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tionnels, se rallieraient par leurs intérêts communs, et qu'ils se garderaient bien de s’affaiblir mutuellement par leurs animosités insensées, qui feraient triompher, de l'un et de l'autre, un troisième parti, disposé à les écraser tous deux. La scène dont je venais d’être témoin dissipa mes espérances. Je reconnus tardivement que les hommes se laissent plutôt gouverner par leurs passions violentes que par leurs intérêts les plus chers; et Nancy, le Champ de Mars, le 40 août, les cachots d'Olmütz ne tardèrent pas beaucoup à justifier mes sinistres présages, et même à les dépasser.
Une messe avait valu un royaume à Henri IV; celle où je venais d'assister me révéla que bientôt son successeur
allait perdre le sien.
Le es 25
Juillet 1791.
Dans l'après-midi du dimanche, 47 juillet, au moment où l'on s’y attendait le moins, on entendit battre la générale dans les rues tranquilles du Marais. Aussitôt la garde nationale courut aux armes; et le bataillon du district des Minimes, dont je faisais partie, se rassembla en toute hâte à la Place royale. Le motif de cette alerte était inconnu de tout le monde; et ce fut un cavalier d'ordonnance de l’Hôtel de Ville qui vint nous informer qu'un attroupement de brigands s'étaient emparés du Champ de Mars et de l'École Militaire, où ils s'étaient retranchés. Notre impatience ne nous permit-aucune attente ; nous nous mîmes en marche à l'instant.
Quand nous entrâmes dans la grande rue Saint-Antoine, nous la trouvâmes encombrée de troupes arrivant de toutes parts. Nous primes rang après les bataillons des Quinze- Vingts et de Popincourt: celui de Saint-Pol et d’autres en-
core entrèrent successivement dans notre colonne, qui pouvait être de quatre à cinq mille hommes.
Arrivés à la Grève, nous y fûmes retenus fort longtemps pour attendre des instructions. Plusieurs ordres furent donnés pour nous diviser en différents détachements ; mais nos chefs, qui semblaient nourrir quelque défiance, ne se prêtèrent pas à ces arrangements; ils donnèrent le signal du départ, et nous devançâmes la division qui devait escorter le corps municipal.
Nous"traversâmes la Seine au Pont-Neuf, et nous suivimes les rues du faubourg Saint-Germain jusqu'aux Invalides. Là, les armes furent chargées, et nous nous formâmes en colonne serrée par bataillon. Nous débouchâmes dans Île Champ de Mars par la grille de l’École Militaire. Les Quinze- Vingts, qui tenaient la tête, firent par pelotons à droite en bataille; nous passâmes derrière eux et imitâmes leur manœuvre. Les autres bataillons se rangèrent à notre gauche: et, en un moment, il y eut une ligne de troupes s'étendant parallèlement à l’École Militaire, en avant de cet édifice, et fermant complétement le Champ de Mars, dans cette partie de sa vaste enceinte,
L'aspect que présentait alors cette place immense, nous frappa d’étonnement. Nous nous aitendions à la voir oceupée par une populace en furie; nous n’y trouvämes que la population pacifique des promeneurs du dimanche, rassemblée par groupes, en familles, et composée en grande majorité de femmes et d’enfants au milieu desquels circulaient des marchands de coco, de pain d'épice et de gâteaux de Nanterre, qui avaient alors la vogue de la nouveauté. Il n’y avait dans cette foule personne qui fût armé, excepté quelques gardes nationaux parés de leur uniforme et de leur
sabre, comme on en avait l’usage dans ces temps éloignés ; Lt,
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