‹ Aventures de deux parisiennes pendant la terreurChapitre 3 sur 39 · LES TROIS AMOUREUX DE ROSSIGNOLET · texte numérisé non relu

LES TROIS AMOUREUX DE ROSSIGNOLET

En face du pavillon de THorloge, au centre de la muraille qui sépare le palais des Tuileries de la place du Carrousel, à peu près à l'endroit où, depuis, l'on a placé l'Arc-de-Triomphe, se trouvait, en 1792, une maison que l'on nommait le Logis du Suisse.

Au 10 août, elle avait été en partie brûlée. On l'avait quelque peu réparée.

En 1794, elle servait de corps de garde aux grenadiers-gendarmes de la Convention.

On n'y conservait habituellement, pour la nuit, qu'une escouade de douze hommes, commandés par un maréchal des logis. Mais le 30 prairial an II (18 juin 1794), dans la soirée, était venu, tout brusquement, l'ordre de doubler le poste et d'en donner le commandement à un lieutenant.

On avait eu grand'peine à trouver te lieutenant Paul Crassus. Il avait fallu l'aller réveiller au Lycéedes- Arts, jardin Egalité (Palais-Royal), où il Bomtneillait, en faisant signe d'écouter l'opéra âouveau, le Triomphe des Arts utiles.

Il était impossible, même à un enfant gâté de la République, comme Paul Crassus, d'éluder un ordre du Comité de Salut public. Mais on pouvait obéir lentement et en maugréant... intérieurement. Le lieutenant venait donc d'arriver, un peu avant minuit, et en apprenant qu'il n'y avait nulle cause apparente à cette alerte, il était sorti tout brusquement du poste, pour pouvoir jure».

Il se promenait de long en large, devant le corps de garde, et tout en se rapprochant du pavillon de l'Horloge, il accablait d'injures Un grenadier gigantesque, qui l'avait suivi. Celui-ci, au contraire, s'éloignait et s'enfonçait de plus en plus dans l'ombre de la muraille, à mesure que la pluie d'injures augmentait.

Bientôt la nuit claire et doucement fraîche, les étoiles brillantes, le calme qui s'appesantissait sur la grand'ville, apaisèrent l'ire du lieutenant. Il oublia le grenadier herculéen, et se mit à fredonner un couplet de la Papesse Jeanne. Puis on l'entendit qui murmurait des rimes. Le grenadier toussa. Paul se retourna vivement :

— Viens ici, Domingo, d-devant noir. Que t'ai-je dit quand tu as eu l'audace de venir me réveiller au Lycée-des-Arts ?

Le grenadier montra une large figure de nègre, qui s'élargit encore en un rire attendri :

— Vous rien dire d'abord, mossié citoyen Paul. Vous donner coups de pied dans le dos, pif, paf t Alors après, vous dire^ et nommer Domingo mauves chien de garde pour avoir avoué lieutenant Gra»> sus être pas malade, mais être à théâtre. Vous avoir recommencé, pif, paf ! dans le dos et avoir promis faire manger nez de pauvre Domingo par grand' sorcier Charles La Bussière, et puis encore pif, paf I bi! hil

— Et ensuite ?

—Ensuite vous commander Domingo porter demain matin billet doux, adroitement dans la porte de jolie citoyenne Dubois-Joli.

— C'est bien. N'oublie pas de demander, demain matin, le billet doux ; demain matin, tu entends. Seu* lement, je jure que La Bussière changera tes oreilles en oreilles d'âne si jamais la citoyenne Lise Dubois- Joli apprend que c'est de moi que vient la lettre.

Le nègre se renfonça dans l'ombre et se colla contre la muraille, tandis que le lieutenant reprenait sa promenade en murmurant :

Quand les Ris et les Jeux, fatigués de Cylhère Et de Vénus, leur mère...

-^ Voilà o£i j'en suis ; et j'ai mangé mon blé en herbe, car c'est remarquable que je ne trouve jamsds que des rimes en ère. Sorcière I cria-t-ilj en se tournant vers le nègre.

