‹ Aventures d'Alphonse DoriaChapitre 83 sur 232 · LIVRE II, CHAPITRE VI. loj · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE VI. loj

autour des pagodes de Delhy , un poème héroïque de deux mille vers. »

« Vraiment? répondit la comtesse; eh! bien , il faudra qu'au sortir de table vous nous en disiez quelque chose. »

Le visage de l'enfant d'Apollon se colora d'un rouge aussi vif que celui du vin pétillant dans son verre. C'était un tout petit homme , fort laid, vieilli avant le temps, aux yeux creux et étincelants , aux cheveux sales et ébouriffés , dont les habits et le linge , très beaux et très fins d'ailleurs , étaient dans un désordre choquant, et qui avait des mains maigres et ridées couronnées d'ongles aussi longs que ceux d'une harpie. Il se récria, fit le modeste, prétendit qu'il n'avait jamais pu retenir de mémoire vingt vers de sa composition, et qu'il était d'ailleurs exténué des nombreuses veilles que lui avait coûtées la correction de son poème , qu'il voulait présenter à l'empereur, et qui devait lui ouvrir les portes de l'Académie française.

La comtesse l'ayant pris au raot , et lui ayant

répondu qu'elle serait désespérée de le fatiguer, le pauvre homme eut peur, et se hâta de répondre que le désir de lui être agréable lui rendrait , à coup sûr , les forces et la mémoire. Le général nous régala, au dessert, de ses prouesses en Espagne , des couvents qu'il avait forcés , des tableaux qu'il y avait pris , des religieuses qu'il avait mises en liberté, et des dangers qu'il avait courus. Entre autres anecdotes de ce genre il nous conta la suivante , à laquelle je ne fais d'autre changement que d'en rendre le récit conforme aux règles de la grammaire.

CHAPITEE VIL

Récit du général Orthez.

«Il y a deux ans (c'était en 1810), je me trouvais en Andalousie avec le grade de colonel. Un jour, le maréchal duc d'Elchingen me prescrivit , par un message , de m 'emparer d'une position assez importante aux environs de Séville. Je fis marcher mon régiment : les habi-

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