CHAPITRE X
Où M. de Saint-Lux fait des confidences à son secrétaire, et le consulte sur une matière délicate.
Lorsqu'il me vit disposé à l'écouter, il continua en ces termes, d'une voix plaintive, et voilée par la petite toux sèche qui ne devait le quitter qu'au tombeau.
« Il m'arrive quelque chose de fort singulier, tu vas en juger , mon ami. Tu sais que je suis un ancien officier de l'armée de Condé : c'est à moi que le prince écrivit , de son quartier de Willingen , sa fameuse lettre en date du 3i octobre 1792 , dans laquelle se trouvait la phrase suivante :
« Si vous ne me faites sur-le-champ une avance de l\o à 5o,ooo écus , je vais être forcé de licencier ma petite armée ; je n'ai plus d'espoir qu'en vous seul. ■»
« C'est donc moi qui , par ce secours envoyé à temps au prince de Condé, ai empêché, à cette époque , la dissolution du corps des