‹ Aventures de guerreChapitre 8 sur 62 · PAL] AG · texte numérisé non relu

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letées ; elle s’ouvrait par devant et montrait une jupe rose couverte de dentelle, étendue sur un panier de trois mètres de circonférence. Elle se terminait en arrière par une longue queue iraînante ; et un manteau royal bleu, avec des fleurs de lis d’or, était appendu entre les épaules: il dérobait à la vue sa taille, qui n'était pas aussi déliée que celle qu'on parvient à se faire de nos jours. Ce manteau me parut une fort laide invention de l’étiquette. Un autre jour, je vis la reine en toilette de ville, sans ce royal et maugréeux ornement, vêtue d’une robe blanche et coiffée d’une baigneuse de gaze à rubans roses, absolument comme une simple bourgeoise: elle était charmante : elle l'était d'autant plus qu’elle souriait. Bien heureuse elle eût été de pouvoir toujours oublier ainsi qu’elle était reine !

Son caractère irritable la faisait se rappeler irop souvent de sa haute et triste position. J'en eus un exemple avant la fin de l'office. Des acclamations bruyantes s'étant fait entendre au loin, elle ne se trompa point sur leur objet, et sa figure se rembrunit tout à coup. C'était l’ac-

- Cueil que le général La Fayette recevait sur son passage en traversant le Carrousel. La reine sembla prendre ces marques d'affection de la foule pour une insulte : elle fronça les sourcils et lança au roi un regard d'intelligence où se peignaient sa colère, sa haine, son mépris pour l’usurpateur de ces témoignages de respect, qui lui paraissaient

l’un des droits de sa couronne.

Je sortis de la chapelle le cœur contristé. Ce n’est pas que j'eusse une confiance aveugle dans l'avenir, depuis qu'en montant la garde aux Tuileries j'y avais rencontré les trois ou quatre cents aventuriers qu’on a nommés les chevaliers du poignard. Mais, dans mon inexpérience, je croyais que les deux partis, les royalistes et les constitu-

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