Celui-ci frissonna. Paul l'appela de nouveau près de lui, en éclatant de rire.

•^ Très bien. Tu ne sais pas ce que c'est qu'une rime, hein? Non. Nègre, tu es l'interlocuteur qui me convient. Vois-tu, Domingo, le thème du Bouquet en vers que je veux envoyer à la belle lise est simple, mais je le trouve délicat. Les Ris et les Jeux veulent faire l'école buissonnière, — rime en ère. Ils viennent sur la terre — toujours en ère, — pour savoir si la nouvelle ère — toujours I — républicaine, avait détruit l'empire de l'Amour, leur frère ! — toujours, toujours, toujours en ère I

Il se mit à sauter, au grand émoi de Domingo, qui ne comprenait absolument rien à ce discoure.

— Les Ris et les Jeux arrivent donc à Paris, rue de Sèvres, dans la maison du vertueux magistrat Dubois- Joli. Ravis à l'aspect de sa fille Lise, le Rossignolet du bois, comme on la surnomme, ils jurent qu'ils vont désormais déserter l'Empyrée et que le véritable Olympe, pour les Amours, c'est la République. C'est ingénieux et original...

— Ronde d'officier ! cria la sentinelle.

— Allons c'est bon, grogna l'officier qui approchait. Citoyen lieutenant, tu te promènes à la fraîche. Allons, c'est bon. Ah ! c'est toi, muscadin, mon jeune ami. C'^st bon. Voici l'ordre : Défendu de sortir cette nuit du Palais-National. La porte de la Convjention est absolument close. La porte du pavillon de l'Égalité ne s'ouvrira que pour les membres du Comité de Sûreté générale ; celle du pavillon de la Liberté ne

s'ouvrira que pour les membres du Comité de Salut public. Ici tu vas faire fermer les grilles du Grand Vestibule sous le pavillon de THorloge, de TUnité, je veux dire. Tu laisseras entr'ouverte la porte coupée qui est au milieu de la grille, de ce côté-ci, en face de la place du Carrousel. On y metti^a une sentinelle qui ne laissera passer qui que ce soit, sans un ordre exprès de l'un des deux Comités de gouvernement. Sous peine de mort. Allons, c'est bon.

— Allons, c'est très bon, commandant Dumesnil. Tu as entendu, Domingo. C'est toi qui vas prendre la garde, à minuit, dans cinq minutes. Tu as entendu: Sous peine de mort ! Mais que le ci-devant diable emporte les canonniers, si je comprends pourquoi cet ordre, commandant!

— Pourquoi veux-tu comprendre, muscadin, lorsque ton commandant lui-même n'y doit voir que du feu ? Allons, c'est bon. Tu es mon jeune ami. Ne l'oublions pas. Écoute donc. Voici le mystère. Je suppose que ce grenadier nègre est sourd. Tant pis pour sa tête s'il ne l'est pas. Sache donc qu'on vient de découvrir un quatre cent quatre-vingt-dix-septième complot des aristocrates. Oui, et voici la conspiration ingénieuse de ces scélérats : ils viennent chaque nuit enlever les dénonciations, les dossiers qui sont là dans les bureaux du Comité de Salut public, au pavillon de Flore, je veux dire de l'Égalité. Si bien que tout est à la diable et que Fouquier-Tinville ne retrouve pas son compte. Allons, c'est...

— Arrêtez, commandant. Ce n'est pas bon. Hé !

6 AVENTUBES D£ DEUX PARISIENNES

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hé I On va vous prendre pour un apitoyeur. Mais connaissez-vous la fille du citoyen juge de paix de la section du Bonnetr-Rouge ?

— r La beauté de b rue de Sènesl Pariïleul

— Et les Jeux, et les Ris, et les Grâces et les Amours, commandant?

— Infâme freluquet ! que le géme de la Liberté te coupe la tresse I Biais, tu es mon jeune ami, hé ! D'ailleurs, que peutron attendre d'un homme qui hante le mystificateur La Bussiëre.

