‹ Aventures d'Alphonse DoriaChapitre 152 sur 232 · LIVRE TU, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE TU, CHAPITRE II

vait faites, si jamais je la trahissais, et par l'idée des violents desseins auxquels pourrait se porter une créature si passionnée et imbue de criminelles superstitions.

En proie à une extrême agitation , je parcourais par la réflexion tous les partis qu'il m'était possible de prendre, sans pouvoir m'arrêter à aucun. Celui auquel je revenais sans cesse eût consisté à m'en gager dans quelque régiment de cavalerie, et à partir avec l'armée impériale pour cette expédition de Russie contre laquelle j'étais prévenu bien à tort d'avoir composé un poëme séditieux ; mais d'abord il fallait trouver le moyen de faire reconnaître mon innocence et commencer surtout par sortir de Sainte-Pélagie.

Je me repentais alors d'avoir écrit à la fille de M. Desprez , et d'avoir eu recours à l'intervention de son attachement pour sortir de prison. Je me reprochais de ne pas avoir informé mon père de ma détention : aussi je résolus de lui en écrire dès le lendemain matin. D'après le cours des idées qui se pressaient en ce moment dans

mon esprit, je ne voulais plus avoir aucune obligation à Dagana. J 'étais résolu à dénouer peu à peu les nœuds qui nous unissaient, à la préparer d'abord à une séparation que je lui représenterais comme ne devant pas être de longue durée, et à mettre entre nous deux une distance qui rendant, pendant plusieurs années, notre réunion impossible, la contraignît à m'oublier. Après avoir pris cette détermination, je me couchai, et je ne tardai pas à m'endormir du sommeil dû à l'innocence.

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