soit à mettre au net les aleiandrins de M. Hector, soit à ébaucher les miens. Suivant le conseil qu'il m'avait donné, j'avais acheté le dictionnaire des rimes et celui des épithètes.

« En sachant tirer parti de ces deux livres, m'avait-il dit, il n'y avait pas de chefs-d'œuvre qu'on ne pût faire , ni de génies si célèbres qu'on ne pût égaler. »

Mais j'arrivai, en me vouant au culte idolâtre de la rime et de l'épithète, à produire des choses si ridicule5 , que je brisai bientôt ces stupides idoles, et résolus de suivre tout à fait l'inspiration de la nature. Cette tentative me réussit ; je devins, de jour en jour, plus content de mes essais, et à la vanité qui s'emparait de moi, ou n'aurait pu, sans injustice, me refuser quelque droit au titre de poète.

Dagana ayant trouvé un moyen d'établir entre nous une correspondance assidue par l'assistance d'une négresse qui était entrée , depuis peu de temps, à son service , je lui envoyai force productions poétiques composées

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