‹ Aventures d'Alphonse DoriaChapitre 92 sur 232 · LIVRE II, CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE VII

qu'il VOUS est facile de concevoir; ils avaient appris la malheureuse affaire de la venta de San- Raphaël; un déserteur espagnol leur avait fait connaître aussi les cruelles intentions de Trillo à mon égard : ils n'en pouvaient croire leurs yeux quand je reparus devant eux. Loin de me témoigner du mécontentement à cause de l'échec éprouvé par mon régiment, le maréchal, gouverneur derAndalousie,me confia, peudetemps après, la direction d'une manoeuvre militaire très importante. Vous vous imaginez facilement quel désir j'éprouvais de prendre ma revanche sur Trillo. Plusieurs mois s'écoulèrent avant que le sort de la guerre me permît de me mettre à sa poursuite. Enfin, prévenu un jour par un blessé appartenant à sa guérilla qu'il se proposait d'attaquer un riche convoi destiné pour Valladolid, je recommandai au commandant de prendre moins de troupes qu'on n'avait coutume de le faire en semblable circonstance; et j'ajoutai que je me chargeais de veiller avec les miennes à la sûreté de l'expédition. En conséquence, je m'embusquai sur des hauteurs bor-

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dant un passage assez dangereux qui était le seul endroit dans lequel nous présumions que le "convoi pût être attaqué. L'événement justifia les mesures que j'avais prises. La bande de Trillo vint assaillir le convoi, sur le point où je l'attendais; dès que je vis sa guérilla aux prises avec l'escorte de l'expédition, et que j'eus leconnu Trillo à la plume rouge qui ombrageait son chapeau, et k sa veste verte brodée d'argent, je donnai à ma troupe le signal convenu. Elle descendit à petit bruit de l'éminence sur laquelle je l'avais postée, enveloppa Trillo et ses partisans : en un moment, tous ceux qui résistèrent furent mis hors de combat, et quatre de mes hommes les plus vigoureux, suivantl'ordre que je leur avais donné, se jetèrent sur Trillo, et s'emparèrent de sa personne au moment où, se jugeant perdu, il allait se percer de son e'pée. Tout cela fut l'affaire de quelques minutes : on l'amena devant moi.

« Monstre ! lui dis-je, je ne serais que juste en t'infligeant le supplice auquel tu m'avais condamné, et je serai clément en ne te faisant subir

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