‹ Aventures d'Alphonse DoriaChapitre 205 sur 232 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

De l'entretien qu'il eut avec M. Estève, au sujet de cette danseuse.

En sortant de chez elle , je rencontrai , dans son escalier , M. Estève qui montait pour aller

38si ALPHONSE DOBIA.

la voir, et qui, sitôt qu'il m'aperçut, partit d'un grand éclat de rire :

(( Ah ça, mon cher ami, me dit- il, je vois que les amis de vos amis sont vos amis. Comment avez-vous fait sa connaissance? Vous m'étonnez , moi qui ne m'étonne de rien , si ce n'est de voir quelqu'un abandonner la peinture ; je ne vous croyais pas arrivé à cette hauteur, vous qui n'êtes plus artiste. »

Je me hâtai de détromper M. Estève ; il parut d'abord incrédule; mais le ton sur lequel je répondis à ses plaisanteries finit par dissiper entièrement ses soupçons. Je l'assurai que la dureté de la princesse envers la mémoire de l'excellent M. de Saint- Lux, l'aigreur inconvenante de son langage et l'insatiable cupidité qu'elle avait laissé échapper devant moi sans aucune retenne, m'avaient choqué trop vivement pour ne pas annuler l'effet dangereux de sa beauté.

« Je vois bien , reprit M. Estève , que vous ne vous laisserez jamais prendre ni par les yeux ni par les sens , et qu'une femme ne ré-

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