LIVRE II, CHAPITRE VIII. l8l
rut pas de ce mouvement et continua de plus belle. Les autres personnes, encouragées par sa préoccupation , se décidèrent à fuir également le champ de bataille, et s'éclipsèrent tout doucement, une à une , avec le même succès. Il ne resta plus dans le salon que M. le comte du Loiret, qui avait eu le bonheur de tomber dans un profond sommeil ; la comtesse qui étouffait ses bâillements avec sa main blanche, potelée et couverte de bagues , et moi, le plus heureux et le plus amusé de toute la compagnie.
Enfin, l'infortuné poète ayant eu besoin de lever les yeux au ciel, pour donner plus d'expression à une tirade , dans laquelle il invoquait en faveur de Napoléon toutes les divinités guerrières de l'Olympe , remarqua une chaise vide; à cette vue, précipité du ciel, il promena ses yeux de tous côtés, et presque partout rencontra la solitude.
«Si j'avais su que l'on fût si pressé.... » En prononçant cette phrase qu'il n'acheva pas, il roulait avec un air de mauvaise humeur, autour de son manuscrit refermé, un bout de
lÔa ALPHONSE DOBIA.
ficelle ; il remit le rouleau dans sa poche , et sort\t après avoir fait une profonde révérence à la comtesse , et pris la main de M. du Loiret qui se réveilla en sursaut.