LE FORBAN
Bes enfans, ses frères, et trois de sc3 anciens commis, se jetèrent dans scd bras. L'autre passager, qui était de leur connaissance, mais demeurant à deux lieues de la >ille, sur une habitation rurale, eut part à leurs embrassemens. Pressé de se rendre chez les siens, il se fit conduire de suite à sa campagne, après avoir fait promettre au capitame d'y venir passer quelques jours en famille, accompagné de Julien, qu'il qualifia de sou ami.
Cedernier allait se retirer modestement sur le vaisseau, et rejoindre ses compagnons d'équipage, qu'il n'avait quittés que quelques momensavec le capitaine, pour aider au débarquement dcà deux Poilugais;
53a CHAPITRE XX.
Hiais le vieux seigneur ne l'entendait pas ainsi.
M M. Bertaud, dit-il au capitaine, «je vous retiens, ainsi que M. Ju- * lien ; j'espère que pendant votre 59 séjour à San-Salvcidor, vous n'au- » rez pas d'autre logement que ctie^ » moi, ainsi que notre cker jeune » homme; vous m'affligeriez beaun coup si vous n'acceptiez pas, »
Toute la famille se joignit à celte invita (ion cordiale, et le capitaine se rendit.
c Prenant alors Julien sous le bras , don Pedro de Sylva le présenta à s<^B fiipouse et à ses eiilans. u Mes » amis, leur dit-il, vous ne pouvez » faire trop d'amitiés à ce Jeune » Fiançais. Après Dieu, \e lui doi»
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n certainement la vie, moi et toni n les autres, dans deux occasiouf D terribles, où il a montré le [>la* » grand courage et le plus noble » dévoùment. Je vous raconterai H cela plu» à l'aise à table. Voug » serez tous effrayés de notre ren- I» contre d'un monstre marin, qui » m'a fait la plus violente peur que » j'aie eue de ma vie. J'ai voué deux » cierges à saint Antoine de Padoue » pour notre délivrance de l'bor- » rible animal; je m'en acquitterai » dès demain: mais, porDiosanc^ n tissimo, sans M, Julien, Recrois » que nous ne serions pas ici. o
A ces mots, la bonne dame, qui avait fait deux ou troiâ signes de croix, en s'accrochout d sou miuri^
553 CHAPITRE Xî.
fît à Julien l'invitation de donner le bras à ses deux demoiselles , qui à peine osaient lever les yeux , et Ton s achemina vers l'hôtel. Arrivés a la porte, le capitaine demanda , avant d'entrer, la permission de se rendre un instant à son bord av£C Julien, pour se mettre d'une manière plus décente. Ils promirent de ne pas rester plus d'une heure.
Pendant ce court chemin, notre jeune homme, étonné, attendri, plein de joie, ne savait comment exprimer ses divers sentimeus au capitaine; il se confondait en félicitations, en remercîmens, en de»
mandes de conseils et de bons avis pour la suite; et le sage Bertaud, touché des hoûuêtes dispo5itioû& d&
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son cicvc, qu'il embrassa de bon cœur, lui répondit par ces mots:
« Mon ami, je suis content : \ous » avez tenu votre parole à M "*• Berw laud pour ce qui me regarde; » plus tard , souvenez - vous de » son fils. ))
FIN DU SECOND VOLtAU:.