Et le commandant Dumesnil s'éloigna en jurant que c'était bon.

Minuit sonna; le brigadier, après avoir pris les ordres du lieutenant, mena Domingo devant la grille du Vestibule.

Il ferma cette grille en ouvrant une petite porte ou guichet pris dans les barreaux. Il recommanda de tenir ce guichet ouvert, mais sans permettre à qui que ce fût d'entrer ou de sortir. i

— Sous peine de mort, conclut-il en s'éloignant. Le brigadier rentra au poste où le lieutenant l'avait

précédé. Tput redevint calme.

C'est à partir de ce moment que le trouble entra dans la, cervelle du bon nègre, chaud patriote, fort comme un bœuf, mais candide comme un jeune chien. Pourquoi laisser la porte ouverte, si on ne voulait permettre à personne d'y passer 1 Après avoir, pendant quelques instants, agité la tète d'une façon désespérée, en essayant vainement de comprendre ce redoutable mystère, Domingo se dit sans doute que

PENDANT LA TERBEUH

c^était sa coiffure qui enlevait à ses idées leur lucidité habituelle, il retira, vivement son grand bonnet & poil et le jeta à teiTe avec colère.

II était depuis quelque temps l'un des cent qua-» rante-quatre grenadiers-gendarmes de la Convention, 11 devait cette faveur au citoyen Nicolas, nègre comme lui, ami et associé de Robespierre pour Texploitation d^une imprimerie, et à Toncle du lieutenant que noua connaissons, au citoyen Crassus, député de TUe-du-* Yent. Celui-ci Tavait amené de la Martinique et après lui avoir fait représenter divers peuples opprimés dans les fêtes républicaines, il lavait poussé dans la car^ rière des armes.

Le génie de la liberté n'avait pas encore sans doute eu le temps d'illuminer ce cerveau nègre de ses divines clartés. Le bon Domingo ne tarda pas h soupçonner que ce n'était pas seulement le bonnet à poil qui diminuait son intelligence, car il se mit H, ouvrir sa veste, et à déboutonner les premiers boutons de ses grandes guêtres. Puis prenant 3on fusil par le canon et le posant sur l'épaule, la crosse en l'air, en guise de massue, il se promena avec précipitation entre les deux lanternes qui éclairaient l'entrée du Vestibule,

Tout d'un coup, il fit un bond. Un homme, dont la demi-obscurité permettait de constater seulement la haute taille, se présentait au guichet pour sortir du palais. L'insolence d'une telle intention, quand lui, Domingo, avait une consigne contraii-e, fut la seule idée qui frappa le nègre.

8 AVENl^DRES DE DEUX PARISIENNES

— Sous peine de mort, murmura-t-il, et levant la crosse il la laissa retomber sur l'étranger.

Celui-ci, heureusement, était leste, il fit un bond en arrière, et il dit d'une voix sonore, mais d'une sonorité joyeuse et railleuse :

— Peste, citoyen nègre, on ne dira pas de toi que tu es de la tribu des Tartares manchots. Heureusement que je suis sorcier et que j'ai vu à la conformation de tes épaules que 'tu allais m'envoyer un coup de massue.

Domingo avait cru reconnaître le peraonnage. Il tressaillit. Toutefois il reprit lestement son arme, et portant cette fois la baïonnette en avant, il cria :

— Passe pas. Toutes les portes fermées, celle-ci ouverte, mais pour pas passer.

— Je le sais parbleu bien qu'elles sont fermées. Est-ce que tu voudrais insulter ma puissance, Grigri? Je te dis que je passerai.

— Passe pas, reprit le nègre d'une voix très agitée; sous peine de mort.

— Passerai; en voilà la preuve. Voilà une carte d'employé du Comité de Salut public, une carte que je viens de créer par la seule force de mon art et qui me donne le droit d'entrer et de sortir. Tu ne sais pas lire, hein !

