‹ Aventures d'Alphonse DoriaChapitre 202 sur 232 · LIVRE m , CHAPITRE XII. S'^'y · texte numérisé non relu

LIVRE m , CHAPITRE XII. S'^'y

d'écriture et une manière de se comporter envers l'orthographe qu'on ne pouvait pas oubHer une fois qu'ils avaient frappé vos yeux.

Mademoiselle Flore me priait de passer chez elle pour être informée des dernières dispositions prises à son égard par M. de Saint-IiUx : elle m'indiquait, avec son adresse, l'heure à laquelle je pourrais la trouver.

Je me rendis dès le lendemain chez elle : mademoiselle Flore occupait, rue de Richelieu, dans une très belle maison, un somptueux appartement. Un valet en livrée me fit traverser plusieurs pièces magnifiquement meublées, décorées avec ce goût délicat et raffiné attribut des femmes. Le salon où j'attendis quelque temps, pendant que le domestique avait été m'annoncer, était orné d'un grand nombre de tableaux représentant quelquefois avec plus de talent que de décence les amours des dieux de la Fable. Je fus introduit dans le boudoir de la princesse et la trouvai couchée sur une chaise longue, dans la position d'une personne malade. Il me sembla en l'apercevant que sa figure, loin

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de m'être étrangère, s'était souvent offerte à mes regards, et quelques secondes me suffirent pour me rappeler que je l'avais déjà vue, mais en peinture : en effet, la Judith représentée par M. Estève dans le tableau qu'il m'avait envoyé et que j'avais donné à Dagana, était le portrait fidèle de cette nymphe; je ne doutai plus que je ne fusse en présence de la veuve de Béthulie. Les deux héroïnes ne se ressemblaient pas tout à fait dans la manière de vivre. Mademoiselle Flore, qui n'avait pas d'oppresseur à redouter, ne tranchait la tête à personne et se bornait à la faire perdre à ses meilleurs amis ; du reste , elle était vraiment fort belle, et, bien que le peintre l'eût un peu flattée, elle faisait revivre à beaucoup d'égards la ravissante image qui avait si fortement ému l'imagination de Dag?.nâ. Elle avait des cheveux dont l'ébène admirable et l'extrême abondance ne faisaient mentir en rien la représentation que M. Estève en avait tracée. Ses grands yeux noirs à fleur de tête n'avaient pas une expression aussi fière ni aussi chaste que ceux de Judith ; mais il eût été dif-

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