L EXCELLENTE MERE
d'efiorls et de peines perdues, tout va s'engloutir sans retour dans l'abîme éternel!
Bouleversé lui-même par tant de contrariétés, et prévoyant un avenir difficile à diriger selon ses vues, le jeune Dalbois prit deux fois vingtquatre heures pour rasseoir ses idées. La menace de M.""' de Sainvanne ne pouvait pas lui être indifférente .-c'était elle qui l'avait introduit chez M. de Latour, elle pouvait l'en chasser; alors que devenaient ses projets sur la nièce? Ecrire à cette dernière n'était pas pnilicable; une personne aussi bien élevée ne recevrait point de lettres, et y répondrait encore moins. Il s'arrêta enfin au plan le plus simple, le plus franc,
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le plus juste eii murale, et qui lui parut le meilleur.
Ce fut de s'ouvrir tout bonnement à son indulgciile mère, et de lui raconter les choses comme elles étaient, sans aucune réticence. Elle n'avait que lui, elle ne voulait que son bonheur. Dans quel sein plus ouvert et meilleur que le sien poavait-il aller déposer ses peines? Il espéra même son appui auprès de son père, au cas où quelqutts préjugés de fortune ou d'ambition ne s'opposassent à la médiocrité de ses désirs; non que la famille de Latour ne jouît d'une considération distinguée, mais parce que la fortune n'y répondait pas tout-à-fait.
Cet arrangement bieu déterminé
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dans sa Icte, il crut qu'il ne serait pas inutile do le corroborer par quelques jours de retraite dans sa chambre, et d'une apparence d'indisposilion, qui ne manquerait pas d'attirer près de lui sa tendre mère , toujours si alarmée au moindre dérangement de sa santé. Il se mit donc à exécuter ce plan, et commença ce jour même par ne point paraître au dîner.
Ainsi qu'il l'avait bien prévu , tout le monde l'ut en l'air dans la maison. M.""" Daibois, la première, >int s'informer et le tourmenter de mille questions, auxqu( lies il ne répondait que par les caresses les plus alFectueuscs, lui assurant f/uc ce ne serait rien; f/u'ii n'avuii ifcsoii^
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que de reposj, de solitude; mais le tout d'un ton qui ne faisait qu'augmenter l'inquiétude maternelle.
Sa mère retirée, il sentit que le plus pressé d'abord était d'en finir avec M.™*' de Sainvanne; ce qui n'était pas la chose la plus facile, vu qu'il voulait surtout éviter de la brusquer et de la mortifier. 11 employa deux jours entiers à lui faire une lettre, où la raison parlait un langage trop sensé (à ce qu'il crut) pour qu'elle ne s'y rendît pas. Il ne s'étendit point sur la différence des âges , parce que c'eût été blesser d'une manière trop^ sensible une femme de ce genre; il se rabattit sur la nécessité d'un voyage prochain , qui l'éloigncrait peut-être pluisieurs années, et de