Domingo ne savait pas lire, en effet, mais il reconnaissait bien, dans ce qu'on lui présentait, la carte d'un employé des bureaux du Comité de Salut public, c'est-à-dire un laissez-passer permanent pour entrer aux Tuileries et en sortir. Or, comment conci-

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lier le droit que le porteur avait de sortir avec le droit absolu que lui, Domingo, avait de l'en empêcher? Pour un cerveau de nègre, où manque essentiellement le sens de la mesure, de la transition et de la relation, et où chaque idée se présente avec sa rigueur complète, c'était un problème impossible à résoudre. 11 répéta pourtant — car l'idée de la consigne était la dernière qui eût frappé son imagination et il se disait que cette carte était plus vieille que l'ordre du brigadier, — il répéta :

— Passe pas. Ordre tout fermer, tout empêcher, tout tuer. On a volé papiers aux Comités pour sauver aristocrates. Comité vouloir prendre voleur. Fermer les portes pour prendre séïde des tyrans, comme rat traître à la patrie.

L'étranger laissa échapper un geste, et quoique sa voix gardât toujours de sa sonorité riante et railleuse, on la sentait trembler un peu.

— Ah ! dit-il, on a constaté la disparition de papiers compromettants pour les aristocrates, et tu as l'audace de m'accuser d'être le voleur! Domingo, je te connais, je connais tout, je te ferai donner des soufflets par la citoyenne Emilie Crassus, la fille de ton malti^.

Et comptant, d'après ce qu'il savait du personnage,

que celui-ci devait être convaincu, il s'avança pour

passer. Mais, Domingo, bien que ses yeux blancs se

fussent ouverts plus gi'ands et que son teint eût perdu

sa nuance d'un beau noir lustré pour passer au gris

terne, continuait de tourner vers lui la pointe de sa

baïonnette.

— Pauvre nègue mourra pour la patrie comme un blanc Scevola, dit-il d'une voix résignée. Toi savoir tout, savoir Domingue détester séïdes des tyrans.

— Mais, imbécile, riposta l'étranger, dont la voix devenait'décidément anxieuse, comment veux-tu que je vienne la nuit voler des papiers que j'ai tous les jours à ma disposition, à titre d'employé.

— Toi avoir raison, citoyen sorcier, répondît Domingo.

L'homme, croyant cette fois avoir décidément vaincu toute résistance, s'avança encore.

Mais plus l'argument avait paru sans réplique au nègre, plus il le troublait, car il rendait d'autant plus inexplicable Tordre donné de refuser passage à tout homme sans exception.

Alors ne sachant comment se tirer de tous ces arguments contradictoires qui assiégeaient sa cervelle, il agita frénétiquement sa large tête crépue, comme un chien, dont un essaim de guêpes attaque les oreilles, et, au milieu du calme de la nuit, il se mit à hurler d'une voix de Stentor :

— Alarme ! alarme I voilà les séïdes des tyrans, et Pitt et Cobourg, et les aristocrates, et les royalistes, les fédéralistes, les modérés, les brissotins, les fayettistes, les indulgents, les apitoyeurs, les hébertistes, les dantonistes.

Et, entraîné par le mouvement de son idée, il se mit à défiler le chapelet de toutes les catégories d'ennemis que les révolutionnaires avaient signalés à la haine de la populace depuis 1789.

i^ENBANT LA TERREUR 11

Cette éûuiaération de sobriquets injurieux avait un cbarme incomparable pour notre nègre. Toutefois, quoiqu'il les lançât Tun après Tautre avec une volubilité joyeuse et en se dandinant sur ses jambes herculéennes, comme s'il eût entendu un air de ds^se, il gardait toujours la pointe de Tanne braquée vers l'étranger.

Celui-ci recula 6t s'enfonça dans la demi-obscurité, qui n'était pas difficile à trouver, car deux lanternes seulement éclairaient le milieu du Grand Vestibule. II tira vivement, d'une des larges poches gonflées de son vieil habit à pans carrés, un grand couteau fermant qu'il passa denière son dos. II l'ouvrit et revint vers le guichet, au milieu duquel la baïonnette du nègre décrivait des zigs-zags joyeux. Celui-ci, distrait par ses propres cris dont il faisait une cantilène civique, ne devait pas, malgré sa force, offrir grande résistance.

