‹ Aventures d'Alphonse DoriaChapitre 154 sur 232 · LIVRE m, CriARlTRE ITI. 2gî · texte numérisé non relu

LIVRE m, CriARlTRE ITI. 2gî

reconnus aussitôt l'écriture de Dagana, je l'ouvris, et n'y trouvai que ce peu de mots :

« Viens, cher époux, tout est arrangé; combien je suis heureuse ! »

Je m'habillai en diligence , et après avoir donné quelque argent à mon gardien comme un souvenir de mon passage dans sa maison , je sortis lestement , et courus chez Dagana. Quand je parus devant elle, l'émotion ferma ses lèvres pendant quelques minutes; je vis des larmes briller dans ses yeux ; sa main tremblante pressa la mienne. Les marques d'un attachement si vrai et si profond m'attendrirent à mon tour; et la résolution que j'avais formée la veille, fut comme si elle n'était pas; mon front se courbait , rattaché sous le joug. Dagana, prévoyant le scrupule qui pouvait effaroucher ma délicatesse par suite du paiement

qu'elle avait effectué dans l'intérêt de ma liberté, me dit :

« Instruite de la cause de ta détention , j'ai

envoyé à mon père mon portrait que tu viens de

faire : il en a été si content qu'il m'a envoyé

y.C^-2 ALPHONSE DOUIA.

aSo louis pour le peintre ; ta rançon en a exigé 200; c'est 5o dont je te suis encore redevable ; » et elle me força à accepter cette somme renfermée dans une bourse tissue de soie et d'or, ouvrage de ses mains.

Je conçus l'espérance de l'employer utilement pour faire reconnaître mon innocence au ministère de la police où je savais que l'on pouvait obtenir justice, pourvu qu'on la payât.

M'étant hasardé à sortir du pavillon, quelques jours après ce qui m'était arrivé à Sainte-Pélagie, je rencontrai celui dont j'avais été obligé de payer les dettes, pour avoir eu la malheureuse idée d'emprunter son nom. Il vint à moi d'un air riant, et après s'être enquis de mes nouvelles , m'apprit qu'une main inconnue avait remboursé pour lui un créancier qui le tourmentait fort , et aux poursuites duquel il n'avait pu échapper qu'en couchant un mois de suite hors de son domicile.

« C'est, sans doute, ajouta-t-il, quelque belle dame, enthousiaste des arts, qui aura voulu me donner ce témoignage déhcat de son admiration

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