‹ Aventures d'Alphonse DoriaChapitre 91 sur 232 · LIVRE II, CHAHTRE VTI. I · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAHTRE VTI. I

lieu (le mon supplice. Nous trouvâmes trois mules toutes sellées, attachées clans un taillis assez épais ; nous montâmes dessus.

a Quel est le poste français le plus voisin ?» me dit ma libératrice. « C'est celui d'Otéro de Herréros, » répondis-je.

« Eh bien! répliqua-t-elle, piquons des deux pour nous y rendre au plus vite. » Nous mîmes les mules au galop et arrivâmes assez proraptement, sans avoir fait aucune mauvaise rencontre, au poste d'Otéro. La vue des uniformes français me fit battre le cœur délicieusement : je serais volontiers sauté au cou du premier factionnaire que j'aperçus.

« Maintenant puis-je savoir à qui je dois mon salut! » dis-je à mon inconnue qui avait fait arrêter les mules aune certaine distance du quartier français ?

«JemenommeThéodora, répondit-elle : c'est moi qui étais la rivale de l'infortunée Thérèsa; nous aimions toutes deux en même temps le lâche et perfide Trillo ; il avait fart de nous persuader tour à tour qu'il préférait l'une à

l^A ALPHONSE DORIA.

l'antre. Quand Thérèsa est venue vous trouver pour vous révéler la conspiration formée par Trillo, elle venait de découvrir quelque témoignage de sa perfidie; mais il parvint à la replonger dans l'erreur par une lettre qu'il lui écrivit de sa prison. Le lâche accepta le sacrifice de l'infortunée qu'il trahissait; et l'unique foi qu'il lui ait gardée, a été dans le soin qu'il a pris d'accomplir contre vous la terrible vengeance qu'elle lui avait léguée. En vous délivrant, j'ai voulu me venger à mon tour de Trillo. Si vous voulez en savoir davantage, venez à Séville ; voici mon adresse. » En disant ces mots elle me remit un petit portefeuille de soie rose. Il faut vous dire que jusqu'à ce moment elle était toujours restée voilée.

« Au moins, réphquai-je, permettez-moi de voir les traits de ma libératrice , et de graver son image dans mon cœur! » Mais la cruelle me fit un signe d'adieu avec la main, et, tournant la bride de sa mule , s'éloigna de moi au galop , suivie de son fidèle compagnon.

«Je fusreçu par raesfrères d'armes avec la joie

Page 1