Tout brusquement l'homme s'arrêta, referma son couteau et le remit dans sa poche.

— Non, pensa-t-il, je ne commettrai pas ce crime! Je ne commettrai pas un crime, moi qui risque chaque jour ma vie pour diminuer la masse des crimes qui se commettent ici. On m'a surnommé l'espiègle, le farceur, le fou, le mystificateur ; on ne dira pas La Bussière l'assassin. Qui sait si après ma mort, et après que tout cela sera fini, on ne chantera pas : La Bussière, le héros 1

Et cette tête^ en effet, ét^dt si légère, cette imagination si mobile, que La Bussière Isdssa échapper un

éclat de rire. Domingo, étonné, s'arrêta tout bmsquement et jeta un de ses regards effarés sur le sorcier. Puis voyant que celui-ci, après s'être croisé les bras, s'était appuyé contre la muraille dans une pose abandonnée et avec un air d'indifférence, il prit cet éclat de rire pour un applaudissement; il recommença de plus belle à crier.

Le premier qui arriva à ces clameurs, accourait, le sabre à la main, de l'intérieur du palais. Il débouchait par la droite. De ce côté se trouvaient, à l'extrême bout, dans le pavillon de Marsan et dans l'hôtel de Brionne, les salles et les bureaux du Comité de Sûreté générale; puis, en se rapprochant du Vestibule, on rencontrait l'ancien Théâtre, l'Amphithéâtre et la Chapelle, qui étaient devenus la salle et les dépendances de la Convention.

Le nouveau venu, dont le costume (bien que les détails en échappassent à l'observation), était évidemment militaire, demanda d'une voix vibrante, harmonieuse et mâle et qui avait quelque chose de hautain dans son ton de commandement :

— Eh! bien, qu'y a-t-il? Les aristocrates et les suspects emprisonnés ont-ils donc mis à exécution les projets dont on parle? Ont-ils forcé les portes de leurs prisons? Viennent-ils assiéger la Convention et les Comités ?

— Pour en assassiner les membres, griller leur foie et le manger, cria à son tour La Bussière avec une gravité que le nouveau venu ne put s'empêcher de trouver ironique et qui le fit tressaillir.

— Non, non, pas ça, pas ça, messie citoyen. Moi avoir consigne, personne passer sous peine de mort; li avoir papier du Comité Salut public, obéissance sous peine de mort, et vouloir passer. Moi vouloir tuer li pour sortir d'embarras. Mais avoir bien reconnu li, un vrai diable. Vous, messie officier, voir ce papier et dire à pauve nègue si papier dire il passer.

Il tendit la carte vers Tofficier, tout en tenant la pointe de la baïonnette dans la direction de La Bussière et en disant :

— Vous tenir bien papier, car li sorcier et changer papier aussi aisément que moi changer de culottes.

— C'est affaire à Tofficier commandant le poste, dit, avec sa froideur un peu hautaine, le militaire, mais je veux bien vous donner mon avis, grenadier. D'autant plus, continua-t-il d'une voix qui s'adoucit et se voila de tristesse, que ce n'est pas ta faute, mais celle de toutes les tyrannies qui ont persécuté ta pauvre race, si ton intelligence...

Un sentiment de délicatesse, sans doute, l'empêcha d'achever sa phrase à haute voix. Il fit, pour arriver près de l'un des réverbères et lire plus aisément ce qui était écrit sur la carte, quelques pas vers l'intérieur du Vestibule.

Après avoir hésité un instant et jeté un nouveau regard sur la sentinelle, en fronçant le sourcil d'un air désespéré, La Bussière fit un geste d'insouciance, lança un éclat de rire qui fit frissonner Domingo et s'approcha de l'étranger.

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