‹ Aventures de deux parisiennes pendant la terreurChapitre 2 sur 39 · A SON ALTESSE ROYALE · texte numérisé non relu

A SON ALTESSE ROYALE

MADAME l COITESSE M FIÂIRE

Madame,

Je n'eusse pas osé demander à Votre Altesse Royale la permission de mettre Son nom en tête de ce livre si je rCy avais été encouragé par F histoire légendaire de Vune des Comtesses de Flandre du temps passé.

Le noble et bon pays flamand adorait ces légendes, gracieux parfums qui sortent de la chronique histo^

rique^ et il aimait à en embaumer le souvenir des illustres princesses comme pour les amener plus fraîches, toutes conservées, vivantes devant la Postérité.

Quel nom portait la princesse de ma légende? Je ne le sais pas. Les contemporains rappellent la Fée parce qu'elle « avoit coeur si suave et si pur sourire qu'elle faisoit heureuse toute âme dhomme ou de femme qui arrivoit à la portée du trait de son regard. »

Votre A Itesse Royale me pardonnera davoir pensé à Elle à propos de cette soeur aînée qu'Elle a dans r Histoire .

Cette Fée passait surtout pour avoir un don exquis : on savait qu'elle aimait les fleurs et la musique; chacun lui apportait donc bouquets et ballades; et aussitôt qu'elles paraissaient sous ses yeux^ les fleurs devenaient, pour elle, des perles fineSf et les chansons des hymnes célestes.

- Ifl —

Ce don exquis, les Chroniqueurs ne le désignent pas autrement. Toutefois nous savons quel nom lui donner. C'est la Bienveillance.

Nous savons aussi que Votre Altesse Royale Va reçu comme une part de l héritage de la Fée.

C'est ainsi que foi été enhardi à pousser mon héroïne aux pieds de Votre Altesse Royale avec une pleine brassée des roses de son jardin et la voix toute résonnante de Técho de ses naïves chansons.

Cest ainsi encore que j'ai été encouragé à joindre aux fleurs de mon Rossignolet les fruits de mon champ, de ce grand champ historique dont je m'efforce de cultiver une petite parcelle.

J*ai tenté décrire le Roman Bourgeois de la Terreur.

Mais je ne veux parler de mon livre que pour r offrir à Votre Altesse Royale; pour La supplier d*y jeter un de ces regards de la Fée qui donnent Nclat

aux plus modestes fleurs et tharmonie aux phis simples phrases.

Je suis, avec un profond respect,

Madame^

de Votre Altesse Royale^

Le très humble et très obéissant serviteur,

Charles de Ricault d'Héricault.

DE

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