‹ Aventures d'Alphonse DoriaChapitre 224 sur 232 · LIVRE m, CHAPITRE XVI. /^J^i · texte numérisé non relu

LIVRE m, CHAPITRE XVI. /^J^i

ne se rapproche plus de la peinture que la danse : une bonne danseuse compose sans cesse un tableau vivant : elle est à la fois le peintre et le portrait; ses mouvements et ses attitudes nous servent de modèles; vous savez que Flore m'a déjà inspiré un assez bon ouvrage en posant devant moi, quand j'ai fait le tableau de Judith. Jugez de l'avantage que je vais avoir, sous le rapport de l'art; je pourrai la faire poser du malin au soir ; c'est vraiment l'amour de l'étude qui me fait attacher du prix à sa possession. Son image reproduite sous toutes les formes me fera enfanter des chefs-d'œuvre. Efjfîn, savez-vous queïlore a une vingtaine de bonnes mille livres de rentes, gagnées en tout bien tout honneur à la pointe du pied, et qu'elle s'engage à payer mes dettes; or, ce n'est pas une mince considération à mes yeux que l'idée de procurer à une trentaine d'honnêtes gens , qui se disputent à qui me paiera chaque soir mon logement à Sainte-Pélagie , le bonheur de cesser à mon égard une persécution qui coûte tant, j'en suis persuadé, à leurs sentiments d'humanité. »

4i4 ALPHONSE DORIA.

M. Estève plaidait sa cause avec une gaieté si spirituelle que je supprimai les observations que j'aurais eu à lui faire sur le personnage ridicule que joue le mari d'une courtisane en vogue. Il me fit descendre de notre voiture avec les plus grandes précautions, et transporter dans ma chambre parles domestiques de M. de Lacy. Il ne me quitta qu'après s'étro assuré que je n'avais plus besoin de ses bons offices. C'était vraiment le meilleur cœur du monde.

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